18/06/2020 15:42
Une finale à huis clos, dans le silence du Stade Olympique vidé par les obligations sanitaires de l'après-coronavirus : Naples a remporté mercredi 17 juin la plus étrange des Coupes d'Italie mais les cris de joie des joueurs de Gennaro Gattuso ont fini par redonner vie à l'enceinte romaine.
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L'attaquant de Naples, Lorenzo Insigne (qui brandit le trophée), l'entraîneur Gennaro Gattuso (gauche) et les joueurs fêtent leur victoire en finale de la Coupe d'Italie face à la Juventus, à Romes, le 17 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Normalement, c'est Italie - Suisse, 2e journée de la poule A de l'Euro-2020, qui était au programme ce 17 juin à Rome.

Le Stade Olympique aurait dû être rempli par plus de 60.000 spectateurs en fête et Cristiano Ronaldo aurait dû être à Budapest avec la Seleçao, à préparer lui aussi un match du championnat d'Europe.

Mais le coronavirus a balayé la normalité et on était loin mercredi 17 juin d'une ambiance d'Euro ou même d'une atmosphère habituelle de finale de Coupe, quand les tifosi des deux équipes viennent profiter d'une belle journée de printemps à Rome avant de se partager les tribunes de l'Olimpico.

Le football européen a encore des dizaines de matches à jouer dans ces conditions de huis clos et on comprend que beaucoup demandent déjà le retour de quelques milliers de supporters dans les enceintes.

Mercredi 17 juin, il n'y avait personne, nulle part. Au passage des bus à l'entrée du stade, seuls une trentaine de curieux étaient réunis.

Et à l'intérieur de l'immense enceinte romaine, souvent déjà démesurée pour les affiches de Serie A de la Roma ou de la Lazio, le vide laissé par les tifosi absents a été impossible à combler avec un maximum de 300 personnes autorisées.

Sans tifo 

La finale de la Coupe d'Italie entre la Juventus et Naples a été jouée à huis clos, à Rome, le 17 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Sans spectateurs, les tribunes semblaient encore moins raides que d'habitude, la piste d'athlétisme encore plus large et encombrante.

La normalité n'était pas non plus en tribune de presse, où une trentaine de journalistes seulement étaient installés après avoir suivi le parcours habituel, masqués et une fois leur température contrôlée.

L'habillage musical d'avant-match, qui ne s'adressait à personne, a paru plus incongru que jamais et l'opérateur a dû régulièrement baisser le son.

À l'entrée des joueurs de la Juventus, la sono a pourtant lancé Thunderstruck d'AC/DC, comme d'habitude au Juventus Stadium, et Leonardo Bonucci est entré le premier en courant comme un taureau, comme toujours.

Mais ensuite, comme pour rappeler que non, ça n'était pas un match comme les autres, le nom de l'arbitre n'a pas été sifflé et ceux de Mertens ou Ronaldo n'ont pas été acclamés.

L'hymne national n'a pas non plus été repris, sauf par les cinq Italiens parmi les 22 joueurs alignés devant le rond central, et le chanteur a oublié une strophe, laissant un blanc gênant au cœur de Fratelli d'Italia.

Une fois le match débuté, il y a la quête des repères. L'œil cherche l'animation des virages, les banderoles et le tifo. Mais celui-ci n'était qu'à la télévision, reproduit en images de synthèse.

Erreurs du speaker 

On guette aussi les chants, les cris, même les insultes, les bruits habituels. Mais l'oreille en décèle d'autres, masqués en temps normal : le claquement sec du ballon d'Insigne qui frappe le poteau et les cris d'encouragement des deux groupes unis avant les tirs au but.

Auparavant, ce sont les conseils et indications que se donnent les joueurs entre eux qu'on a découverts. "Portala ! Fallo ! Uomo ! Solo ! (Avance, faute, ça vient, seul, ndlr)". Les footballeurs parlent sans cesse.

De sa voix grave, Buffon guide Bonucci et De Ligt et encourage Ronaldo, pas très inspiré et vite agacé : "Dai Cris, bravo, bravo ! (Allez Cris, bien joué, bien joué)".

En dehors de ces encouragements internes, les joueurs ont forcément peu d'applaudissements, mais ils sont de qualité, venus de Pavel Nedved, Ballon d'Or 2003 et vice-président de la Juventus, ou de Roberto Mancini, sélectionneur de l'Italie, invités de marque d'une tribune d'honneur elle aussi dégarnie.

Comme rien décidément n'a parfaitement fonctionné, le speaker s'est trompé d'identité sur deux des trois premiers remplaçants entrés.

Ce 17 juin, l'Italie fêtait le 50e anniversaire de sa victoire 4-3 contre l'Allemagne en demi-finale du Mondial-70. Les Italiens en parlent comme du "match du siècle", titre non-menacé par la rencontre de mercredi 17 juin.

Est-ce ainsi qu'on joue les finales ? Naples aen tous cas remporté celle-ci et l'a mérité. De cette soirée, on retiendra surtout la joie sincère de Gattuso, marqué par le récent décès de sa soeur et porté en triomphe par ses joueurs.


AFP/VNA/CVN

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