03/06/2018 15:20
"Le gouvernement, c'est vous qui l'avez, pas nous !", a lancé l'un des orateurs aux milliers de partisans du Mouvement Cinq Étoiles (M5S) qui ont fêté samedi soir à Rome, encore incrédules mais avec beaucoup d'espoir, leur arrivée au pouvoir, moins de dix ans après les premières indignations de son fondateur Beppe Grillo.
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Le fondateur du M5S, Beppe Grillo, lors d'un rassemblement pour fêter le nouveau gouvernement italien, le 2 juin 2018 à Rome. Photo: AFP/VNA/CVN

"Personne ne s'attendait à une chose comme ça, venant de moi", a déclaré devant une foule compacte Beppe Grillo, celui par qui tout est arrivé. Né en 2009 de ses vociférations contre la "caste" politique italienne, le M5S gouverne aujourd'hui l'Italie avec la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini.

Paola Taverna, vice-présidente du Sénat, n'en revient pas encore d'être sur scène, en plein centre de Rome, aux côtés de ses compagnons de route devenus ministres. "Il y a dix ans, j'étais une femme du peuple, et j'en suis fière, qui écoutait Beppe, et il racontait déjà tout ce que nous sommes en train de vivre", a-t-elle rappelé, très émue, devant des milliers de "grillini", comme on surnomme parfois les partisans du M5S.

Dignité, espérance, vérité, ces mots sont revenus comme un leitmotiv dans les discours des dirigeants mais aussi des militants de ce mouvement atypique, né de l'exaspération des Italiens contre la classe politique et de leur sentiment d'abandon de la part de ceux qui occupent les "palazzi", les palais du pouvoir. "Finalement, les citoyens commandent, la politique s'était retranchée dans les palais du pouvoir, mais ils ont ouvert les portes", assure l'un de ces militants, Cosimo, un ingénieur de 55 ans, venu du sud de l'Italie, comme beaucoup d'autres de ces sympathisants.

Luigi Di Maio, chef de file du M5S, nommé vice-Premier ministre et ministre du Développement économique et du Travail dans le nouveau gouvernement italien, lors d'un rassemblement le 2 juin 2018 à Rome. Photo: AFP/VNA/CVN

Le M5S, désormais premier parti d'Italie avec 32% des voix obtenus aux élections législatives du 4 mars, est parvenu à constituer le premier gouvernement populiste dans un pays fondateur de l'Union européenne, aux côtés de la Ligue.

Pas remis en cause

L'accord de gouvernement avec ce mouvement d'extrême droite, anti-immigration, rendu nécessaire faute d'avoir obtenu la majorité absolue, n'est pas remis en cause. "J'étais militant au PCI, le Parti communiste italien, c'est vous dire", explique Giovanni, 62 ans, pour qui néanmoins ce qui compte aujourd'hui, "ce n'est plus la gauche ou la droite, mais ce qui peut être fait dans l'intérêt des citoyens".

Et de ce côté, le M5S a beaucoup promis après avoir raillé tous les gouvernements qui se sont succédé depuis dix ans, accusés d'avoir ruiné le pays ou de l'avoir abandonné aux lobbies, aux banquiers ou aux "diktats" de Bruxelles. "Bonsoir, peuple italien libre et souverain!", a lancé un député européen du M5S, Fabio Massimo Castaldo.

Plus besoin de siffler, "aujourd'hui, l'État c'est nous", a renchéri Luigi Di Maio, le chef de file du mouvement et désormais vice-Premier ministre et ministre du Développement économique et du Travail. Désormais, "il y a un monde qui est en train de s'en aller et un monde nouveau qui démarre et arrive", a rugi de son côté Beppe Grillo, électrisant comme il l'a fait tant de fois la foule de ses partisans.


Les attentes sont à la mesure des espoirs soulevés. Baisse des impôts, revenu de citoyenneté, remboursement des épargnants spoliés, abaissement de l'âge du départ à la retraite: "Ils doivent maintenant tenir toutes les promesses qui ont été faites pendant la campagne", avertit ainsi Ana, fonctionnaire municipale.

"Ce sera à vous de nous dire si nous avons bien travaillé", a promis Luigi Di Maio. Et le peuple des Cinq Étoiles, arrivé à réaliser son rêve, n'a pas l'intention de se faire oublier. "Le nouveau gouvernement doit craindre ces gens venus le soutenir et qu'il représente désormais. Aujourd'hui ils sont acclamés mais demain ils pourraient très bien être sifflés", affirme ainsi Christian, un ouvrier de 32 ans.

AFP/VNA/CVN
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