02/09/2019 17:58
"J’ai enregistré à peu près mille chansons avant de me dire que j’étais bon": le persévérant Hatik installe son rap énervé dans son nouvel opus "Chaise pliante", avant d’être à l’affiche de la série hip-hop de Canal+, "Validé".
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Le rappeur Hatik. Photo: AFP/VNA/CVN

Après un premier projet en 2014, le rappeur de Guyancourt (Yvelines) s'est fait remarquer en 2018 avec une série de clips percutants. Cheveux bouclés sur les épaules, physique sec de boxeur, il y tire une chaise pliante de son coffre pour débiter ses textes fiévreux dans la rue, dans un hangar, près d'un ring.

Hatik, 26 ans, souligne dans un entretien qu'il a lui a fallu "dix ans de travail" avant de percer. Depuis ses premières rimes de gamin et surtout quelques mois aux États-Unis où, à 17 ans, il "touche du doigt une culture trop forte pour la laisser passer".

Il travaille la nuit sur ses titres enregistrés avec le matériel qu'il s'achète, et passe ses journées à "descendre des cylindres d’un toit, les tenir à mains nues sur dix étages, faire cuire des steaks à l’arrière d’un Quick, ou livrer des pizzas sous la pluie sur un scooter de merde".

"J’ai fait tous les tafs de merde possibles et imaginables, avec toujours la musique pour seule ligne de mire", raconte le rappeur d'origine guyanaise. "Quand tous tes potes vont en Espagne chaque été et que toi tu pars pas pendant sept ans de suite, tu sais pourquoi tu le fais. Tu sais pourquoi tu te sacrifies".

Dans sa mixtape Chaise pliante, sortie le 30 août, Hatik expose son rap théâtral sur les sons électroniques du duo Medeline, qui a travaillé avec Booba, Rohff, Disiz ou la Fonky Family.

"Je veux présenter son ambition, mes démons, d’où je viens, ce qui m’effraie", raconte Hatik, évoquant "les destins ruinés", comme "un petit de quartier qui rentre dans un cercle vicieux".

"Je vais pas m’inventer des vies, je suis pas Pablo Escobar. J’ai pas dealé pendant dix ans de ma vie en bas des blocs. Mais je pense connaître assez bien la rue pour savoir exactement ce que c’est. J’ai été dans des trucs..."

Sans être "moralisateur", "tout ce que je fais c’est pointer du doigt ce que c’est vraiment. Tu veux dealer Ok t’auras de l’oseille, mais dealer c’est prendre ces risques-là", souligne Hatik.

Il explore aussi la rue en jouant le premier rôle de la série de Canal+ Validé, dont il a terminé le tournage mi-août. Réalisée par Franck Gastambide (Les Kaïra, Taxi 5), et attendue à l'écran en mars 2020, la série suit le parcours d’"un jeune rappeur, qui est avant tout un jeune banlieusard, et qui oscille entre la rue et le rap".

"La sensibilité que j’ai pu développer dans ma musique me permet de sortir plus facilement des émotions devant une caméra. Tu vas au fonds de toi-même, tu sors des choses que tu n’aurais pas soupçonnées", raconte Hatik, épuisé par le tournage. "En même temps, apprendre à saisir une émotion, à me mettre dedans, me permet de mieux affirmer mes intentions de rap quand je pose un texte".

AFP/VNA/CVN
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