10/01/2019 08:47
Quelques jours après la diffusion d'images le montrant en train de frapper deux gendarmes à Paris lors de "l'acte VIII" des "gilets jaunes", l'ex-boxeur professionnel Christophe Dettinger devrait être jugé mercredi 9 janvier en comparution immédiate pour "violences volontaires" contre les forces de l'ordre.
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Capture d'écran d'une vidéo montrant l'ex-boxeur Christophe Dettinger s'en prenant à un gendarme sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor dans le centre de Paris, le 5 janvier. Photo: AFP/VNA/CVN

Cet homme de 37 ans originaire de l'Essonne, ancien champion de France 2007 et 2008 des lourds-légers, attendait encore vers 21h00 de comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris pour "violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Ses avocats comptaient toutefois demander un délai pour préparer sa défense et espéraient obtenir sa libération sous contrôle judiciaire, ont-ils indiqué. "Il reconnaît totalement ce qu'il a fait, il le regrette, il l'assume, il s'est constitué prisonnier", a ainsi déclaré l'un de ses conseils, Me Laurence Léger. "Il ne veut être ni un héros, ni un symbole, ni un porte-parole des +gilets jaunes+".

Christophe Dettinger s'était présenté lundi matin 7 janvier à la police, qui le recherchait depuis la diffusion de vidéos le montrant en train de frapper deux gendarmes sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor samedi 5 janvier lors d'une nouvelle manifestation de "gilets jaunes". Devant la salle d'audience, les avocats des deux gendarmes ont dénoncé des "violences graves, méthodiques, froides, réitérées". "Les violences sont allées à la limite de l'intention homicide", ont affirmé Mes Thibault de Montbrial et Émélie Samson, ajoutant que leurs clients attendaient "que la justice vienne rappeler qu'il y a une ligne rouge".

Dans une vidéo enregistrée dimanche 6 janvier et postée lundi 7 janvier sur YouTube, l'ancien champion de boxe, connu de la justice pour un vol avec arme en 2000, a admis avoir "mal réagi", tout en affirmant s'être "défendu" face aux violences policières. "J'ai vu la répression. J'ai vu la police gazer, la police faire mal à des gens avec des flashballs", a justifié l'ancien boxeur désormais agent technique dans une commune de l'Essonne. Puis devant les enquêteurs cette fois, il s'est excusé pour son comportement, selon une source proche du dossier.

Dimanche 6 janvier, une perquisition avait été menée à son domicile à proximité de Massy (Essonne), mais il était absent lors de l'arrivée des fonctionnaires. Les enquêteurs avaient retrouvé les vêtements visibles sur les images ainsi qu’un fusil de chasse. La découverte de cette arme de catégorie D1, en acquisition libre, a conduit le parquet d'Evry à ouvrir une enquête, confiée à la gendarmerie.

"Défendre une femme"

Samedi 5 janvier, lors de "l'acte VIII" des "gilets jaunes" dans la capitale, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre avaient éclaté sur la passerelle qui relie les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries. La séquence d'une grande violence a été filmée dans des vidéos qui ont fait le tour des réseaux sociaux et des médias. Sur l'une d'elles, on voit un gendarme à terre, entouré de manifestants et frappé par l'un d'eux portant un manteau et un bonnet noir, identifié par la suite comme Christophe Dettinger. Ce gendarme s'est vu prescrire 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT) et a porté plainte dimanche 6 janvier, selon la gendarmerie.

Un autre gendarme attaqué par le même homme derrière son bouclier a eu quant à lui 2 jours d'ITT et a également porté plainte. Devant les enquêteurs, le trentenaire père de trois enfants a affirmé avoir voulu protéger une femme des forces de l'ordre puis s'être emporté, selon une source proche du dossier. "Il n'a pas tapé les forces de l'ordre pour taper l'uniforme. Il a tapé les forces de l'ordre parce qu'il a vu cette femme en difficulté", a affirmé son avocate Me Léger.

Cette femme a corroboré ces déclarations devant les enquêteurs mais la séquence n'est visible sur aucune vidéo. Contacté par l'AFP, son avocat a indiqué qu'elle allait porter plainte. Ouverte en soutien à l'ancien boxeur, une cagnotte a connu un vif succès en rassemblant plus de 117.000 euros, avant d'être fermée mardi par la plateforme de dons en ligne Leetchi, devant les critiques du gouvernement et de syndicats policiers. Une cagnotte concurrente en "soutien aux forces de l'ordre" a aussi été ouverte.

AFP/VNA/CVN

 
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