08/07/2018 18:28
Masanori Hiramoto n'a pas pris la peine d'ôter ses chaussures comme le veut la coutume japonaise pour rentrer dans sa maison, dévastée par les précipitations torrentielles qui ont fait des dizaines de morts dans l'archipel nippon.
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Une femme passe près de rizières inondées dans le village de Mihara, dans l'ouest du Japon, le 8 juillet. Photo: AFP/VNA/CVN

De retour dans son habitation traditionnelle du village bucolique de Mihara, dans la préfecture d'Hiroshima (ouest), ce cultivateur de riz de 68 ans est sous le choc des dégâts engendrés par la violence des eaux en son absence. Au rez-de-chaussée de son domicile, les débris et la boue forment une pâte informe. Des pans de murs ont été arrachés. "J'ai vécu ici toute ma vie. J'ai n'ai jamais vu ça avant", confie-t-il abattu, à propos de ce logis où sa femme et lui ont élevé leurs trois filles, désormais adultes.

Masanori Hiramoto fait partie de la soixantaine de résidents évacués de Mihara qui ont pu y revenir dimanche, deux jours après en être partis à la demande des autorités. Les précipitations exceptionnelles de ces derniers jours au Japon ont fait au moins 57 morts, selon le dernier bilan encore provisoire du gouvernement. La chaîne publique NHK faisait état d'un bilan encore plus lourd de 68 morts et 56 disparus. Comme pour l'agriculteur, les officiels ont demandé à plus de deux millions de personnes de régions occidentales et méridionales de l'archipel d'évacuer leur logement. Ces instructions ne sont toutefois pas obligatoires et des habitants restés sur place ont été pris dans des inondations éclair ou des glissements de terrain.

Vue aérienne de la ville de Kurashiki, dans l'Ouest du Japon, le 8 juillet.
Photo: AFP/VNA/CVN
À Mihara, bourg au milieu des montagnes, les constructions sont surélevées au-dessus du sol. Mais la montée des eaux a tout englouti, maisons aussi bien que champs de riz. À l'intérieur du logis du fermier, l'inondation a renversé le frigo. Les possessions du couple, qui avait décoré son foyer avec soin, sont éparpillées. L'eau s'est élevée bien au-dessus du niveau de la tête, comme en attestent les marques. "Je ne sais pas par où commencer le nettoyage. Je ne sais pas où est quoi", lâche-t-il, toujours vêtu du bermuda taché de boue qu'il portait lorsqu'il a fui précipitamment.

Relais d'autoroute

Masanori Hiramoto n'avait jamais eu à évacuer auparavant. Mais lorsqu'une alerte passe à la télévision vendredi soir 6 juillet alors qu'il regarde le baseball, sa femme et lui prennent la décision de partir. Ils roulent jusqu'à un refuge, modeste bâtiment avec deux chambres, une cuisine et des toilettes. Or sur place, ils découvrent qu'une soixantaine de déplacés s'y entasse déjà. Le couple va alors s'abriter dans un tunnel non loin. Option qu'il doit vite abandonner lorsque la boue commence à envahir l'endroit.

Ils passent la nuit à un relais d'autoroute, à dormir dans deux voitures. Sans électricité ni eau courante à leur domicile, ils comptent retourner dimanche soir au refuge, où ils ont également passé la nuit du samedi 7 juillet. L'équipement agricole de Masanori Hiramoto, dont un tracteur, une moissonneuse et un séchoir de riz industriel, a subi d'importants dommages. L'homme n'a même pas le cœur à vérifier s'ils marchent, estimant à vue d'œil ses pertes à près de 10 millions de yens (77.000 euros).

Inspectant la scène du désastre, il semble déboussolé, ne sachant par quel angle s'attaquer à sa montagne de problèmes. "Je vais peut-être nettoyer quand le temps s'améliorera. Mais j'ai besoin d'eau", dit-il. "Il n'y a pas d'eau courante. Sans eau, je ne peux pas enlever la boue de ma maison."

AFP/VNA/CVN


 

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