08/07/2021 17:04
Quatre "mercenaires" ont été tués et deux autres arrêtés au lendemain de l'assassinat du président Jovenel Moïse, qui a choqué Haïti et la communauté internationale et menace de déstabiliser davantage un pays déjà fragile.
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Des policiers haïtiens et des médecins légistes recherchent des indices après l'assassinat du président Jovenel Moïse devant la résidence présidentielle à Port-au-Prince, le 7 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunira en urgence jeudi 8 juillet, a réclamé que les auteurs de l'assassinat "soient rapidement traduits en justice".

Aucune information n'a pour l'instant filtré sur l'identité ou les motivations des assaillants du président Moïse, tué à son domicile par un commando armé dans la nuit de mardi 6 à mercredi 7 juillet.

D'après le juge chargé de l'affaire, cité par la presse locale, sa dépouille a été retrouvée criblée de 12 balles, et son bureau et sa chambre ont été saccagés.

Selon le Premier ministre par intérim Claude Joseph, les assaillants étaient "des étrangers qui parlaient l'anglais et l'espagnol".

La police a indiqué mercredi 7 juillet soir avoir pourchassé les membres présumés du commando aussitôt après l'attaque et être toujours "engagée dans la bataille avec ces assaillants".

"Depuis cette nuit nous nous battons contre eux", a déclaré dans une allocution à la télévision le directeur général de la police nationale d'Haïti, Léon Charles.

"Quatre mercenaires ont été tués, deux ont été interceptés sous notre contrôle", a-t-il ajouté. "Trois policiers qui avaient été pris en otages ont été récupérés", a-t-il précisé.

Première dame "hors de danger" 

Plus tôt, le Premier ministre Claude Joseph avait annoncé dans un discours en créole avoir décidé de "déclarer l'état de siège dans tout le pays", octroyant des pouvoirs renforcés à l'exécutif pour 15 jours.

Le Premier ministre par intérim Claude Joseph.
Photo : Anadolu/VNA/CVN

Appelant la population au calme, il a promis que "les assassins paieraient pour ce qu'ils ont fait devant la justice".

L'aéroport de Port-au-Prince a été fermé, et la République dominicaine a fermé sa frontière avec Haïti.

Un deuil national de deux semaines, à partir de jeudi 8 juillet, a été proclamé.

Selon l'ambassadeur haïtien aux Etats-Unis, Bocchit Edmond, le commando était composé de mercenaires "professionnels" s'étant fait passer pour des responsables de l'agence américaine antidrogue.

L'épouse du président, Martine Moïse, blessée, a été évacuée par avion vers Miami.

"La Première dame est hors de danger, elle est soignée en Floride, et selon les informations que nous avons, sa situation est stable", a affirmé mercredi 7 juillet soir Claude Joseph à la télévision.

La fille du président, Jomarlie, se trouvait au domicile au moment de l'attaque mais s'est cachée dans une chambre à coucher, a déclaré le magistrat Carl Henry Destin au journal Le Nouvelliste.

"Le bureau et la chambre du président ont été saccagés. Nous l’avons trouvé allongé sur le dos, pantalon bleu, chemise blanche maculée de sang, la bouche ouverte, l’œil gauche crevé", a ajouté le magistrat.

L'assassinat menace de déstabiliser encore davantage le pays le plus pauvre des Amériques, déjà confronté à une double crise politique et sécuritaire.

Le département d'État américain a appelé au maintien des élections législatives et présidentielle en Haïti prévues pour le 26 septembre 2021, avec un second tour le 21 novembre.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a assuré Claude Joseph, lors d'un appel téléphonique, de l'"engagement" des Etats-Unis "à travailler avec le gouvernement d'Haïti afin de soutenir le peuple haïtien, la gouvernance démocratique, la paix et la sécurité", a indiqué son porte-parole Ned Price.

Le président américain Joe Biden a condamné un "acte odieux", et l'Union européenne s'est inquiétée d'une "spirale de violence".

AFP/VNA/CVN

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