15/12/2019 14:54
Le Premier ministre britannique Boris Johnson a cherché samedi 14 décembre à apaiser les divisions à l'occasion d'une tournée dans les terres arrachées jeudi 12 décembre aux travaillistes, lors de législatives l'ayant crédité d'une large majorité au Parlement.

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Le Premier ministre britannique Boris Johnson en déplacement le 14 décembre à Sedgefield, ancien bastion travailliste conquis par les conservateurs aux dernières législatives. Photo : AFP/VNA/CVN

Les conservateurs ont remporté 365 sièges (+48) sur les 650 disponibles à Westminster, grâce à la prise de circonscriptions ouvrières acquises depuis des décennies aux travaillistes, mais favorables au Brexit : comme celle de Sedgefield, fief de l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair, où s'est rendu samedi 14 décembre le Premier ministre.

"J'imagine les électeurs avec leur crayon, hésitants au dessus du bulletin de vote, avant de finalement cocher la case +Conservateurs+", a narré Boris Johnson lors d'un discours dans un club local de criquet, devant une foule de partisans et certains des députés nouvellement élus.

"Je sais que des gens ont peut-être rompu des habitudes de votes ancrées depuis des générations en votant pour nous", a-t-il ajouté, promettant à ces électeurs de "s'acquitter de la confiance" qu'ils ont placée en lui.

Selon Boris Johnson, sa victoire résulte de la "décision irréfutable, irrésistible et incontestable" des Britanniques d'enfin "réaliser le Brexit" au 31 janvier, grand mantra de sa campagne.

"Pays uni" ?

La leader des indépendantistes écossais Nicola Sturgeon avec les nouveaux députés de son parti SNP, le 14 décembre à Dundee.
Photo : AFP/VNA/CVN


Après plus de trois ans de déchirements depuis le référendum de 2016, où les Britanniques avaient voté à 52% pour une sortie de l'Union européenne, le leader conservateur joue depuis l'annonce des résultats la carte de la réunification.

"J'appelle tout le monde à tourner la page et à commencer à panser les blessures", avait-t-il déclaré la veille lors d'une courte allocution devant le 10, Downing Street, insistant sur sa volonté de se concentrer désormais sur des priorités comme la santé, la sécurité, l’éducation et les infrastructures.

Une position qui reçu l'appui samedi matin 14 décembre de Kim Leadbeater, la sœur de l'ancienne députée travailliste pro-européenne Jo Cox, assassinée une semaine avant le référendum sur le Brexit par un sympathisant néo-nazi.

"Nous devons trouver le moyen de redevenir un pays uni", a-t-elle déclaré à la BBC, voyant dans ces élections "l'opportunité d'aller de l'avant après l'une des périodes les plus toxiques et tumultueuse de notre histoire politique".

Le secrétaire général adjoint du Congrès des syndicats, Paul Nowa, a lui demandé au Premier ministre conservateur de "joindre les actes à la parole" et "de collaborer avec les syndicats, s'engager avec les travailleurs".

S'exprimant lui aussi samedi matin 14 décembre sur la BBC, M. Nowa a intimé au dirigeant conservateur de "respecter ses engagements auprès des électeurs du Nord-Est et des Midlands, qui ont peut-être pour la première fois voté pour lui", en "réalisant un Brexit qui protège l'emploi et le droit du travail".

L'appel de Boris Johnson à l'unité ne sera pas facilité par les nationalistes écossais du SNP, dont le très bon score (48 sièges, +13 par rapport à 2017) constitue selon leur leader Nicola Sturgeon un "mandat" pour un nouveau référendum sur l'avenir de l’Écosse, opposée au Brexit, après celui perdu en 2014.

"Nous avons perdu"

Le chef du Labour, Jeremy Corbyn, le 13 décembre devant son domicile dans le nord de Londres. Photo : AFP/VNA/CVN


Le scrutin de jeudi 12 décembre a par ailleurs redessiné la carte politique du Royaume-Uni et laissé les opposants au Brexit en plein desarroi.

"Nous avons perdu. Nous devons en prendre acte", a déclaré à l'antenne de Sky News Michael Heseltine, un ancien membre du gouvernement conservateur opposé au Brexit.

L'opposition travailliste s'est, elle, effondrée à 203 sièges (contre 262 auparavant), son pire score depuis 1935, plaçant sur un siège éjectable son très à gauche chef de file Jeremy Corbyn, humilié.

L'un de ses alliés proches, John McDonnell, a déclaré samedi 14 décembre qu'il se retirait également, et que le moment pourrait être venu pour toute l'équipe dirigeante de le faire.

"Nous devons avancer", a déclaré à la BBC M. McDonnell, le porte-parole pour les Finances du Labour.

AFP/VNA/CVN



 

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