26/03/2019 09:45
Les créanciers de Jet Airways, au bord de la faillite, ont repris en main lundi 25 mars la deuxième compagnie aérienne indienne en montant à son capital et en poussant son fondateur et président hors du conseil d'administration.
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Le président du conseil d'administration de Jet Airways, fondateur de la compagnie, Naresh Goyal à Hong Kong, a été évincé par les créanciers.
Photo: AFP/VNA/CVN

Symbolique pour avoir été la première compagnie aérienne privée créée en Inde, Jet Airways traverse actuellement de violentes turbulences, lestée par une dette de plus d'un milliard de dollars, et menace de s'écraser. La société, qui emploie plus de 20.000 personnes, n'a plus qu'un quart de sa flotte de 119 appareils encore en activité. Ses autres avions sont cloués au sol, leurs échéances de crédit-bail n'ayant pas été réglées.

Elle a annulé des centaines de vols ces derniers jours, laissant des milliers de passagers sur le carreau. Des pilotes menacent aussi de faire grève si leurs salaires ne sont pas payés. Dans ce contexte de crise, le fondateur et président de la compagnie aérienne, Naresh Goyal, a démissionné lundi 25 mars de la présidence du conseil d'administration, a annoncé la société dans un communiqué. "M. Naresh Goyal cessera (...) d'être le président de la société", a indiqué Jet Airways dans une décision qui fait suite à des négociations entre l'entreprise et ses créanciers. Il ne sera plus membre du conseil d'administration. Sa présence était un point de blocage pour de nombreux investisseurs.

Le consortium de créanciers de Jet Airways, emmené par l'établissement public State Bank of India (SBI), va également injecter 15 milliards de roupies (192 millions d'euros) dans l'entreprise via des instruments d'endettement. Selon la presse indienne, la part de M. Goyal, qui a lancé Jet Airways en 1993 peu après la libéralisation de l'économie indienne, va être réduite de moitié, passant d'environ 50 à 25%.

Les créanciers de la compagnie basée à Bombay vont eux recevoir 114 millions d'actions en conversion de dette, selon le communiqué. Leur part se situerait désormais autour de 50%, d'après les médias locaux. Le conseil d'administration a également voté l'installation d'une direction temporaire de gestion de crise. Les créanciers devraient initier rapidement un processus de vente aux enchères d'actions pour trouver de nouveaux investisseurs.

Contexte électoral

Les actions de Jet Airways ont clôturé lundi en hausse de 12,69% à 254,5 roupies à la Bourse de Bombay, suite à ces nouveaux développements. "Avec la démission de Goyal, la société peut mettre en œuvre son retour et relancer la compagnie aérienne", a estimé Devesh Agarwal, rédacteur en chef du site Bangalore Aviation. "Les banques vont contrôler la compagnie aérienne maintenant et doivent trouver la bonne équipe de direction immédiatement et injecter des fonds pour contenir la crise", a-t-il ajouté.

Jet Airways avait obtenu le mois dernier 1,19 milliard de dollars de la part du consortium de banques emmené par la SBI. Ce renflouement prévoit des ventes ou locations (cession-bail) d'avions, une restructuration de dette et un apport de capitaux. Mais l'annonce du plan de sauvetage n'a pas suffi à enrayer la chute. Le nombre de passagers aériens en Inde a été multiplié par six au cours de la dernière décennie, la classe moyenne profitant de meilleures connexions et de vols moins chers. Une croissance qui devrait faire du secteur aérien du pays le troisième plus vaste au monde d'ici 2025.

Les transporteurs nationaux, y compris le plus gros du pays en termes de parts de marché, IndiGo, ont toutefois du mal à atteindre la rentabilité malgré l'envolée de la demande. La fluctuation des prix du pétrole, une roupie faible et une féroce guerre des prix sur le marché aérien indien les mettent sous pression constante. Une faillite de Jet Airways serait catastrophique pour l'image du gouvernement de Narendra Modi, arrivé au pouvoir il y a cinq ans en promettant une économie indienne dynamique. Le dirigeant nationaliste hindou s'apprête à affronter les urnes en avril et mai à l'occasion des élections législatives, un scrutin à l'issue duquel il espère décrocher un second mandat.

AFP/VNA/CVN


 
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