26/09/2021 10:30
Alors qu’il est dit que "la terre est aussi précieuse que l’or", un paysan de 75 ans a décidé de laisser son verger de 2 ha aux oiseaux sauvages. Un geste qui mérite d’autant plus d’être salué qu’il est rare, courageux et complètement désintéressé.
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Becs-ouverts indiens dans le verger de M. Hai Chia, à Vinh Long (Sud).
Photo : TN/CVN

Lê Van Chia ou Hai Chia, un habitant de la commune de Tân My, district de Trà Ôn, province de Vinh Long (Sud), est surnommé avec humour par beaucoup de locaux "l’homme fou". Car il a soudainement laissé son verger, qui lui rapportait plus de 100 millions de dôngs par an, aux oiseaux sauvages.

"En 2006, des dizaines de hérons bihoreaux (Nycticorax nycticorax) et autres échassiers sont apparus dans mon jardin. Je pensais qu’ils allaient se reposer puis repartir. Cependant, ils sont restés et la population a commencé à augmenter", se souvient M. Chia.

Un refuge ornithologique

"Au lieu de les chasser, j’ai décidé de les protéger et de les inciter à rester", fait-il savoir, ajoutant qu’il planta des cajeputs pour que les échassiers puissent nicher. Son jardin, couvert de diverses sortes de plantes, est devenu désert. Sa famille a subi des pertes économiques pour leur fournir un abri sûr car ils ne tirent plus aucun revenu du verger.

Au début, les bihoreaux nichaient sur les longaniers, ce qui réduisait le rendement d’un arbre de 20 à 30%. Au fil du temps, le nombre d’oiseaux a augmenté, endommageant gravement le verger.

"Autrefois, sans les oiseaux, le revenu apporté par les longanes et mangoustans suffisait à ma famille pour joindre les deux bouts et à la scolarisation de mes enfants, partage M. Chia. Mais ma famille a perdu des centaines de millions de dôngs par an juste pour les garder en paix".

M. Hai Chia informe que de nombreuses personnes lui avaient conseillé de capturer les oiseaux et de les vendre pour soulager les difficultés de sa famille, mais il a refusé.

"Bien que je sois pauvre, jamais je n’ai pensé à les vendre pour de l’argent", affirme-t-il. En plus de les protéger contre les braconniers, il leur cherche également de la nourriture car il les considère un peu comme ses "enfants".

"Chaque fois que j’ai du temps libre le matin, je ramasse du poisson et des crevettes pour nourrir ma famille et les oiseaux", raconte le paysan âgé, qui connaît les habitudes de beaucoup de ses petits protégés.

Sa bête noire : le braconnier

M. Hai Chia dans son jardin d’oiseaux.
Photo :  TN/CVN

Depuis le jour où M. Hai Chia a transformé son verger en une colonie d’oiseaux, sa vie a semblé devenir plus difficile. Il doit les surveiller jour et nuit parce que certaines personnes mal intentionnées essaient de se faufiler pour voler les oisillons ou tirer sur les adultes. Pour empêcher les braconniers, il a mis un système d’alerte à l’aide de bidons de lait ou de bière. Lorsqu’un chasseur touche ces pièges, les sons alertent le propriétaire ou les oiseaux.

S’il trouve des oiseaux blessés par des braconniers, il les ramène chez lui et s’en occupe jusqu’à ce qu’ils soient complètement rétablis. D’après son expérience, si un intrus pénètre dans le jardin, la colonie  

"Depuis des années, mon mari ne dort pas bien. La nuit, il prend parfait une torche et part patrouiller quel que soit le temps pour traquer les braconniers", raconte sa femme, Lê Thi Thoi, 73 ans.

Il a déjà dû faire face à des chasseurs illégaux à plusieurs reprises. Certaines rencontres ont failli lui coûter la vie. "Une nuit, j’en ai rencontré deux. En entendant les cris des oiseaux, je suis sorti et j’ai vu un homme s’enfuir. L’autre, qui s’accrochait à un arbre, m’a immédiatement tiré dessus, se rappelle-t-il. Heureusement, mon casque m’a sauvé".

Le paysan espère recevoir un soutien financier pour bâtir une barrière afin d’empêcher l’entrée des chasseurs illégaux. En effet, sa plus grande préoccupation est de bénéficier de l’aide des organismes compétents pour protéger ses 13.000 oiseaux. Parmi ceux-ci, 4.000 sont des Becs-ouverts indiens (Anastomus oscitans), une espèce inscrite dans le livre rouge du Vietnam des espèces menacées.

"Maintenant, je suis en bonne santé et je peux toujours protéger les oiseaux. Cependant, je ne sais pas combien de temps cela va durer", se soucie M. Hai Chia.

Selon Ngô Vinh Tuân, vice-président du Comité populaire de la commune de Tân My, district de Trà Ôn, en raison du braconnage, il est très rare de trouver une héronnière comme celle de M. Hai Chia. C’est pour cette raison que les autorités provinciales de Vinh Long ont élaboré un projet de préservation afin d’en faire une zone écologique.

Pour sa part, le Comité populaire de la commune de Tân My a également demandé à la police d’assister M. Hai Chia dans sa lutte contre
le braconnage.
Huong Linh/CVN

 

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