27/10/2013 00:44
Le ministère de l’Éducation et de la Formation vient de rendre public un projet de réforme de l'enseignement général. Cette initiative intervient alors que le système actuel est jugé archaïque et peu adapté aux évolutions.

L’enseignement suscite actuellement beaucoup de questionnements. La qualité de l’éducation reste inférieure aux attentes parentales en termes de programme et de compétences du corps professoral. Le programme scolaire met peu en avant la pratique et l’application concrète des connaissances théoriques. Les méthodes pédagogiques, de contrôle et d’évaluation sont arriérées.

Il faut mettre en place une éducation ouverte, un bon enseignement, un bon apprentissage et une bonne gestion. Photo : Manh Linh/VNA/CVN


Le système éducatif reste inflexible, les cycles d’enseignement manquent de cohérence entre eux. La gestion quant à elle présente de nombreuses lacunes, sa qualité n’est pas satisfaisante. Enfin, les critères d'attribution des enveloppes budgétaires sont inchangés depuis des années, en dépit des évolutions socio-économiques territoriales. Certaines disposent de mêmes crédits alors que leur bassin de population et leurs enjeux éducatifs sont différents.

Ces multiples faiblesses ont fait l'objet d'une étude en haut lieu, qui a abouti à l'établissement d'un projet de «Réforme de fond de l’éducation nationale dans le contexte de modernisation, d'industrialisation et de mondialisation». Le ministère de l’Éducation et de la Formation a rendu public ce projet important à la mi-septembre. Il sera déposé au Comité central du Parti communiste vietnamien en octobre.

Les faiblesses de l’éducation nationale s'expliquent par différentes raisons. D'abord, les autorités de différents échelons ne prennent pas suffisamment la mesure du rôle de l’éducation dans l’économie de marché "à orientation socialiste". Si en théorie, "l’éducation est l'un des piliers du développement", la réalité est toute autre.

Les bilans et évaluations arrivent souvent en retard, et restent parfois à l'état de brouillon. Le rôle des enseignants et des gestionnaires éducatifs n'est pas valorisé, et leurs avis pourtant professionnels sont souvent ignorés, notamment dans l'orientation. La course aux résultats passe avant les conseils des professeurs qui souhaitent diriger leurs élèves vers une filière professionnelle. Il faut obtenir un diplôme universitaire, à tout prix.

Les objectifs de la réforme

Le vice-ministre de l’Éducation et de la Formation, Nguyên Vinh Hiên, souligne que réforme de fond ne signifie pas tout refaire, mais «consolider et valoriser ce qui marche», tout en «corrigeant les erreurs et les aberrations». La réforme doit avoir des objectifs concrets et être adaptée aux évolutions de la société.

Après 2020, l’éducation de base deviendra obligatoire pour les jeunes entre 6 et 15 ans.
                                                                              Photo : Quy Trung/VNA/CVN


Dans un sens plus large, l’ensemble du projet constitue un «renouvellement de la gestion», indique le vice-ministre. "Le secteur éducatif va faire des efforts pour donner aux écoles davantage d'autonomie. Les établissements pourront prendre des initiatives et bénéficier d'une certaine liberté. Concernant les travaux d’évaluation, il faudra par la suite vérifier que les établissements respectent bien la loi et que la qualité de l’éducation est satisfaisante".

Les objectifs principaux de cette réforme à l'horizon 2030 sont les suivants : effectuer une transformation de fond de l’éducation, résoudre les faiblesses structurelles du système actuel et qui font l’objet de pressantes inquiétudes, afin que l’éducation participe pleinement au développement rapide et durable du pays. Les auteurs du projet veulent que l’éducation vietnamienne atteigne en 2030 le niveau avancé du Sud-Est asiatique, et suive la tendance mondiale en termes de programmes et de qualité. La réforme de l’éducation nationale devra permettre de faire des Vietnamiens des citoyens autonomes, créatifs, respectant les traditions familiales, disposant de toutes les connaissances et les compétences de base, et contribuant activement au progrès national. Il s'agit pour cela de mettre en place une éducation ouverte, un bon enseignement, un bon apprentissage et une bonne gestion.

Concrètement, le projet a fixé des objectifs pour chaque cycle d’enseignement. Parmi lesquels, se trouve la généralisation de l’éducation maternelle obligatoire pour les enfants de cinq ans en 2015. Les enfants de moins de cinq ans pourront aller à l’école maternelle gratuitement. Aujourd'hui, les frais d'études maternelles varient entre 60.000 et 120.000 dôngs par mois par enfant dans les écoles publiques. Après 2020, l’éducation de base deviendra obligatoire pour les jeunes entre six et 15 ans. L’enseignement supérieur se concentrera par ailleurs sur la formation du personnel de haut niveau.

Pour atteindre ces objectifs, les auteurs du projet ont avancé neuf mesures : intensifier la direction du Parti et la gestion de l’État vis-à-vis de la réforme de l’éducation ; refonder le programme éducatif (objectifs, contenus, méthodes) ; changer radicalement les méthodes d’évaluation pour assurer plus d'objectivité. D’autres mesures enfin concernent le mécanisme financier, les infrastructures, la mobilisation de la contribution de l’ensemble de la société à l’éducation des futures générations. 


Hoàng Hoa/CVN

 

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