10/06/2014 11:04
L'Ukraine était engagée le 9 juin dans des négociations tous azimuts avec la Russie pour tenter de mettre fin aux sanglants combats dans l'Est et éviter une coupure du gaz russe redoutée des Européens.


 
Rencontre entre le président russe Vladimir Poutine (droite) et son homologue ukrainien Petro Porochenko, le 6 juin à Ouistreham en France.
Photo : AFP/VNA/CVN


Des pourparlers sur l'épineuse question du gaz devaient débuter à 17h00 GMT à Bruxelles. Moscou a prévenu : si Kiev ne règle pas une dette gazière de plusieurs milliards de dollars et ses approvisionnements de juin avant le 10 juin au soir, Gazprom coupera ses livraisons, ce qui perturberait l'approvisionnement de l'Europe.

Les Ukrainiens rejettent de leur côté le prix fixé par la Russie après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement pro-occidental fin février, le plus élevé appliqué à un pays européen.

Trois jours après son bref entretien avec Vladimir Poutine en France qui a créé un espoir de désescalade et deux jours après son investiture, le nouveau président Petro Porochenko semble vouloir rapidement apaiser les relations avec Moscou et s'est donné une semaine pour obtenir un retour au calme dans l'Est.

Ces discussions à huis clos entre l'ambassadeur de Russie, Mikhaïl Zourabov, et l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne, Pavlo Klimkine, en présence d'une représentante de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), doivent se dérouler quotidiennement le temps qu'une solution soit trouvée.

Trois premières séances ont débouché sur "une compréhension commune des étapes clés" à franchir pour "un désescalade de la situation dans les régions de Donetsk et Lougansk", a indiqué le 9 juin le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Heurts entre armée et séparatistes

Le temps presse : l'insurrection dans l'Est industriel et russophone gagne du terrain en dépit de l'offensive déclenchée il y a près de deux mois par les forces ukrainiennes pour y mettre fin. Au total, les combats ont déjà fait plus de 200 morts.

 
Habitations et véhicules incendiés le 8 juin à Slaviansk dans l'Est de l'Ukraine.
Photo : AFP/VNA/CVN


Le nouveau président ukrainien "prend toutes les mesures pratiques permettant d'espérer que de sages décisions seront prises dans un court délai et que les habitants de l'Est de l'Ukraine vivront en paix", a assuré le ministre de l'Intérieur, Mikhaïlo Koval, cité par l'agence de presse Interfax Ukraine.

Mais à Donetsk, le "Premier ministre" de la "République de Donetsk" autoproclamée Alexandre Borodaï s'est dit "prêt au dialogue", à condition toutefois que Kiev "retire toutes ses forces armées".

Réunion décisive à Bruxelles

Ancien ministre de l'Économie et des Affaires étrangères, M. Porochenko doit aussi dès les premiers jours de son mandat éviter une nouvelle "guerre du gaz" avec son voisin russe.

À Bruxelles, les négociations doivent réunir le commissaire européen chargé de l'Énergie, Günther Öttinger, les ministres russe et ukrainien de l'Énergie et les patrons des compagnies russe Gazprom et ukrainienne Naftogaz.

"Il est hautement probable qu'il s'agisse de la rencontre finale", a indiqué une source russe au journal russe Vedomosti. Selon le quotidien, Naftogaz, qui a déjà réglé il y a une semaine 786 millions de dollars, pourrait verser un milliard de dollars dès le 9 juin et s'engager sur un calendrier de règlement du reste dans les jours à venir.

Les analystes s'attendent à voir Gazprom reculer sur le prix et accorder une remise à l'Ukraine.

Le dossier de l'énergie empoisonne les relations entre Moscou et l'UE, qui a obtenu le 8 juin de la Bulgarie qu'elle interrompe les travaux de construction de South Stream, un projet de gazoduc porté par la Russie et des compagnies d'électricité européennes, et censé transporter à partir de fin 2015 le gaz russe vers l'Europe en évitant l'Ukraine.

"Bruxelles est guidé par l'envie de punir, de se venger", a dénoncé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov après un entretien avec son homologue finlandais, Erkki Tuomioja.

"Récemment, nous avons entendu à Bruxelles que les négociations sur South Stream seront gelées tant que la Russie ne reconnaîtra pas les autorités de Kiev. Vous trouvez ça constructif ?", a lancé le chef de la diplomatie russe, qui a aussi qualifié de "contre-productive" l'expansion vers l'Est de l'OTAN.

AFP/VNA/CVN

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