24/03/2018 14:27
Situé dans l’ouest de l’île de Java en Indonésie, le Citarum, surnommé le fleuve le plus pollué au monde, est rempli de polluants de toutes sortes : mercure, plomb, arsenic, déchets ménagers, etc. Le gouvernement indonésien est déterminé à le nettoyer.

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Environ 280 tonnes de déchets industriels sont déversés chaque jour dans le fleuve, selon des données officielles.
Photo : Gag Daily/CVN


Avec sa maladie de la peau et ses faibles récoltes de riz, Yusuf Supriyadi n’oublie jamais qu’il vit à côté du Citarum, connue depuis longtemps comme une poubelle aquatique en Indonésie.

Contraint de pomper cette eau très polluée pour irriguer sa petite plantation, M. Supriyadi voit sa récolte de riz chuter de deux tiers pendant la saison des pluies, et sa santé se dégrader. “J’ai des démangeaisons aux mains et ma récolte est endommagée”, raconte cet homme de 54 ans. La pollution affecte mon riz. Si je continue, je vais perdre de l’argent. Si je ne continue pas, je n’aurai pas d’autre travail, pour nourrir ma famille.

La Banque mondiale avait, par le passé, déclaré le Citarum, dont l’eau est aussi une source d’énergie hydroélectrique pour Java et l’île de Bali, le fleuve le plus pollué au monde.

"C’était si propre"

La pollution s’est aggravée au fil du temps. Dans les années 1980, une nouvelle zone industrielle s’est développée autour de la petite ville de Majalaya, à 170 km à l’est de la capitale Jakarta. Des usines textiles se sont installées sur une superficie de 2.000 ha et des emplois ont été créés. Mais à quel prix ! Environ 280 tonnes de déchets industriels sont déversés chaque jour dans le fleuve selon des données officielles. En plus, de nombreux habitants y jettent leurs détritus.

"Quand il pleut, ma maison est inondée, l’odeur est horrible", explique l’un d’eux, répondant au nom d’Achmad Fachrureza, en naviguant sur le Citarum dans un canot gonflable au milieu de bouteilles en plastiques, d’emballages en polystyrène et déchets de toute sorte. Cet homme de 57 ans travaillait comme agent de sécurité dans une usine textile proche de chez lui. Mais après avoir posé des questions sur le système de gestion de déchets de l’entreprise, il a perdu son emploi.

Des deux côtés du fleuve, des conduites rejettent des déchets industriels directement dans l’eau. "La plupart des usines ici ont un système de gestion des déchets, mais il ne fonctionne pas correctement, c’est juste pour la forme", afin d’être en règle, explique Deni Riswandani, de l’ONG Elingan. La multiplication des déchets toxiques déversés dans l’eau par les usines textiles de la région n’arrange rien.

La pollution de ce fleuve long de 300 km constitue un grave risque pour la santé des quelque cinq millions d’habitants vivant dans la région. Nombre d’entre eux souffrent de maladies de la peau telle la gale, comme M. Supriyadi, ou d’infections respiratoires provoquées par l’inhalation de polluants.

 

Un garçon à bord d’une barque au milieu des déchets de toute sorte sur le Citarum.
Photo : AFP/VNA/CVN


"Un nombre très élevé de personnes fréquentent des établissements de soins", constate M. Riswandani. Frustrés par cette pollution, ce dernier et d’autres défenseurs de l’environnement bloquent souvent des conduites qui rejettent des déchets toxiques avec des pierres et des morceaux de béton, mais les obstacles sont rapidement retirés par le personnel des usines. "J’ai très envie de voir le Citarum comme il était quand j’étais jeune", rêve Achmad. "Je pouvais y nager et boire l’eau. C’était si propre".

"Nous ne plaisantons pas"

Après des décennies d’échec pour le nettoyer, Jakarta a écarté les autorités locales et pris les choses en main. Objectif : rendre l’eau du Citarum potable d’ici à 2025, une mission quasi impossible.

En janvier, le gouvernement indonésien a chargé la police, l’armée et la justice de réprimer les entreprises qui ne respectent pas la loi. Désormais, les usines qui déversent leurs déchets dans le fleuve risquent de se voir retirer leur licence d’exploitation. De plus, des caméras de surveillance vont être installées le long des rives du fleuve pour identifier les contrevenants.

Parallèlement, du matériel de dragage sera utilisé pour nettoyer le fleuve aux odeurs nauséabondes, déclare un porte-parole du ministère des Affaires maritimes. "En l’espace de sept ans, nous allons tout régler", affirme ce porte-parole du ministère des Affaires maritimes. Et "cette fois, nous ne plaisantons pas. Nous abordons cela avec une approche globale et c’est avec optimisme que nous pouvons rendre le Citarum à nouveau propre, comme c’était le cas il y a 50 ou 60 ans", affirme-t-il.

 

AFP/VNA/CVN

 

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