27/07/2020 07:47
Nguyên Duc Thuong et Pham Thanh Xuân sont deux invalides de guerre ayant surmonté leurs handicaps. En temps de paix, ils font désormais fortune et font preuve d'exemple dans le développement de l'économie de leurs familles. Rencontres.
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Nguyên Duc Thuong dans son atelier de confection de cabas.
Photo : BTB/CVN

Après la guerre, le Vietnam a recensé bien des vétérans revenus dans leur famille grièvement blessés et devant faire face aux handicaps. Néanmoins, bon nombre d’entre eux, dotés d’une volonté de fer, ont su vaincre leur invalidité pour parvenir à une réinsertion sociale parfaite et même à un développement économique remarquable. Nguyên Duc Thuong, 75 ans, domicilié dans la commune de Tiên Duc de la province de Thai Binh (Nord), en est un bel exemple.

Monter une entreprise

Engageant la conversation dès la sortie de son atelier de confection, il raconte ses années dans l’armée. En 1969, comme beaucoup d’autres jeunes du village, Thuong rejoint les champs de bataille du Sud-Est contre les Américains. "En 1971, j’ai été blessé et en 1977, démobilisé avec un degré d’invalidité de 4 (le pourcentage d’invalidité allant de 21% à 40%, ndlr). Les années de combats m’ont non seulement enlevé une partie du corps et du sang mais m’ont également exposé à l’agent orange/dioxine, ce qui a fortement réduit ma santé et ma capacité de travail".

Cependant, en tant que combattant de l’Oncle Hô, l’invalide de guerre ne se permet pas de reculer devant les difficultés. Une fois de retour chez lui, il est toujours resté aux côtés de sa femme pour développer l’économie familiale. Après de nombreuses années à affronter les difficultés quotidiennes, en 2008, le vétéran ouvre un établissement de confection de cabas pour une entreprise de l’armée.

"Avec un investissement initial d’environ 2 milliards de dôngs, j’ai construit un atelier équipé de machines à coudre et recruté des travailleurs locaux. Après un an, l’établissement a su garantir une production mensuelle de 20.000 sacs". Grâce aux efforts déployés par lui-même et sa famille, M. Thuong réussit à en faire un mini "empire", fort de 20 machines à coudre et de deux ateliers satellites, créant des emplois pour près de 100 travailleurs payés chacun entre 4,5 et 6 millions de dôngs par mois. Le revenu annuel est supérieur à 2 milliards, dont 200 à 300 millions de bénéfices.

"Son usine fonctionne à plein régime avec des commandes stables. Il s’agit d’un environnement de travail très convenable pour nous, les femmes ouvrières", s’enthousiasme Nguyên Thi Nhung, employée.

En 2018, M. Thuong et sa famille investissent plus de 5 milliards de dôngs supplémentaires pour ouvrir une nouvelle usine spécialisée dans la machinerie de haute technologie pour la découpe de métal et la pulvérisation de peinture automatique... À l’heure actuelle, l’atelier reçoit de plus en plus de commandes. "En 2018, je suis moi aussi revenu de l’armée. C’est à travers un ami que je suis venu chez M. Thuong pour demander un emploi et j’ai été recruté comme mécanicien", se souvient l’ouvrier Nguyên Van Trai, venu de la province de Hung Yên (Nord).

Parlant de Nguyên Duc Thuong, Dô Xuân Du, président de l’Association des anciens combattants de la commune de Tiên Duc, ne tarit pas d’éloges : "Étant un vétéran infecté par l’agent orange/dioxine, M. Thuong a toujours fait de son mieux pour surmonter les défis, faire fortune pour sa famille et créer des emplois à de nombreux ouvriers locaux".

Un vétéran reconvertit dans l’apiculture

À l’image de M. Thuong, l’invalide de guerre Pham Thanh Xuân, 74 ans, a affronté à bras le corps les difficultés de la vie. Lors d’un heurt avec l’ennemi à Kon Tum (hauts plateaux du Centre), Xuân est blessé par des éclats d’obus. Il perd la moitié de son bras gauche et souffre depuis de douleurs dues à de petits morceaux d’éclats d’obus incrustés dans son corps.

Pham Thanh Xuân (droite) apprend à son employé à extraire correctement le miel d’abeilles.
Photo : Van Toan/CVN

En 1990, le quadragénaire est démobilisé avec un degré d’invalidité de 2/4 (ceux qui perdent entre 61% et 80% de leur capacité de travail). De retour chez lui, avec sa femme, M. Xuân cherche à développer la production agricole familiale afin de subvenir aux besoins des siens. Choisissant l’économie fermière, il se lance dans la riziculture, la culture de maïs, la pisciculture, l’élevage bovin et caprin et s’oriente désormais vers l’apiculture.

Une route ombragée mène à sa ferme à Bao Hà, une commune de la province de Lào Cai (Nord-Ouest). Petit et agile, le directeur de la Sarl Thanh Xuân amène les visiteurs dans la zone d’extraction du miel et montre les équipements modernes capables d’exploiter plusieurs milliers de litres par an. Avant de devenir un apiculteur milliardaire célèbre à Lào Cai, M. Xuân a dû passer plusieurs années à trouver des essaims d’abeilles capables d’assurer une grande rentabilité. Après avoir échoué avec les espèces locales, il se rend dans le Sud pour acheter 80 essaims importés.

Grâce aux connaissances et techniques acquises lors de formations au Centre de l’apiculture à Hanoï, il réussit à en reproduire 300. En 1995, M. Xuân créé alors sa société d’apiculture. Ses produits,  dont le miel pur, la gelée royale et le pollen, ont été reconnus par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural comme produits agricoles de qualité et s’arrachent même à l’étranger. En outre, son modèle se multiplie dans toute la province, permettant aux apiculteurs locaux de recevoir entre 200 et 250 millions de dôngs de revenu par an.

Grâce à ses contributions au développement de l’économie locale, en 2017, Pham Thanh Xuân s’est vu décerner l’Ordre du Travail de troisième classe ainsi qu’un satisfecit du Premier ministre. Outre l’apiculture, il cherche également à aider les habitants locaux à développer l’économie forestière.

Linh Thao/CVN

 
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