27/01/2016 11:45
Après l'atmosphère frénétique d'un aéroport lors de son dernier défilé, changement de décor pour Chanel : Karl Lagerfeld a choisi un thème plus écologique pour sa collection haute couture, en la transportant le 26 janvier dans un jardin zen, sous la verrière du Grand Palais.
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Une à une, à un rythme lent et fluide, les mannequins sortent d'une maison en bois à étages, qui devient une maison de poupées géante quand ses panneaux à lattes s'ouvrent. Sur des chaussures à semelles compensées en liège, elles avancent sur un chemin de dalles en bois installé dans l'herbe.

Robes et jupes sont étroites, arrivant à mi-mollet. Elles sont fendues derrière pour faciliter la marche, et laissent entrevoir des plissés transparents et brillants.

Les volumineux chignons et le maquillage -deux traits de crayons le long de l'œil- s'inspirent d'une sculpture en plâtre de Picasso.

Le couturier Karl Lagerfeld (en noir) lors du défilé Chanel, le 26 janvier à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les couleurs sont subtiles et douces : des tons crème, rose, ivoire, pour une élégance évoquant des silhouettes de différentes époques: les fifties et sixties, mais aussi les années folles et Gatsby Le Magnifique.

En guise de sac, une pochette pour smartphone s'accroche à la ceinture, pour plus de liberté de mouvement. Des capes scintillantes donnent des allures de princesses.

"Pas bling-bling"

Les matières naturelles comme le papier, le bois et la paille composent des broderies. "Je trouvais que finalement ces matériaux, si on les utilise d'une façon particulière, sont assez jolis", a expliqué Karl Lagerfeld à l'issue du show. Mais "il fallait tout faire, car ça n'existe pas sur le marché, des paillettes de bois!"

Cette collection, "ce n'est pas vraiment bling-bling, tapis rouge", a commenté le couturier toujours enclin à capter l'air du temps, un mois et demi après la conférence sur le climat (COP21) qui s'est tenue à Paris.

"L'écologie est un des thèmes de notre époque, mais cela n'a jamais été utilisé dans le grand luxe. Le grand luxe, c'était le contraire presque", a-t-il dit. "D'habitude, tout ce qui est écologie est associé à des gens pas très soignés!", lance-t-il.

L'ambiance diffère radicalement de celle du défilé de prêt-à-porter pour le printemps-été 2016 présenté en octobre, pour lequel un terminal d'aéroport avait été reconstitué au Grand Palais.

"Le mot est trop utilisé, mais je voulais que ce soit un peu zen", a dit Karl Lagerfeld. Ces femmes "ne sont pas pressées, elles n'ont pas de train à prendre, elles peuvent marcher dans leur jardin".

Yiqing Yin, le pli à l'infini

Drapés élaborés, froissés travaillés, plissés étudiés : Yiqing Yin signe avec "Blooming ashes" ("Les cendres qui s'épanouissent") sa première collection depuis depuis son entrée dans le cercle ultra fermé de la haute couture parisienne.

Collection de Yiqing Yin.
Photo : AFP/VNA/CVN

À 30 ans, cette créatrice française d'origine chinoise est connue pour sa maîtrise du pli, un art qu'elle décline avec délicatesse sur des matières comme la fourrure, la mousseline ou l'organza.

Elle cite Gilles Deleuze : "Le problème n'est pas comment faire un pli mais comment le continuer, lui faire traverser le plafond, le porter à l'infini." Relevant le défi, elle propose des formes amples, souples et asymétriques. Ses décolletés généreux et ses transparences riment avec élégance.

Avec le cuir, Yiqing Yin fait des bustiers tressés couleur de terre rouge, des lanières ou des harnais pour une femme "dans la toute puissance de sa fragilité". Somptueuse, la robe de fourrure travaillée comme une mosaïque et ornée d'écailles de cuir découpées au laser par le créateur Coen Carsten. Spectaculaire, la créature vêtue de lumières LED et de cordes de piano, un modèle co-créée avec le sculpteur Bastien Carré.

AFP/VNA/CVN
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