17/03/2020 15:31
Alors que le scepticisme grandit au Japon sur le maintien des Jeux olympiques de Tokyo, le Comité international olympique (CIO) ne dévie pas de sa route et réunit mardi 17 mars sa Commission exécutive pour, officiellement, "préparer un échange d'information" avec les fédérations internationales et les sportifs de plus en plus inquiets.
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Des piétons portant un masque devant un panneau comptant les jours avant les Jeux olympiques de Tokyo, à Yokohama le 16 mars. Photo : AFP/VNA/CVN

Tandis que la crise du coronavirus s'accentue en Europe, avec des mesures de confinement qui se multiplient et des frontières qui se ferment, il n'est toujours pas question officiellement d'évoquer mardi 17 mars un éventuel report, voire une annulation des JO de Tokyo. Mais de "préparer un échange d'informations" avec les fédérations internationales, les Comités nationaux olympiques (CNO) et les sportifs.

Ces discussions, qui suivront la réunion de l'exécutif olympique, doivent notamment porter sur la question épineuse des qualifications pour Tokyo et se dérouleront les 17 et 18 mars par conférences téléphoniques.

En attendant, dans une réaction transmise l'AFP, le Comité international olympique (CIO) a indiqué lundi 16 mars que sa position "n'a pas changé".

"À 19 semaines" de la cérémonie d'ouverture le 24 juillet, "les nombreuses mesures prises par les autorités dans le monde nous donnent confiance et nous permettent de demeurer déterminés à organiser des JO à même de réunir le monde entier dans la paix", a assuré le CIO.

Le CIO se déclare également "fier de la solidarité et de la flexibilité" dont font preuve les athlètes, les fédérations internationales et les CNO face à "des défis concernant les qualifications dans de nombreux sports".

Plus de 69% des Japonais n'y croient plus

L'instance rappelle encore qu'elle "coopère étroitement" avec l'ensemble des acteurs concernés et "démontre toute la flexibilité nécessaire pour adapter les systèmes de qualification".

Au Japon, cependant, l'inquiétude grandit. Dans un sondage auprès de 1.000 personnes publié lundi 16 mars par l'agence de presse japonaise Kyodo, 69,9% des personnes interrogées ont dit ne pas croire que Tokyo pourra accueillir comme prévu les Jeux, qui doivent débuter le 24 juillet.

Et un autre sondage de la chaîne de télévision publique NHK réalisé du 6 au 9 mars a suggéré que 45% des Japonais sont désormais opposés au maintien des JO comme prévu, et 40% pour.

Samedi 14 mars, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a de nouveau assuré que Tokyo accueillerait les JO comme prévu, en dépit des doutes grandissants suscités par la propagation du COVID-19, qui a déjà causé l'annulation d'innombrables événements sportifs dans le monde.

La gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a déclaré la semaine dernière qu'il était "impensable" d'annuler les Jeux de Tokyo.

La décision finale, qui ne se prendrait pas sans un accord du gouvernement japonais, devrait cependant revenir au CIO qui compte suivre les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé.

L'afflux de visiteurs étrangers inquiète

Logo des Jeux olympiques de Tokyo. Photo : AFP/VNA/CVN

À moins de cinq mois de la cérémonie d'ouverture, le Japon compte certes relativement peu de cas d'infections au coronavirus, avec 814 cas de contamination pour 24 décès recensés en fin de semaine dernière. Mais les habitants de Tokyo commencent à redouter l'arrivée de visiteurs étrangers.

"Même si le Japon parvient à surmonter cette crise, nous ne devrions pas recevoir de visiteurs du monde entier", estime ainsi Koki Miura, 27 ans, employé dans une société de services sur Internet, croisé lundi 16 mars par l'AFP dans les rues de Tokyo.

"Je pense qu'il serait préférable de laisser tomber", ajoute-t-il, suggérant un report voire une annulation totale. "On ne peut pas sacrifier la vie de gens pour ça".

"Personnellement, je pense qu'il serait préférable de reporter les Jeux d'un an, comme l'a suggéré le président (des États-Unis) Trump. Regardez la panique actuelle" lance aussi Masao Sugawara, un retraité interrogé par l'AFP.

"À part durant la guerre, je ne me suis jamais senti aussi inquiet", ajoute cet homme de 90 ans, tout en ajoutant qu'un report serait "décevant".

AFP/VNA/CVN

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