28/01/2020 16:04
Les manifestants anti-gouvernementaux ont reconstruit lundi 27 janvier leurs campements incendiés dans plusieurs villes irakiennes, toujours déterminés face à la répression exercée par les forces de sécurité et dénoncée par un groupe de pays étrangers.
>>Irak : des roquettes s'écrasent à proximité de l'ambassade américaine

Un manifestant irakien fait le V de la victoire à Bagdad, le 27 janvier 2020.
Photo : AFP/VNA/CVN

Cette pression accrue sur le gouvernement irakien intervient au lendemain d'un tir de roquettes qui a touché pour la première fois directement l'ambassade américaine à Bagdad, faisant un blessé.

Cette attaque fait craindre une nouvelle montée des tensions, sur le sol irakien, entre l'Iran et les États-Unis, pays ennemis mais tous deux alliés du régime de Bagdad. De précédentes attaques contre les intérêts américains dans le pays ont été imputées par Washington à des factions pro-Iran.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé lundi 27 janvier le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi à "préserver la souveraineté de l'Irak" face aux "attaques répétées des groupes armés de l'Iran" et à "prendre des mesures immédiates pour protéger les installations diplomatiques" américaines.

Rejetant toute ingérence, iranienne ou américaine, dans le pays, les manifestants, en majorité des jeunes, qui réclament de profondes réformes politiques, continuent à défier les forces de sécurité malgré la répression qui a fait 21 morts et des dizaines de blessés en une semaine.

Lundi 27 janvier, des milliers d'étudiants ont défilé à Bagdad et dans des villes chiites du sud de l'Irak.

Balles réelles 

Des Irakiens assistent aux funérailles d'un manifestant tué en Irak, le 27 janvier 2020 à Nassiriya. Photo : AFP/VNA/CVN

Seize ambassadeurs en Irak ont condamné "l'usage excessif et létal de la force" pour réprimer les manifestations.

"Malgré les assurances données par le gouvernement, les forces de sécurité et des groupes armés continuent à faire usage de balles réelles dans ces villes, faisant de nombreux morts et blessés parmi les civils, tandis que certains manifestants sont victimes d'intimidation et d'enlèvements", écrivent les diplomates dans un texte signé notamment par les États-Unis, le Royaume Uni, la France et l'Allemagne.

Ce mouvement de contestation inédit, né le 1er octobre, demande des élections anticipées et un Premier ministre indépendant pour succéder au démissionnaire Adel Abdel Mahdi. Il dénonce la corruption endémique et le manque de services publics, et réclame que ceux impliqués dans la répression meurtrière des manifestations rendent des comptes.

Depuis le début du mouvement, près de 480 personnes, en grande majorité des manifestants, ont été tuées, selon un décompte de l'AFP.

Les manifestants revendiquent leur indépendance vis-à-vis des partis politiques, même si le puissant leader chiite Moqtada Sadr les a soutenus avant de faire volte-face vendredi.

"La première fois que nous sommes venus protester, ce n'était pas en adhésion aux discours du mouvement sadriste ou d'aucun autre parti politique", affirme Zaineb Mohammad, étudiante à Kerbala, dans le sud de l'Irak. "Nous sommes venus indépendamment et nous continuerons jusqu'à ce que nos revendications soient satisfaites".
AFP/VNA/CVN
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