22/01/2019 14:27
La créatrice italienne de Dior Maria Grazia Chiuri a invité lundi 21 janvier au cirque des clowns androgynes et un éventail de "caractères" habillés de vêtements à l'effet d'usure minutieusement travaillé, au premier jour de la semaine de la haute couture à Paris.
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Défilé Dior haute couture printemps-été 2019 à Paris, le 21 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN

Les mannequins aux yeux charbonneux à larme noire portant des voilettes intégrées aux béguins- coiffes des arlequins- ont foulé le sol à losanges d'un chapiteau installé dans les jardins du musée Rodin. Les actrices italienne Monica Bellucci, britannique Kristin Scott Thomas, l'actrice et avocate nicaraguayenne Bianca Jagger étaient présentes au défilé rythmé par la performance des acrobates de Mimbre, compagnie britannique de cirque féminine.

Cette collaboration s'inscrit dans la tradition de Christian Dior qui aimait se rendre au Cirque d'hiver où Richard Avedon prendra en 1955 la célèbre photo Dovima et éléphants mettant en scène une robe haute couture.  "À Paris il y a une longue tradition du cirque, cette tradition est aussi très riche en Italie quand on pense à Fellini et 8 1/2. Le cirque c'est un petit monde qui bouge d'une ville à l'autre et change la ville où il arrive. C'est comme la fashion week", a déclaré la créatrice.

"C'est une parade où chaque vêtement présente un caractère": "courageux" comme ce tailleur noir à pantalon bouffant ou "mélancolique" comme cette robe pastel évanescente. Les vêtements abondent en références évidentes aux codes du cirque comme les motifs losange sur jacquard, satin ou organza, des animaux brodés sur des jupes, un motif de flammes sur une robe longue avec des marches à volants brodée de paillettes ou des tailleurs stylisés de dompteurs.

L'actrice italienne Asia Argento défile pour la maison italienne Antonio Grimaldi à Paris, le 21 janvier. Photo: AFP/VNA/CVN

D'autres clins d'œil plus discrets sont dans les couleurs censées évoquer une fine couche de poussière et dans les techniques visant à donner l'impression que les costumes sont abîmés et délavés avec le temps comme si ces vêtements étaient sortis des coffres de la compagnie ambulante. Des imperfections "parfaitement travaillées" comme le côté effiloché sur un tailleur pantalon de laine bouillie frangée noir porté avec un top de dentelle de Chantilly.

"La couture parle plutôt de la façon dont sont faites les choses, c'est un luxe très personnel", souligne la créatrice. Des broderies inspirées des années 50 ont été allégées dans cette collection qui fait recours à une technique rare de broderie de brandebourg pour décorer des manteaux en cachemire.

Asia Argento joue les mannequins

En fin d’après-midi, l’actrice italienne Asia Argento a joué les mannequins vedettes pour son compatriote Antonio Grimaldi. Spécialiste des volumes, le styliste a conçu un vestiaire de robes du soir très architecturé en jouant sur l’asymétrie, avec des drapés sophistiqués transformant ses mannequins en tragédiennes, avec souvent des robes longues à traine.

Défilé Schiaparelli à Paris, le 21 janvier. Photo: AFP/VNA/CVN

Pour la personnalité non conformiste d’Asia Argento, Antonio Grimaldi a conçu une robe courte de mariée ornée de plumes d’autruche mettant en valeurs ses nombreux tatouages. "J’aime son travail de couture sculpturale", a confié l’actrice, une des principales accusatrices du producteur déchu Harvey Weinstein, accusée à son tour d'agression par un jeune acteur Jimmy Bennett avec lequel elle a reconnu avoir eu avec lui une relation sexuelle.

Schiaparelli dans les étoiles

Chez Schiaparelli, Bertrand Guyon a présenté une collection flamboyante sur le thème spatial rendant hommage à la fondatrice de la marque en 1927 Elsa Schiaparelli, créatrice surréaliste qui collabora avec Salvador Dali. Les étoiles sont omniprésentes dans ce défilé à l'opéra Garnier: sur les manches bouffantes d'un tailleur, sur une robe de soir noire semie de paillettes, sur des lunettes futuristes, dans les bijoux ou sur un ensemble de satin brodé de portrait d'Elsa ourlé de plumes. Les tailleurs aux basques prononcées semées de fleurs et se portent avec des santiags.

Défilé Iris Van Herpen à Paris, le 21 janvier. Photo: AFP/VNA/CVN

Le soir le vestiaire est lumineux et flamboyant, des robes et capes sont en plumes incandescentes et les motifs floraux apparaissent dans des broderies psychédéliques. Des volumes sont exagérés comme dans une mini-robe cocon en plumes bleu et rose shoking- couleur phare de la maison- ou dans une robe manteau de tulle mariant plusieurs nuances du rose.

Femmes hybrides d'Iris Van Herpen

La créatrice néerlandaise Iris Van Herpen a exploré le thème de femmes hybrides "idéalisées dans la mythologie" et dont l'apparition est "une réalité grâce à l’ingénierie génétique". Les robes ou se mélangent les couleurs ocre, pourpre et indigo sont conçues à partir de couches disséquées et volumineuse, les silhouettes sont triangulaires, sphériques ou fluides. Certaines silhouettes sont inspirées des œuvres de l'artiste expressionniste Kim Keever, spécialistes des formes fluides.

AFP/VNA/CVN

 

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