08/05/2018 11:12
Donald Trump va annoncer mardi 8 mai s'il met à exécution sa menace de quitter l'accord conclu en 2015 pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, au risque d'ouvrir une nouvelle crise avec l'Europe voire de pousser Téhéran à relancer son programme nucléaire.
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Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo serrant la main à son homologue britannique Boris Johnson à Washington le 7 mai. Photo: AFP/VNA/CVN

Après avoir tergiversé depuis son arrivée à la Maison Blanche début 2017, le président américain devrait cette fois, de l'avis de la plupart des observateurs et de plusieurs diplomates, faire un choix qui lui permette de tenir sa promesse électorale: "démanteler" l'accord signé par l'Iran avec les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne).

"J'annoncerai ma décision sur l'accord iranien demain depuis la Maison Blanche à 14h00" (18h00 GMT), a-t-il tweeté lundi 7 mai.

La décision coupe net l'ultime effort engagé par les Européens pour tenter de préserver le compromis en vigueur: Donald Trump leur avait donné jusqu'à samedi 5 mai pour proposer des solutions afin de le "durcir".

L'accord sur le nucléaire iranien. Photo: AFP/VNA/CVN

À la Maison Blanche il y a deux semaines, le président français avait tenté de persuader son homologue américain de ne pas dénoncer le texte, tout en proposant de négocier avec l'Iran un "nouvel accord" qui prenne en compte ses inquiétudes et aille au-delà de l'actuel. La chancelière allemande Angela Merkel a appuyé ce plaidoyer quelques jours plus tard.

Que va faire Téhéran?

Donald Trump dénonce plusieurs "lacunes" dans un texte qu'il juge "désastreux": la levée progressive à partir de 2025 de certaines restrictions au programme nucléaire iranien, mais aussi le fait qu'il ne s'attaque pas directement aux essais balistiques de Téhéran et à ses activités jugées "déstabilisatrices" au Moyen-Orient.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas (gauche) et son homologue français Jean-Yves Le Drian, le 7 mai à Berlin.
Photo: AFP/VNA/CVN

En parallèle à Berlin, ses homologues français et allemand, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas, ont aussi plaidé en faveur de l'accord, meilleur moyen à leurs yeux pour "éviter que l'Iran n'accède à l'arme nucléaire".

"Nous sommes tout à fait déterminés à sauver cet accord parce que cet accord nous préserve de la prolifération nucléaire", a déclaré le chef de la diplomatie française. Le ministre allemand a lui estimé que "le monde sera moins sûr" sans l'accord, redoutant "qu'un échec ne conduise à une escalade" au Moyen-Orient.

Selon Robert Einhorn, du think tank Brookings Institution, les Européens s'attendent à un retrait américain alors même qu'ils ont "fait de nombreux progrès dans la négociation d'un accord" avec Washington pour aller à la rencontre des demandes de Donald Trump.

Robert Malley, un des négociateurs avec l'Iran sous la présidence de Barack Obama, s'attend aussi à ce que le président américain décide de "tuer" le texte de 2015. "Les Européens doivent maintenant faire en sorte que l'Iran reste dans l'accord" même si "ce sera très dur", a dit à l'AFP celui qui préside aujourd'hui l'International Crisis Group.

Le président iranien Hassan Rohani prononce un discours le 6 mai à Sabzevar, dans le nord-est du pays. Photo: AFP/VNA/CVN

Jean-Yves Le Drian a assuré que les Européens avaient bien "l'intention" de rester dans l'accord "quelle que soit la décision américaine".

Reste à savoir ce que ferait l'Iran en pareil cas.

Les ultraconservateurs du pays maintiennent une ligne très dure. Jeudi 3 mai, un conseiller de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a affirmé que l'Iran quitterait l'accord si Washington mettait sa menace à exécution. Mais le président Hassan Rohani souffle le chaud et le froid, assurant lundi que Téhéran pourrait y rester à condition que les Européens garantissent les attentes iraniennes, après avoir prévenu la veille que les États-Unis regretteraient "comme jamais" un éventuel retrait.

AFP/VNA/CVN
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