16/11/2013 22:59
Avec Dà Nang (Centre), Hô Chi Minh-Ville (Sud) a été choisie comme l’une des deux localités du pays à déployer le projet de réorganisation de l’administration urbaine.

>>Pour un appareil administrative plus léger et plus effectif

Hô Chi Minh-Ville est le centre urbain le plus peuplé du pays. Photo : Vnphoto/CVN


Actuellement, Hô Chi Minh-Ville couvre une superficie de 2.095,54 km² pour une population de plus de huit millions d’habitants. En tant que centre urbain spécial, pôle économique, culturel, d’éducation, de formation, de sciences et technologies et point d’échanges et d’intégration internationale de la Zone économique de pointe du Sud, cette ville assume une position politique importante.

Selon le maire de Hô Chi Minh-Ville, Lê Hoàng Quân, l’organisation de l’appareil municipal présente des limites et manque d’homogénéité. Il fonctionne certes, mais ne tient pas compte des particularités de la ville.

Le modèle de gestion de Hô Chi Minh-Ville est identique à celle d’une province, malgré son envergure en termes de population et de démographie, ainsi que sa forte contribution au PIB national (30%), etc.

«Dans les communes de Vinh Lôc A, Vinh Lôc B, Binh Hung (district suburbain de Binh Chanh), le nombre d’habitants de chacune s’élève à 70.000 ou 80.000 personnes alors que l’appareil de gestion n’est équivalent qu’à celui d’un quartier de 20.000 ou 30.000 âmes», déplore Lê Minh Tri, ancien maire adjoint de Hô Chi Minh-Ville, qui a participé à rédiger ce projet de réorganisation de l’administration urbaine. Par ailleurs, dans les échelons administratifs de base, le niveau des cadres laisse à désirer. Si bien que les habitants sautent ces échelons pour aller rencontrer directement ceux à l’échelle de la ville.

Mesures et avantages

Hô Chi Minh-Ville songe à réaliser cette réorganisation de son appareil municipal depuis 2005. Construire un nouveau modèle d’administration urbaine est un besoin impérieux afin d’élever l’efficacité de l’appareil décisionnel et éviter que des organes de gestion ne se repassent la responsabilité sur tel ou tel dossier.

Il faut mettre sur pied un système de gestion doté de plus d’autonomie et de plus de responsabilité pour dynamiser ce pôle économique et donc le pays tout entier.

Ce projet s’articule autour de quatre axes. Premièrement, la compétence d’édicter des actes normatifs juridiques de l’autorité locale pour déployer les politiques et les lois du ressort central. Ce qui vise à assurer la communion dans la gestion administrative étatique du gouvernement et protéger les droits légitimes de la communauté locale, notamment l’ordre et le bien-être social...

La réorganisation de l’appareil municipal favorise un bel essor de Hô Chi Minh-Ville.
Photo : Danh lam/VNA/CVN


Deuxièmement, la compétence en finance publique. Il faut bien fixer le budget de niveau central de celui de la localité. Pour le premier, percevoir et dépenser doivent suivre le mécanisme de mandat et faire l’objet d’une supervision étatique. Alors que pour le second, la ville est autonome dans ses choix et responsable.

Les quatre axes du projet

Troisièmement, la compétence dans l’organisation de l’appareil et des cadres. L’administration urbaine est autonome dans la détermination des effectifs, de leur sélection, de l’arrangement du travail, du régime de traitement. Quatrièmement, la compétence dans la gestion étatique de certains services.

À côté du mécanisme de décentralisation, le projet aborde aussi celui de procuration. Ce mécanisme vise à déterminer quels sont les services sous tutelle de l’État, mais ce dernier peut les déléguer à l’autorité municipale.

Dans son projet initial d’édification d’une nouvelle administration urbaine expérimentale, Hô Chi Minh-Ville avance quatre priorités. Primo, étendre son autonomie, sa responsabilité. Secundo, avec une population de plus de dix millions d’habitants, Hô Chi Minh-Ville doit fonder quatre centres urbains sous tutelle municipale. Tertio, rénover totalement les fonctions des services de la ville pour que ces derniers deviennent véritablement des organes de gestion efficace de l’administration étatique. Quarto, déterminer clairement la responsabilité des particuliers, des collectivités et élever le rôle du président du Comité populaire municipal.

S’agissant des activités de chaque fonctionnaire, le projet détermine aussi ce qu’est un fonctionnaire professionnel et quelles sont ses prérogatives. Les habitants doivent savoir clairement qui est responsable de quoi, afin de ne plus être renvoyés d’un bureau à l’autre. En plus, il faut aussi «dégraisser» l’appareil, supprimer tous les organes intermédiaires inutiles. Cela sera bénéfique aussi bien aux habitants qu’aux fonctionnaires eux-mêmes, sans compter qu’il permettra de réduire aussi la corruption et d’accroître la qualité des employés municipaux.

Changer les mentalités prendra du temps

D’après le Dr. Trân Du Lich, chef adjoint de la délégation des députés de l’Assemblée nationale à Hô Chi Minh-Ville, «il faut s’attendre à des difficultés dans le déploiement du projet car il faudra changer la façon de penser, de travailler, ce qui est de la responsabilité de chacun». Sur le plan juridique, une centaine de textes juridiques sont concernés. On prévoit deux années pour les revoir après avoir obtenu l’accord de l’Assemblée nationale. «Le projet devrait être déployé en 2016», a précisé le député Trân Du Lich.

Avec ce nouveau modèle, l’autorité municipale étendra son autonomie et sa responsabilité pour répondre aux besoins des habitants. Les organes électifs auront un lien étroit avec la population locale, et pourront ainsi mieux refléter leurs attentes.

Hô Chi Minh-Ville est le centre urbain le plus peuplé du pays. C’est aussi le lieu où l’économie de marché est la plus animée et la plus dynamique du pays. Mais son lourd appareil municipal freine son essor. Il est donc grand temps pour la mégapole du Sud de changer de peau, de mettre sur pied un nouveau modèle de gestion, plus en adéquation avec son statut de «locomotive économique» du pays.

Diêu An/CVN




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