27/10/2013 00:35
À Hô Chi Minh-Ville, plusieurs gargotes de riz se sont installées pour proposer des repas modestes à prix imbattable. Ils servent de nombreux clients en quête d’économies ou de gain de temps, principalement des travailleurs et étudiants.

Situé au bout de la rue Nguyên Thông, tout près de la gare municipale, dans le 3e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, «le quartier vendeur de riz sec» est réputé depuis une dizaine d’années. Toutes les personnes originaires de diverses provinces en arrivant à Hô Chi Minh-Ville passent par cet endroit à la sortie du train. Ce sont les premières «auberges» de ces nouveaux citadins. Plus largement, les travailleurs de différents domaines les rejoignent.

Les clients défavorisés sont chaleureusement accueillis au resto Nu Cuoi.
                                                                                      Photo : Minh Thu/CVN


Ces gargotes spécialisées dans le riz sec sont toujours bondées au déjeuner et au dîner. Il est aussi possible d’acheter son riz à emporter, dans des petits sachets plastifiés. Le repas est loin d’être copieux, il comprend juste un peu de riz blanc avec, ou non, des concombres et/ou d’aubergines salées. Ces espaces de vente sont dispersés en plusieurs points : deux rue Nguyên Thông, cinq autres dans la ruelle 240 de la rue Cach Mang Thang 8, et un autre rue Hoà Hung. Les autocuiseurs y ronronnent quasi en permanence.

Un travail moins pénible

Nhung se lève à 05h00 pour laver le riz qu’elle achète en gros. Chaque jour, elle en cuit 100 kg, soit l’équivalent du double en riz cuit. «Vendre du riz cuit est plus facile. On n’a pas besoin de nettoyer des assiettes grasses et la marchandise se conserve bien», explique-t-elle pourtant.

De son côté, Nguyên Thi Thanh Nga est installée depuis 13 ans. Elle a trois employées et elle ne peut répondre à la demande. «Le prix du riz populaire est fixé à 8000 dôngs/kg et celui du riz de qualité à 10.000 dôngs/kg. Je dégage un petit bénéfice pour chaque kilo vendu. En ce moment, je sers beaucoup de gens pauvres. Ils travaillent dur mais mangent misérablement. Certains d’entre eux se privent et se serrent la ceinture pour envoyer un peu d’argent à leur famille», indique la vendeuse.

La facture du riz sec pour trois personnes s’élève à 8.000 dôngs/kg, ce qui ramène à moins de 3.000 dôngs la ration au lieu de 15.000 dôngs pour un repas moyen.

Une ration de 2.000 dôngs au resto Nu Cuoi 3. Photo : Minh Thu/CVN

L’option «riz sec» aide ainsi les conducteurs de moto-taxi à économiser pour nourrir leurs familles, les travailleurs à envoyer de l’argent à leurs proches, les étudiants à éviter les dépenses imprévues au restaurant.

Duy est inscrit à l’Université polytechnique et il est devenu un client régulier. Il souligne : «Le propriétaire de mon appartement m’interdit de faire la cuisine. J’achète donc du riz sec chaque jour en alternant aubergines salées, concombres et autres légumes».

Thanh, vendeuse de rue, habituée du quartier, ajoute: «Je n’ai pas le temps de cuisiner. J’achète donc du riz sec auquel j’ajoute des légumes ou des œufs pour faire des repas plus complets».

Les restaurants grand format

«Le restaurant Nu Cuoi 3» (Sourire 3) fait partie d’une chaîne de restaurants de solidarité mise en place par des hommes d’affaires. L’enseigne située dans le 7e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville est à l’initiative du journalise Trân Trong Thuc, avec le soutien de la banque Eximbank qui a développé un vaste espace de plus de 1.000 mètres carrés. Dès les premiers jours, ce resto servait déjà 300 rations entre 11h15 et 12h45 les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine pour 2.000 dôngs/ticket. Tous les clients étaient chaleureusement accueillis et avaient droit à leur ration de riz de qualité accompagnée d’un produit salé, d’une soupe, et d’un plat sauté, plus un dessert, un thé gratuit et la possibilité de reprendre du riz en toute discrétion.

Ils arrivent généralement avant l’heure d’ouverture et se mettent en rangs. La plupart d’entre eux gagnent un revenu faible (vendeurs de billets de loterie, ramasseurs de ferrailles…). Ils ont le teint hâlé et le visage sillonné de rides. «Je prends souvent mon déjeuner ici. Nous sommes chaleureusement accueillis, les serveurs sont très ouverts et ne font pas de distinction entre nous», affirme Hoàng Hà, client fidèle.

De son côté, après sept mois de fonctionnement, le restaurant Nu Cuoi 1, dans l’arrondissement Tân Phu, a vendu 500 rations/jour, 6 jours/semaine.

Nourritures spirituelles

Le resto Nu Cuoi 3 a également installé une librairie bon marché où l’unité ne coûte que 2.000 dôngs. Une façon pertinente de diffuser la culture à ceux qui n’y ont pas toujours accès. La librairie gère plus de 550 livres de divers thèmes, et est soutenue par des dons de particuliers ou de maisons d’éditions (notamment Tri Viêt, Phuong Nam ou Giao Duc). En outre, un kiosque à journaux gratuits est à disposition de celles et ceux qui veulent consulter sur place. “Je peux vendre entre 100 et 160 livres/jour”, a indiqué Ngoc Anh, responsable de la librairie.

Les ouvrages les plus vendus sont les livres pour enfant, puis les bandes dessinées, les livres de poésie, les magazines et les manuels. Comme la quantité de livres est limitée, chaque client ne peut acheter qu’un seul exemplaire à la fois. Pendant l’heure du déjeuner, la librairie est toujours pleine de lecteurs de 7 à 77 ans.

Minh Thu - Quynh Huong - Do Chi/CVN

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