08/03/2014 09:00
Huynh Tiêu Huong a passé ses 22 premières années dans la misère, à enchaîner les difficultés pour gagner sa vie. Elle a été maltraitée, brimée, abusée... Elle n’a jamais cessé de faire des efforts pour surmonter ce destin malchanceux et épauler les orphelins.


De nos jours, le nom de Huynh Tiêu Huong est connu dans tout le pays et dans le monde comme celui d’une mère de 300 enfants au grand coeur. Orpheline dès sa naissance en 1968, Huynh Tiêu Huong n’a jamais connu ses parents. Elle a tout de suite été adoptée par une vieille femme. Les premières années de sa vie, Huynh Tiêu Huong a dû mendier. Vendue d’une personne à l’autre, c’est seulement à l’âge de six ans qu’elle s’est fait adoptée par un couple sans enfant. Alors qu’elle aurait pu être chouchoutée et aller à l’école, il n’en fût rien. Huynh Tiêu Huong a connu de durs moments, violentée par son père adoptif.

Un destin malheureux

Ses souvenirs d’enfance se résument à des journées douloureuses : brutalisée, violentée, obligée à consommer de la drogue, privée des ses mains et de ses pieds qu’on lui a coupé pour mendier… Ces jours-là, elle passait la nuit dans les toilettes publiques. En grandissant, elle a enchaîné les métiers pour gagner sa vie : nettoyeuse de voiture à la station de l’Est, plongeuse de restauration, serveuse, prostituée...Bien qu’elle menait une vie malheureuse, elle remerciait chaque jour ses parents de l’avoir mise au monde. Selon elle, la plus grande des vengeances est de tout faire pour bien vivre et ainsi montrer à ses bourreaux qu’elle franchit toutes les difficultés et évolue sans cesse.

Huynh Tiêu Huong avec quelques-uns de ses petits protégés.


En 1987, un bienfaiteur lui a offert 20 taëls d’or dont elle s’est servie pour faire des affaires dans les secteurs de l’immobilier, de l’automobile et de la restauration. Son activité se développait de jour en jour. Elle trouvait pourtant que l’argent ne lui apportait pas de joie, mais de la douleur et des mensonges. Pour elle, le sourire est ce qu’il y a de plus tonifiant, et seuls les enfants lui ont apporté ce sourire et ce bonheur. Elle se sentait heureuse en nourrissant et en protégeant les enfants. C’est pourquoi elle a consacré tout son argent à aider les orphelins.

Maison chaleureuse pour les orphelins

Fondé en 2001 par Huynh Tiêu Huong, le Centre de charité Quê Huong est un lieu d’accueil et de soins pour les orphelins de naissance. Situé au 61/23 rue DT743, quartier de Tân Long, commune de Tân Dông Hiêp, arrondissement de Di An, province de Binh Duong (Sud), il s’étend sur une superficie de 12.000 m2. Le centre nourrit environ 300 enfants, dont 80% ont été adoptés à la naissance. La plupart des enfants ont moins de huit ans. Huynh Tiêu Huong est émue : “J’ai adopté les enfants des zones industrielles et des maternités. J’ai d’abord dû payer les frais de naissance et les médicaments, et ensuite je les ai amenés au centre. Certains enfants sont infectés par le virus VIH/sida ou une maladie du coeur. Quelques-uns sont morts avant d’entrer au centre”.

Comme les autres enfants, ils ont besoin d’amour et d’être consolés. Elle-même orpheline ayant manqué de l’amour des ses parents, Huong comprend les sentiments que ressentent les enfants. Elle partage : “Il ne faut par exclure ou gronder les enfants, sinon ils feront un complexe d’infériorité et penseront qu’on ne les aime pas”.

Chut... On dort !


Ces enfants sont non seulement élevés et logés, mais ils peuvent aussi aller à l’école. Mme Huong a toujours rêvé d’étudier. Lorsqu’elle passe des moments à enseigner aux enfants, c’est un petit bout de son rêve qui se réalise. Après avoir laissé tomber quelques larmes, elle dit : “Je ne veux pas que mes enfants connaissent à leur tour la même vie que j’ai eu autrefois avec la drogue, la prostitution, le mendicité… Je veux qu’ils soient intéressés par la société et que personne ne les laisse jamais tomber. Tout cela ne tient qu’à eux”.

Mère de 300 enfants, Mme Huong rencontre de nombreuses difficultés mais elle n’oserait pas se plaindre de son sort. Le plus difficile, selon elle, est de ne pas être assez stable financièrement. Elle doit payer les frais scolaires, les activités et les produits alimentaires. La majorité de ses revenus proviennent de ses activités immobilières, automobiles et de restauration, mais aussi quelquefois de dons de bienfaiteurs. Elle partage : “Je souhaite que la communauté sociale partage avec moi les frais pour s’occuper des enfants. Il y a nourriture, électricité, essence, frais de scolarité, salaires des employés, savon, chaussures, serviettes, livres, balais... Tous ces coûts sont très élevés”.

Un rêve simple

Il y a sept ans, un cancer de l’intestin est venu menacer sa vie pour le restant de ses jours. Cependant, Huong rêve toujours d’apporter le bonheur aux enfants. Avant de mourir, elle souhaite construire une école primaire conforme aux normes internationales de façon à ce que ses enfants bénéficient d’un bon environnement d’apprentissage et s’intègrent plus facilement à la communauté. Elle dit : «Mon rêve n’est pas d’ouvrir un centre de charité, mais de protéger les enfants orphelins et de les aider à aller à l’école. Ainsi, ils ne seront ni persécutés, ni analphabètes».

En plus de tout ce qu’elle apporte aux orphelins, Huynh Tiêu Huong voudrait consacrer une partie de son temps à aider les personnes handicapées. Par conséquent, elle a dans l’idée de construire un hôpital uniquement réservé aux personnes handicapés. Mais avant tout, elle souhaite garder une bonne santé pour s’occuper des enfants et vivre avec eux le plus longtemps possible. Elle confie : “Jusqu’à maintenant, j’ai réalisé 60% de mon rêve. Je l’accomplirai en entier cette année. J’espère que mes enfants continueront tout ce que j’ai entrepris et s’occuperont des orphelins après ma mort”.

Texte et photos : Dang Huong/CVN



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