16/05/2021 07:22
Afin de lutter contre le COVID-19, Hanoï a décidé, en mars 2020, de mettre en place la distanciation sociale pendant une trentaine de jours. Les commerces et établissements scolaires ont été fermés. La capitale vietnamienne n’avait jamais été aussi discrète et paisible.
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Le bord du lac, normalement animé, est devenu paisible.
Photo : Trang Linh/CVN

L’été est arrivé. Malgré la chaleur étouffante, j’ai décidé de faire un tour dans le centre-ville de Hanoï pour prendre quelques photos sous un soleil accablant. Épuisée, je me suis assise à une terrasse de café devant le lac Hoàn Kiêm (lac de l’Épée restituée). 

En contemplant la beauté de la ville, j’ai promené mon regard sur les rues. Des milliers de petites motos se faufilaient entre les voitures et les cris des vendeurs ambulants assourdissaient les passants. Tout d’un coup, je me suis souvenue de la période de la distanciation sociale qui avait provisoirement mis un terme au rythme effréné de la capitale millénaire du Vietnam.

Née à Hanoï, mon amour pour cette ville ne cesse de grandir. J’aime toutes ses caractéristiques : la nature qui se réveille peu à peu après le long sommeil d’hiver, la couleur rouge des flamboyants en été, la beauté élégante de la ville en automne quand les feuilles jaunes tombent et le vent souffle à travers la fenêtre alors que s’approche le froid. Ma ville natale est fascinante et riche d’activités artistiques et culturelles. Le COVID-19 débarquant, la ville est soudainement devenue plus calme que jamais.

Pendant la distanciation sociale, la capitale avait des allures de ville fantôme. Quelques rares Hanoïens, des jeunes et des moins jeunes, pratiquaient leur sport sur les rives du lac Hoàn Kiêm. Les allées fleuries jouxtant le lac, là où d’habitude les gens se reposent sur les bancs après avoir marché, étaient vides. Tous les événements artistiques et culturels prévus avaient été annulés. On ne voyait plus un enfant s’amuser, on ne ressentait plus l’ambiance heureuse de la zone piétonne chaque week-end. Jamais la capitale ne m’avait parue aussi vide.

Je n’aurais jamais pu penser qu’un jour, tous les commerces des rues emblématiques seraient fermés suite à l’application des mesures de prévention. Mon amie, photographe, avec laquelle je me promenais dans le Vieux quartier, était aussi surprise que moi. "Je me souviens des odeurs qui se dégageaient des cuisines de rue. Elles me faisaient toujours venir l’eau à la bouche", a-t-elle répété.

La rue Ta Hiên pendant la distanciation sociale. 
Photo : CTV/CVN

La rue Ta Hiên, surnommée "rue des Occidentaux" ou "la rue qui ne dort jamais", avait cédé son dynamisme à une paix temporaire. Les restaurants, les bars et les salons de karaoké autrefois bondés avaient baissé leurs rideaux. "Le retour à la normale n’est pas si lointain3, m’a fait observer le propriétaire d’un magasin situé près de cette rue. "J’ai hâte de revoir les jeunes vietnamiens et les touristes étrangers bavarder de nouveau et rire joyeusement", a-t-il ajouté.

Cette distanciation sociale m’a fait vivre des "premières fois". C’est en effet la première fois que je suivais des cours en ligne pendant tout un semestre. Je n’avais jamais entendu aussi clairement les oiseaux chanter et le vent souffler dans cette ville si active et parfois bruyante qu’est notre capitale. J’ai pu admirer la beauté de Hanoï tranquillement à travers mes fenêtres sans me soucier du bruit des voitures, des motos ou des scooters. C’était aussi la première fois que j’ai eu des vacances aussi longues. 

La situation est désormais sous contrôle mais le calme de Hanoï me manque. Le calme d’hier a cédé place à la frénésie. En dehors de la fête du Nouvel An et des journées nationales, c’était la première fois que la paix régnait dans la capitale millénaire et dans les autres villes de ce pays à la forme d’un S.

Plus de classes en ligne ni de télétravail, les habitants de Hanoï ont repris le cours de leur vie laissé en suspens pendant presque un mois. Hanoï la discrète n’est plus, et il faudra attendre très longtemps avant de retrouver une telle paix et tranquillité.

NGUYÊN TRÂN TRANG LINH/CVN
(Concours "Jeunes Reporters Francophones 2020") 
 
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