05/09/2019 12:14
L'exécutif hongkongais a accédé mercredi 4 septembre à une demande clé des manifestants en annonçant le retrait définitif du projet de loi sur les extraditions, à l'origine du mouvement de contestation, une concession qui ne devrait toutefois pas suffire à apaiser la grogne.

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Des écrans publics diffusent l'annonce de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam du retrait définitif du projet de loi sur les extraditions, le 4 septembre à Hong Kong.
Photo: AFP/VNA/CVN


Hong Kong traverse depuis juin sa pire crise politique depuis la rétrocession en 1997 à Pékin, avec des actions de protestation presque quotidiennes nées du rejet de ce texte qui, selon les manifestants, risquait d'exposer ses habitants à une justice chinoise politisée.

Après avoir suspendu l'examen du projet de loi mais avoir refusé de totalement l'enterrer, la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam s'y est finalement résolue mercredi 4 septembre, dans une reculade rare de la part de son gouvernement loyal à Pékin.

"Le gouvernement retirera officiellement le projet de loi afin de complètement apaiser les inquiétudes de la population", a déclaré Mme Lam dans une vidéo diffusée par ses services.

Ce retrait sera entériné en octobre par le Conseil législatif (LegCo), le Parlement local, quand il se réunira.

"Trop tard" 

Des médias avaient dès le début de l'après-midi fait état de l'imminence d'une telle annonce.

Et ces informations ont fait bondir la Bourse de Hong Kong, celle-ci espérant que le retrait du texte permettra d'en finir avec une instabilité politique qui a commencé à peser économiquement sur le grand centre financier qu'est l'ex-colonie britannique.

Mais cette décision ne devrait pas être suffisante aux yeux des manifestants qui ont, au fil de l'été, élargi leurs revendications, pour dénoncer l'érosion des libertés et les ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de cette région semi-autonome.

"Pas assez, trop tard", a ainsi commenté Joshua Wong, qui fut en 2014 le visage du "Mouvement des parapluies" et qui a été brièvement arrêté la semaine dernière dans le cadre d'un coup de filet contre les grandes figures de la mobilisation actuelle.

Certaines manifestations ont dégénéré en heurts de plus en plus violents entre des radicaux jetant des briques et des cocktails Molotov et des forces de l'ordre faisant un usage massif de gaz lacrymogène et désormais de canons à eau.

Et le fossé n'a cessé de se creuser entre la population et la police.

Appel au "dialogue" 

Adoptant un ton beaucoup plus conciliant qu'à ses précédentes prises de parole, Mme Lam a exhorté les manifestants à renoncer à la violence et à participer à un "dialogue" avec le gouvernement.

"Remplaçons les conflits par les conversations et recherchons des solutions", a-t-elle dit, ajoutant vouloir mobiliser des universitaires, des conseillers et des professionnels "pour examiner de façon indépendante les problèmes profondément enracinés dans la société et conseiller le gouvernement sur des solutions".

Mais si elle a cédé sur le projet de loi, elle a aussi réaffirmé qu'elle ne lâcherait rien sur les quatre autres demandes.


AFP/VNA/CVN

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