22/02/2017 10:44
Alors que l'épizootie de grippe aviaire n'est toujours pas stabilisée, le ministre français de l'Agriculture a finalement annoncé mardi 21 février l'abattage de 360.000 palmipèdes dans les Landes, ainsi qu'un vide sanitaire sur une zone touchant quatre départements du Sud-Ouest concentrant l'essentiel des foyers de H5N8.
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Un éleveur au milieu de ses canards, le 5 décembre 2016 à Bars, dans le Sud-Ouest de la France.
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon le plan de lutte contre l'influenza aviaire présenté mardi après-midi 21 février par Stéphane Le Foll à des éleveurs réunis à Mont-de-Marsan, 360.000 canards seront abattus "dans les 15 jours à venir" dans les Landes, premier département producteur de foie gras, et non 600.000 comme annoncé dans la matinée par le ministre.

Les 240.000 restants iront "au bout de la production", avant la mise en place d'un vide sanitaire dans "la grande zone réglementée du Gers, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées", où se concentre la majorité des cas de grippe aviaire H5N8 "d'une virulence jamais vue", a précisé le ministre.

"Comme l’année dernière, les animaux restant dans ces zones vont terminer leur cycle de production et pourront être valorisés dans la filière", précise le ministère de l'Agriculture dans un communiqué. La remise en production des palmipèdes pourrait intervenir "d'ici la fin mai" dans la grande zone réglementée.

"Les premières indemnisations des éleveurs dont les animaux ont été abattus interviendront à partir du mois de mars", a souligné M. Le Foll.

Manifestation d'agriculteurs à Mont-de-Marsan, dans le Sud-Ouest de la France, le 21 février.
Photo : AFP/VNA/CVN

À Mont-de-Marsan, il s'est entretenu avec des éleveurs, producteurs de foie gras et agents des autorités sanitaires du département, ainsi que des élus. Environ 250 éleveurs l'attendaient pour exprimer leur désarroi.

"Depuis l'année dernière, on nous a supprimé 2.400 canards. On a dû faire 60.000 euros d'investissement en biosécurité. On est dans une nouvelle crise et les indemnisations de l'an passé ne sont pas encore soldées, ça va être terrible !", se désole Benoît Cabanne, 44 ans, éleveur à Mugron, dans le sud du département.

"Il faut limiter les densités de canards et dire stop aux canards qui circulent dans tous les départements", réclame l'éleveur qui travaille en autarcie (du caneton d'un jour jusqu'aux conserves ou produit frais en vente directe). Les industriels "Delpeyrat et Labeyrie, ils pourront toujours délocaliser la production, mais nous les petits producteurs qui sommes la vitrine des Landes ?", s'interroge-t-il.

La FDSEA des Landes, branche locale du principal syndicat agricole FNSEA, s'était dite jeudi favorable à un abattage total des canards avec vide sanitaire, estimant que les mesures prises jusque là étaient "dans l'impasse".


Le Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux), s'est aussi résigné à l'abattage, mais il s'oppose à un "confinement total" systématique pour la suite, trop cher pour les petits exploitants qu'il défend.

Seule voix dissonante, celle de la Confédération paysanne, qui réclame une "gestion au plus près des foyers, visant en priorité les élevages dont la contamination est établie et épargnant les élevages autarciques", et surtout la fin de "l'industrialisation de la filière", qui favorise selon elle ce type de crise sanitaire.

Virus "très agressif"

Les Landes, qui représentent un quart de la production française de foie gras, sont à ce jour le département le plus touché par l'abattage préventif (171 communes), devant le Gers (154 communes). Au total, 463 communes ont été concernées sur l'ensemble du Sud-Ouest, selon un décompte de l'AFP d'après le Journal officiel.

Les canards d'une ferme sur le point d'être abattus, le 6 janvier à Belloc-Saint-Clamens, dans le Sud-Ouest.
Photo : AFP/VNA/CVN

Repéré fin novembre sur des oiseaux sauvages, le virus H5N8 se propage depuis dans les élevages de palmipèdes du Sud-Ouest. Au 14 février, 246 foyers infectieux avaient été recensés dans des exploitations agricoles et 28 cas dans la faune sauvage.

Dès le 4 janvier, la France a lancé une politique d'abattage massif et préventif de palmipèdes dans la zone, pour tenter d'enrayer cette épizootie, amenée au départ par les oiseaux migrateurs.

Les professionnels de la filière foie gras avaient déjà évoqué la semaine dernière un virus "très agressif", entraînant une épizootie plus difficile à éradiquer que celle provoquée l'an dernier par une autre souche d'influenza aviaire, le H5N1.

Dans les deux cas, les professionnels du foie gras ont annoncé une facture très lourde : l'influenza aviaire devrait encore coûter cette année 270 millions d'euros à la filière, mais dans une zone géographique beaucoup plus restreinte et avec un impact d'autant plus grand pour les entreprises concernées.

AFP/VNA/CVN




 

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