18/05/2018 17:35
Les populistes italiens ont assuré jeudi soir 17 mai qu'ils soumettraient lundi 21 mai au président de la République Sergio Mattarella le programme du premier gouvernement antisystème en Italie, un "contrat" auquel ils mettaient la dernière main.
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Le leader de la Ligue, Matteo Salvini, le 14 mai à Rome.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Je suis fier du temps, des jours et des nuits passées, non pas à parler de ministres mais de l'avenir de l'Italie. Lundi 21 mai, nous irons chez M. Mattarella et nous lui soumettrons notre travail", a déclaré le chef de file de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, en déplacement dans le Val d'Aoste (Nord) où se dérouleront dimanche 20 mai des élections régionales.

"Je suis très confiant, nous avons créé la base du gouvernement et le nom du Premier ministre ne sera pas un problème", a assuré Luigi Di Maio, son homologue du Mouvements 5 Étoiles (M5S, antisystème), depuis Monza (Nord) où il rencontrait des entrepreneurs. Il était attendu lui aussi vendredi 18 mai dans le Val d'Aoste, région autonome à statut spécial.

Les deux hommes se sont une nouvelle fois réunis jeudi 17 mai à Rome pour tenter de s'accorder sur les ultimes arbitrages de leur programme commun et sur le profil et le nom du futur chef du gouvernement, ce dernier point étant encore en suspens.

"Ce ne sera ni moi, ni M. Di Maio. J'aurais été heureux et cela aurait été un honneur mais nous sommes en train de chercher une synthèse", a tranché Matteo Salvini.

Et si les "5 Toiles" n'avaient pas jeudi 17 mai totalement abandonner l'idée de voir leur leader prendre les rênes du futur exécutif, l'hypothèse d'une tierce personne semblait tenir la corde.

Deux mois et demi après les législatives du 4 mars, qui n'ont pas débouché sur une majorité claire, les deux partis mettaient la dernière main à un "contrat pour le gouvernement du changement" qui comporte 22 points.

Le Parlement italien.
Photo: AFP/VNA/CVN
Plusieurs ébauches de ce document ont fuité ces derniers jours dans la presse mais les responsables des deux formations ont systématiquement assuré que celles publiées étaient "dépassées".

La version la plus ancienne, qui datait de lundi matin 14 mai et évoquait une sortie de l'euro, a déclenché une vague d'inquiétude qui n'est pas retombée: après avoir plongé de 2,3% mercredi 16 mai, la Bourse de Milan a clôturé en baisse de 0,29% jeudi 17 mai, tirée vers le bas par les banques dont la BMPS (-10%), désormais détenue par l’État et dont les deux partis envisagent de "redéfinir la mission", sans plus de précision.

Quant au spread - l'écart très regardé en Italie entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans - il pointait à 152 points, contre 151 mercredi 16 mai et 131 mardi 15 mai.

"Espérons qu'il n'y ait pas d'intervention négative de l'étranger pour arrêter notre travail. Les petits trucs sur le spread, on les connaît et ils ne nous font pas peur", a prévenu Matteo Salvini.

Vote des militants

L'éventualité d'un "Italexit" n'apparaît plus noir sur blanc dans les dernières versions du programme de gouvernement publiées jeudi par les médias italiens. Exit aussi la demande d'effacer quelque 250 milliards d'euros de dette publique italienne détenus par la Banque centrale européenne.

Luigi Di Maio, chef du Mouvement 5 Étoiles, en conférence de presse à Rome, le 14 mai.
Photo: AFP/VNA/CVN

En revanche, une "flat tax", un impôt sur le revenu ramené à 15 et 20%, un revenu de citoyenneté, promesse du M5S qui a contribué à son succès dans le Sud du pays, et une réforme des retraites assouplissant les conditions actuelles, sont à toujours à l'ordre du jour.

Alors que l'âge du départ à la retraite doit passer à 67 ans en 2019, le programme commun devrait introduire un "barème 100", à savoir la possibilité de prendre sa retraite lorsque la somme de l'âge et des années de cotisation atteint 100.

L'ensemble de ces mesures pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d'euros, sans que l'on sache encore avec précision comment leur financement pourra être assuré.

MM. Di Maio et Salvini ont promis que le programme commun serait soumis au vote des militants des deux formations, sur internet pour le M5S -- dès vendredi  18 mai selon certains médias -- et sur des stands à travers le pays pendant le week-end pour la Ligue.

AFP/VNA/CVN
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