24/11/2019 08:33
Pour être digne de sa reconnaissance en tant que ville créative de l’UNESCO, Hanoï devra continuellement mettre en valeur ses potentialités au service du développement durable. Entretien avec le DBùi Hoài Son, directeur de l’Institut national de la culture et des arts.
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Hanoï vient de devenir membre du Réseau des villes créatives de l’UNESCO. Que pensez-vous de cette reconnaissance ?
 
La nomination des villes créatives est une grande stratégie de l’UNESCO pour la mise en œuvre de son Agenda 2030 sur la réalisation des Objectifs de développement durable. Dans sa Convention 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, cet organe onusien a pris l’initiative de créer un réseau des villes créatives reconnu par elle-même. Fin octobre, elle   a reconnu 66 villes supplémentaires, dont Hanoï. Au total, ce sont 246 villes dans le monde qui ont été distinguées. En Asie du Sud-Est, Hanoï est la première ville et capitale, après Singapour, à obtenir ce titre. C’est un grand honneur pour nous.

Dans le dossier de candidature pour cette reconnaissance, élaboré par le Service municipal de la culture et des sports à l’aide de l’Institut national de la culture et des arts, Hanoï a opté pour le domaine "Design". Pourquoi ce choix ?

Il existe de nombreuses approches pour mettre en œuvre des activités créatives. Pour l’UNESCO, le Réseau des villes créatives couvre sept domaines créatifs : artisanat et arts populaires, arts numériques, cinéma, design, gastronomie, littérature, et musique. Hanoï possède de nombreux atouts pour montrer sa créativité dans la gastronomie, l’artisanat, l’art... Mais, les autorités municipales ont opté pour le domaine "Design". À mon avis, il s’agit d’un choix stratégique. Le champ du design peut couvrir largement d’autres domaines, notamment les arts, la gastronomie, l’artisanat, etc.

D’après vous, cette bonne nouvelle aura quelle signification pour le développement de la capitale vietnamienne, qui vient de célébrer les 20 ans de sa reconnaissance en tant que "Ville de la paix" ?
 
Pour ce 20e anniversaire de "Ville de la paix", je pense que Hanoï est en train de réévaluer sa représentation. Après ce parcours de deux décennies, il est temps qu’elle franchisse un nouveau palier. En ce moment, le monde se tourne vers une nouvelle tendance : la créativité. Ainsi, devenir membre du Réseau des villes créatives de l’UNESCO est un moteur pour que la capitale vietnamienne opère des changements stratégiques dans les années à venir.

Le pont Nhât Tân, un ouvrage apprécié pour sa conception architecturale créative.
Photo : Huy Hùng/VNA/CVN

Vos recommandations sur les tâches à accomplir pour Hanoï après cette reconnaissance en tant que ville créative ?
 
Dorénavant, toutes ses orientations de développement devront prendre en compte l’élément créatif. Lors de la mise en œuvre des projets et programmes de développement liés à l’art, la culture, la construction, l’aménagement urbain, le développement agricole et artisanal..., la ville doit intégrer un dénominateur commun : la créativité. 

Ces derniers temps, j’ai observé ses innovations dans la culture et les arts telles que l’organisation de festivals internationaux du film, du théâtre expérimental, de la musique. Hanoï a aussi déployé des efforts dans le lancement du projet de Smart City (Ville intelligente) ou d’une série d’ouvrages de construction appréciés pour leur conception créative comme le pont Nhât Tân, le musée municipal… Il s’agit d’une bonne base pour son développement dans le futur. Mais, la ville devra sensibiliser davantage sa population à l’importance des espaces créatifs pour son développement.

À partir de là, il faut renforcer le rôle de la créativité, en l’intégrant dans toutes les stratégies de développement avec des actions spécifiques. L’élément créatif doit être le facteur le plus important. Ensuite, nous devons avoir des plans spécifiques sur la base desquels les orientations de développement de la capitale seront données en vue de mobiliser les ressources et l’intérêt de la société. Je voudrais également souligner la nécessité d’investir davantage dans les activités créatives. Il faut mettre en place des politiques fiscales concrètes et des statuts juridiques pour les pôles créatifs ou apporter des supports pour que ces derniers ou les idées innovantes puissent devenir une spécificité de la capitale.
 
Après Hanoï, selon vous, quelle ville vietnamienne pourrait avoir suffisamment de potentiel pour poser sa candidature à ce titre ?
 
Nous ciblons Huê (province de Thua Thiên-Huê, Centre) comme prochaine candidate, dans l’espoir qu’elle devienne une ville créative dans le domaine de la gastronomie.

Linh Thao/CVN

 
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