22/02/2017 18:37
Les forces irakiennes ont consolidé leurs positions après une percée vers la périphérie sud-ouest de Mossoul, des commandants se disant confiants dans une progression rapide pour la reprise aux jihadistes de la partie occidentale de cette deuxième ville d'Irak.
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Les forces irakiennes à leur arrivée le 21 février à al-Buseif, au sud de Mossoul.
Photo : AFP/VNA/CVN

La partie orientale, séparée de la partie occidentale par le fleuve Tigre, a été "libérée" du groupe État islamique (EI) fin janvier, trois mois après le début d'une vaste offensive pour reconquérir la cité septentrionale aux mains de l'EI depuis juin 2014.

Les milliers de soldats, policiers et miliciens engagés dans l'opération lancée dimanche 19 février pour reprendre la partie ouest de Mossoul cherchent dans un premier temps à conquérir l'aéroport désaffecté et une ancienne base adjacente.

Avec le soutien de l'aviation, ils ont repris lundi 20 février le village d'Al-Bousseif que l'EI utilisait comme base principale au sud de Mossoul, a expliqué mardi le général Abbas al-Joubouri, commandant de la Force d'intervention rapide (FIR), devenue incontournable dans la lutte anti-EI.

"Il a été sécurisé dans un temps record", a-t-il dit. "Nous avons combattu maison par maison. Seuls quelques (combattants de l'EI) portaient des ceintures explosives".

Des familles ayant fui les combats, rassemblés le 21 février près du village d'Al-Bousseif, au sud de Mossoul.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les impacts des tirs étaient visibles sur les murs de plusieurs maisons d'Al-Bousseif situé à 5 km à vol d'oiseau de l'aéroport.

Une dizaine de civils, fuyant un village voisin, Khraybeh, sont arrivés mardi 21 février aux abords d'Al-Bousseif, arborant des drapeaux blancs. Les forces de sécurité les ont contrôlés un à un pour s'assurer qu'ils ne portaient pas de ceintures explosives avant de les laisser entrer dans le village.

Pause

L'un d'eux a eu droit à un téléphone portable pour pouvoir informer ceux qui étaient restés chez eux qu'ils pouvaient les rejoindre à Al-Bousseif alors qu'un autre donnait des indications à la police sur les positions jihadistes.

"On est resté coincé à la maison pendant deux jours, on ne pouvait pas sortir à cause des bombardements", a expliqué l'un des civils, Ahmed, 45 ans.

Selon lui, des membres irakiens de l'EI ont fui dimanche 19 février son village de Khraybeh dès le début de l'offensive. Mais les membres étrangers de l'organisation extrémiste y étaient encore lundi soir 20 février.


Le général Joubouri a fait état d'un grand nombre de combattants de l'EI tués lundi 20 février dans les combats alors que des tunnels ont été découverts et des équipements récupérés. Il n'y a pas eu de bilan pour les pertes irakiennes.

Il a ajouté que ses forces prenaient une pause mardi 21 février.

"Aujourd'hui, nous n'avons pas d'opérations. Dans les prochains jours nous avancerons par le Nord", a-t-il dit. Les forces du Service du contre-terrorisme (CTS), formées à la guerre urbaine, avaient avancé lundi vers la périphérie sud-ouest de Mossoul.

"Je ne pense pas que reprendre la partie occidentale va nous prendre longtemps", a affirmé, sur un ton confiant, le général Joubouri, même si experts et commandants avaient prévenu que cette bataille serait l'une des plus dures contre l'EI.

Il reste "quelque 2.000" jihadistes à Mossoul-Ouest, selon un responsable américain du renseignement. Leur nombre était estimé à entre 5.000 et 7.000 avant le début de la vaste offensive, le 17 octobre, pour reprendre à l'EI son dernier grand bastion en Irak.

Kamikaze britannique

Les forces irakiennes peuvent compter sur les frappes de la coalition internationale. Selon le général américain Chuck Corcoran, des dizaines d'avions survolent la ville à toute heure : les drones volent au niveau le plus bas, les bombardiers au milieu et les avions espions U-2 et autres appareils de surveillance au-dessus.

Dates clés et données sur la bataille de Mossoul, où les forces irakiennes ont lancé le 19 février l'offensive pour prendre la partie ouest de la ville, aux mains du groupe État islamique.
Photo : AFP/VNA/CVN

Par ailleurs, selon la presse anglaise de mercredi 22 février, un jihadiste de l'EI qui aurait récemment commis un attentat suicide près de Mossoul était un Britannique qui avait été détenu au centre de détention américain de Guantanamo. Jamal al-Harith, détenu entre 2002 et 2004 à Guantanamo, avait été brièvement interrogé par la police à son retour en Grande-Bretagne puis remis en liberté sans charges.

Sur le plan humanitaire, la situation se dégrade à Mossoul-Ouest où les quelque 750.000 habitants assiégés manquent de tout alors que les jihadistes ont fermé les hôpitaux.

Environ 350.000 enfants y "sont pris au piège", s'est alarmé Save the Children prévenant que "les conséquences des bombardements dans les rues étroites et densément peuplées risquent d'être plus meurtrières que tout ce que nous avons connu jusque-là dans ce conflit".

L'ONU veut de son côté établir rapidement de nouveaux camps dans l'éventualité d'un exode.

Une perte totale de Mossoul serait un échec cinglant pour l'EI qui a perdu beaucoup de terrain ces derniers mois en Irak et en Syrie voisine. Le groupe jihadiste ne contrôlerait alors plus qu'une région autour de la ville irakienne de Hawija, à 180 km au sud-est de Mossoul, la cité de Tal Afar, à l'ouest de Mossoul, et de petites localités dans l'ouest irakien.

AFP/VNA/CVN


 

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