28/11/2020 15:38
Quatre personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi 27 novembre dans des affrontements entre manifestants rivaux dans le Sud de l'Irak, où le leader chiite Moqtada Sadr avait appelé ses partisans à une démonstration de force, à sept mois des législatives.
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Des partisans de Moqtada Sadr rassemblés pour la grande prière sur la place Tahrir, le 27 novembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Il y a un an, en octobre 2019, manifestants anti-pouvoir et sadristes descendaient ensemble dans les rues de Bagdad et de toutes les villes du Sud pour la première révolte spontanée du pays, à l'ampleur inégalée.

Depuis, les deux camps se sont divisés, un nouveau gouvernement a été nommé et le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a promis des législatives anticipées en juin, attisant les appétits de tous les politiciens dans l'un des pays les plus corrompus au monde.

À l'approche de ce scrutin à l'issue duquel Moqtada Sadr, qui tient déjà le premier bloc au Parlement, a prévenu que sa formation entendait prendre les rênes du gouvernement, les tensions montent de nouveau.

Quatre morts, neuf blessés par balles 

Pour bien montrer que les temps ont changé, des dizaines de milliers de sadristes ont prié - côte-à-côte malgré la pandémie de COVID-19 - place Tahrir à Bagdad, là même où il y a quelques semaines encore, les tentes des anti-pouvoir se dressaient.

Elles ont depuis été démantelées, et l'unique campement du mouvement de contestation est désormais celui installé sur la place Habboubi, au coeur de Nassiriya (Sud), bastion historique des révoltes en Irak depuis l'époque du mandat britannique il y a un siècle.

Vendredi 27 novembre, "des sadristes armés de fusils et de pistolets sont venus pour essayer de vider le campement, nous redoutons plus de violences", a affirmé Mohammed al-Khayyat, l'une des figures de la révolte à Nassiriya.

En soirée, alors que les heurts se poursuivaient et de nombreuses tentes de manifestants avaient été incendiées sur Habboubi, les autorités ont annoncé imposer un couvre-feu et limoger le chef de la police.

"Les forces de l'ordre n'ont clairement pas fait leur travail, en laissant faire des gangs armés qui voulaient attaquer Habboubi", a dénoncé plus tôt sur Twitter Assaad al-Nasseri, ancien leader sadriste qui a fait défection.

Ces violences ont fait, selon des sources médicales, quatre morts et 51 blessés, dont neuf par balles. Des policiers figuraient parmi les blessés.

Nassiriya s'était particulièrement illustrée lors de la révolte lancée en octobre 2019, qui réclamait un renouvellement total de la classe politique, et a maintenu des dizaines de milliers de manifestants dans les rues pendant des mois.

AFP/VNA/CVN

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