19/07/2018 18:22
Les ministres des Finances du G20 se retrouvent ce weekend à Buenos Aires pour parler des menaces qui planent sur la croissance mondiale, en particulier les risques d'une guerre commerciale et de crise dans les pays émergents.
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La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, le 19 avril à Washington.
Photo: AFP/VNA/CVN

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a donné dès mercredi le ton de cette troisième réunion du G20 Finances sous présidence argentine, en assurant que la guerre commerciale pourrait coûter des centaines de milliards de dollars au PIB mondial dans les prochaines années.

Elle a aussi prévenu l'administration Trump que "l'économie américaine est particulièrement vulnérable parce qu'une grande part de son commerce sera sous le coup de mesures de représailles".

Contrairement au Sommet du G7 au Québec début juin, quand le président Donald Trump avait finalement retiré son soutien au communiqué élaboré avec ses alliés, la réunion de Buenos Aires devrait se conclure par la diffusion d'un texte commun, ont indiqué des sources proches des négociations.

En mars, lors de leur première rencontre de l'année à Buenos Aires, les ministres avaient accouché d'un communiqué dans lequel ils reconnaissaient sobrement que "les tensions économiques et géopolitiques" menaçaient la croissance mondiale.

Depuis, Donald Trump est passé de la parole aux actes, malgré les nombreuses mises en garde du FMI et de ses partenaires sur une guerre commerciale dont personne ne sortirait gagnant.

Le président américain a sanctionné les importations d'acier et d'aluminium de ses alliés et de la Chine, imposé des droits de douane punitifs de 25% à Pékin sur 34 milliards de dollars de produits vendus aux États-Unis et menacé de taxer les importations de voitures.

La Chine dans le collimateur

Les États-Unis ont d'ores et déjà prévenu qu'ils se rendront à Buenos Aires pour dénoncer à nouveau "l'agression économique de la Chine", pays que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin avait pointé du doigt lors de la réunion de mars, évitant de s'en prendre aux alliés de Washington comme son président.

Comme les ministres se retrouvent en Argentine, ils aborderont nécessairement la crise qui menace les pays émergents. Buenos Aires a récemment obtenu du FMI un prêt de 50 milliards de dollars afin de faire face à la dépréciation du peso, qui a chuté de 35% entre avril et juin.

"La situation de certains émergents est plus tendue, avec la hausse du dollar et la question des flux des capitaux" qui sortent de ces pays pour profiter de la hausse des taux d'intérêts américains, a reconnu auprès de l'AFP une source française.

Selon Mme Lagarde, 14 milliards de dollars ont été retirés de ces marchés entre mai et juin.

"Nous sommes dans une période où la politique monétaire de la Fed va continuer à se resserrer progressivement, peut-être un peu plus vite que ce qui était prévu", a ajouté la source française, avec le risque que les émergents soient contraints de relever eux aussi leurs taux pour freiner la dévaluation de leur monnaie, plombant du même coup leur croissance.

Dans ce contexte tendu, les ministres se pencheront également sur la question de l'endettement des pays les plus pauvres qui a connu une forte recrudescence au cours des dernières années.

"L'accent sera mis sur la question de la transparence de la dette et de la soutenabilité des financements accordés aux pays les plus pauvres", a expliqué la source française.

La question de la fiscalité sera à nouveau sur la table du G20 qui n'était pas parvenu à trouver un consensus en mars sur la taxation des géants du numérique. Cette fois-ci, il doit se prononcer sur la mise à jour des critères de l'OCDE pour évaluer la qualité de l'échange automatique d'information. Les États jugés "non conformes" ou "partiellement conformes" pourraient être identifiés sous la prochaine présidence japonaise du G20 en juin 2019.

AFP/VNA/CVN
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