10/12/2018 16:27
Une semaine décisive s'ouvre lundi 10 décembre pour la Première ministre britannique Theresa May, qui tentera de sauver l'accord de Brexit menacé d'être retoqué lors d'un vote historique mardi 11 décembre au Parlement, mais aussi son avenir à Downing Street.
>>May met en garde les députés, à deux jours du vote sur l'accord de Brexit
>>Theresa May lâche un peu de lest pour convaincre les députés

Avis de gros temps pour la Prmeière ministre britannique Theresa May (ici le 9 décembre à Londres). Photo: AFP/VNA/CVN

Les députés britanniques se prononceront mardi soir 11 décembre sur ce "Traité de retrait" de l'Union européenne, âprement négocié durant 17 mois avec Bruxelles, mais dont l'adoption semble très compromise en raison des multiples critiques dont il fait l'objet.

L'accord déçoit aussi bien les plus ardents "Brexiters", qui redoutent une forme d'amarrage permanent à l'UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

Après trois premiers jours de débats devant la Chambre des communes la semaine dernière, le gouvernement conservateur devrait déployer d'ultimes efforts lundi et mardi pour tenter de convaincre les députés du bien-fondé du texte, mais les chances d'y parvenir semblent bien minces.

Dimanche 9 décembre encore, des responsables de tous bords ont appelé l'exécutif à revoir sa copie, et à relancer les négociations avec Bruxelles, où se rendra Theresa May en fin de semaine pour un sommet européen.

À moins d'un changement, "nous sommes déterminés à voter contre (...), à l'instar de nombreux collègues", a d'ores et déjà prévenu Nigel Dodds, député du petit parti nord-irlandais DUP, dont le soutien est indispensable aux conservateurs pour atteindre la majorité absolue.

Négociations, élections, référendum?

Boris Johnson, rival de Theresa May et ex-ministre des Affaires étrangères, a même proposé de mettre en balance une partie de la facture de divorce dont devra s'acquitter le Royaume-Uni en quittant l'UE, évaluée entre 40 et 45 milliards d'euros, comme levier dans de nouvelles négociations.

Inquiets devant la perspective d'un échec cuisant mardi 11 décembre, plusieurs ministres ont exhorté Theresa May à reporter le vote, rapportait la publication conservatrice The Spectator.

Car un rejet du texte pourrait exposer Theresa May à une motion de censure, et in fine à de nouvelles élections législatives.

Des manifestants pro-Brexit, le 9 décembre à Londres. Photo: AFP/VNA/CVN

"Le vote aura bien lieu (mardi 11 décembre), parce c'est un bon accord, et le seul accord", a toutefois assuré dimanche le ministre du Brexit Stephen Barclay, sur la BBC, soulignant qu'une éventuelle réouverture des négociations avec l'UE n'était pas sans risque. "Les Français, les Espagnols et d'autres réclameront (eux aussi) davantage", a-t-il dit.

Anticipant un vote pour le moins compliqué, Theresa May a mis en garde contre les conséquences que pourrait avoir un rejet du traité. "Cela signifierait", a-t-elle déclaré dans le Mail on Sunday, "une grave incertitude pour le pays, avec un risque très réel de ne pas avoir de Brexit, ou de quitter l'Union européenne sans accord".

Ce maintien dans le club européen évoqué par la dirigeante pourrait découler d'un nouveau référendum sur l'UE, une hypothèse exclue à ce stade par le gouvernement mais qui gagne du terrain au Royaume-Uni, et qu'un rejet de l'accord pourrait pousser un peu plus.

Le Labour dans les starting-blocks

S'adressant plus particulièrement aux parlementaires conservateurs prêts à enterrer le traité, la Première ministre a également agité la menace de nouvelles législatives, et d'une éventuelle victoire de Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition.

Les travaillistes sont "prêts" à former un gouvernement, a assuré dimanche 9 décembre un responsable travailliste, le député Jon Trickett, sur Sky News. "Cela pourrait se produire dès mercredi matin 12 décembre, afin de commencer à relancer les négociations" avec Bruxelles, a-t-il dit.

AFP/VNA/CVN

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