15/02/2020 12:45
Jean-Marie Virat pratique la photo depuis plus de 25 ans. C’est en 2014 qu’il expose pour la première fois. Depuis, il ne s’arrête plus. Son travail sur le Vietnam est mis en valeur jusqu’au 29 février à la Galerie "Impressions", dans le 3e arrondissement de Paris, avec comme thème : "Balade vietnamienne".
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"Balade vietnamienne” de Jean-Marie Virat se compose de 55 photographies exposées dans les formats 80x120 cm pour trois d’entre elles, 37x55 cm ou 30x45 cm pour la plupart et 20x30 cm pour quelques autres. Il s’agit d’une sublime balade toute graphique, urbaine et poétique du Nord au Sud du pays. Toutes les photos ont été prises lors de deux voyages estivaux en 2017 et 2019. 

Alignement vertical de chapeaux coniques vietnamiens.
Jean-Marie Virat a tenté de réunir des photos qui évoquent l’atmosphère si particulière du Vietnam et qui font naître chez lui beaucoup d’émotions. Il a tout fait pour éviter la "photo carte postale", ce qu’il appelle la "photo de voyage", visible partout sur les réseaux sociaux ou les brochures d’agence de voyage.

Encore une fois ces images sont graphiques, rythmées et colorées. On y retrouve fréquemment les traces du temps écoulé. Parfois, des hommes, des femmes, des enfants apparaissent, ajoutant du sens à cet univers graphique.

Le photographe a également sélectionné quelques images de scènes de vie, imprimées dans de petits formats. Il veut ainsi rappeler qu’au Vietnam il y a toujours (ou presque) foule partout, ce qui est vraiment spécifique au pays. Alors, on retrouve dans cette "Balade vietnamienne" ces lignes qu’il aime tant (photos de stores, de rideaux, de fenêtres, de fils électriques, de façades…) mais aussi des photos très colorées comme cette scène de marché absolument sublime ou cette suspension à base de chapeaux coniques typiquement vietnamiens. 

Une exposition en tout point réussie et un bel hommage de plus au "pays en forme de S". Bon succès à "Balade vietnamienne" ainsi qu’à la galerie "Impressions", célèbre à Paris pour ses expositions d’artistes asiatiques ou travaillant sur l’Asie.

Un parcours très urbain

Et soudain, le couple marié illumine la photo.
Jean-Marie Virat a beaucoup pratiqué l’argentique jusqu’à la fin des années 90 avant de passer au numérique dans les années 2000. Il le fallait puisqu’à partir de 2008-2009, son activité photo a pris un rythme beaucoup plus soutenu.

Quasi autodidacte, il s’est perfectionné en suivant un cours proposé par la ville de Paris entre 1999 et 2000 et en participant à quelques stages. Trois mots résument plutôt bien le travail de cet artiste : couleur, urbain et graphique. La grande majorité de ses photos, en effet répondent à ces trois critères qui se retrouvent aussi bien dans ses photos de portrait que  de paysage.  Mais il y a aussi trois autres mots qu’il affectionne pour décrire son rapport à la photographie : ressenti, conservation et transmission.

Les photos de cet adorateur du célèbre peintre Paul Klee, son maître, sont aisément repérables. En effet, on y retrouve toujours une solide organisation graphique qui crée automatiquement une atmosphère exclusive. On peut y découvrir par ailleurs de nombreuses lignes qui structurent ses photographies et proposent un rythme et une poésie.

L’artiste a un attachement pour les grandes capitales européennes qu’il visite régulièrement (Paris, Lisbonne, Madrid), tout en ayant une affection particulière pour celles d’Asie. Ses œuvres prennent aussi leurs sources dans le travail de trois autres photographes qui ont inspiré sa carrière : Manuel Alvarez Bravo, Saul Leiter ainsi qu’Harry Gruyaert.

Des rangées de sardines.

Armé de son Canon 550D, il pratique également ce que l’on appelle de la "street", à savoir des scènes de rue. On reconnaît aussi les œuvres de Jean-Marie Virat par ce thème souvent présent : les façades de maisons, d’immeubles voire de monuments. Avec un graphisme et un cadrage méticuleux, il tente de transmettre leur poésie et leur musique.

Plus largement, il reste fasciné par tous types de surfaces planes. Ainsi, lors de son exposition "Murs mûrs" en 2016, il a essayé de parler du temps qui passe sur les murs avec une écriture géométrique, orthogonale et répétitive. En venant au Vietnam, il savait qu’il trouverait à foison ce qui fait la singularité de son travail. Tout naturellement est donc né cette expo que les Parisiens ont la chance de voir tout au long de ce mois de février. 

Texte : Hervé Fayet/CVN
Photos : Jean-Marie Virat/CVN


 

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