21/08/2021 07:47
Le musée Sông Huong (rivière des Parfums) verra bientôt le jour à Huê. Cet établissement privé exposera quelque 7.000 anciens objets en céramique repêchés dans ce cours d’eau traversant l’ancienne capitale impériale du Vietnam.
>>Vers l’inscription de neuf urnes dynastiques à Huê au registre "Mémoire du monde"
>>Coin lecture au bord de la rivière des Parfums
>>Préserver les monuments historiques de Huê

La Pr.-Dr. Thái Kim Lan éprouve un grand amour pour les anciennes céramiques enfouies sous les eaux de la rivière des Parfums à Huê. 
Photo : Phan Thành/LD/CVN

"Ces objets en céramique vieux de plusieurs siècles ont tous été repêchés dans le lit de la rivière des Parfums (Sông Huong) durant une trentaine d’années", révèle la Pr.-Dr. Thái Kim Lan, patronne du futur musée Sông Huong. Cette Viêt kiêu d’Allemagne donne des cours de philosophie et de bouddhologie dans des universités en Allemagne et à Huê, province de Thua Thiên-Huê (Centre). "Il me semble que j’ai un amour prédestiné pour les anciennes céramiques enfouies sous les eaux de la rivière des Parfums", avoue-t-elle. Avec un brin d’orgueil, elle raconte son histoire survenue il y a 30 ans. 

Une passion née au cours d’une promenade

À Huê, existe un contingent de plongeurs amateurs qui pratiquent le repêchage d’antiquités enfouies dans le lit de la rivière des Parfums. Leur butin, des céramiques pour l’essentiel, ils le mettent en vente sur le trottoir. "Il y a 30 ans, alors que je faisais une promenade dans la rue Trân Hung Dao, accompagnée de mon frère, le peintre Thái Nguyên Bá, je suis tombée sur des personnes proposant à la vente sur le trottoir des vases, des pots et d’autres objets en céramique. J’ai été ensorcelée devant ces articles repêchés sous les eaux de Sông Huong. En les contemplant, il me semblait me relier avec le passé", s’enthousiasme la Professeure Viêt kiêu

Son amour pour les anciennes céramiques a grandi de jour en jour. Elle a cherché à en acheter soit auprès de ces plongeurs, soit chez des collectionneurs locaux dont le chercheur en histoire Hô Tân Phan. Selon les études scientifiques, ces objets datent de diverses périodes historiques, de la préhistoire jusqu’au temps de la culture de Dai Viêt, en passant par celle du Champa (IIe-XVe siècles). "Chacun a son âme ainsi que son histoire liée à l’existence humaine. En commun, ils reflètent le mode de vie et la créativité des hommes d’autrefois", observe la Pr. Thái Kim Lan. 
      
De l’idée à l’exécution, un projet faisable

Thái Kim Lan a en sa possession plus de 7.000 céramiques. L’idée d’établir à Huê un musée d’anciennes céramiques repêchées dans le lit de la rivière des Parfums lui est venue en tête en 2018. Le futur ouvrage, du nom de musée Sông Huong, fera son apparition dans l’enceinte du domaine réservé au culte des ancêtres de la lignée de Thái Kim Lan, situé en amont de la rivière des Parfums, plus exactement au 120, rue Nguyên Phuc Nguyên.

Ce sera un espace culturel qui racontera l’histoire nationale à travers les trésors d’une rivière poétique traversant l’ancienne capitale impériale du Vietnam.  "Les visiteurs pourront contempler la beauté du cours d’eau avant de pénétrer dans le musée. Face à ces vieux objets, ils ressentiront mieux la grandeur de l’histoire millénaire et de la culture du pays", explique Mme Lan, pleine de confiance.

La beauté poétique de la rivière des Parfums en été.
Photo : Anh Tuân/CVN

La création d’un nouveau musée n’est pas chose simple. Nombreuses sont les étapes à suivre. Avant tout, c’est l’étape de classification et de systématisation des objets qui prend pas mal de temps. Vient ensuite celle de l’expertise scientifique. "Il s’agit d’un travail important à effectuer avec minutie et précision", selon le Dr. Nguyên Anh Thu, professeur à l’Université de Hanoï, spécialiste du patrimoine culturel, responsable de cette mission confiée par Mme Lan.

Pour lui, "le travail le plus important sera de choisir les objets les plus typiques pour une meilleure exposition. Ce qui permettra aux visiteurs de mieux comprendre chacune des périodes historiques qui se sont succédées". Déjà, le projet du musée est tracé : un espace extérieur marqué par une "allée de la céramique" conduisant à un "jardin de la céramique". L’espace intérieur exposera les objets divisés en quatre groupes : les trois premiers concernant les cultures de Sa Huynh antérieur - Sa Huynh, du Champa et du Dai Viêt ; le quatrième présentera des céramiques provenant de l’étranger (Japon et Chine).

Hormis la création du musée Sông Huong proprement dit, Thái Kim Lan et Nguyên Anh Thu comptent écrire une brochure en plusieurs langues sur les céramiques exposées. Par ailleurs, "un projet de numérisation des données du musée sera envisagé dans l’avenir", affirme Mme Kim Lan. 

Nghia Ðàn/CVN


 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Bac Hà, une destination au fort potentiel

Phu Quôc accueillera ses premiers touristes étrangers munis de pass sanitaire électronique Le Comité populaire de la province de Kiên Giang (Sud) a décidé d’autoriser l’accueil expérimental de touristes étrangers à l’île de Phu Quôc à partir du 20 novembre.