06/12/2018 16:50
Face à la fronde des "gilets jaunes", qui menacent de réinvestir Paris samedi 8 décembre malgré des concessions du gouvernement, la présidence française a dit craindre "une très grande violence" et a appelé au calme.
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Un homme jette une pierre près d'un véhicule en feu lors d'une manifestation des "gilets jaunes" contre la politique du gouvernement, le 1er décembre à Paris.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Nous avons des raisons de redouter une très grande violence", a fait savoir mercredi soir 5 décembre la présidence à l'AFP, tandis que se multiplient les appels à une nouvelle mobilisation des contestataires partout en France.

Le président Emmanuel Macron a demandé mercredi 5 décembre aux responsables politiques et syndicaux de lancer un "appel au calme".

L'inquiétude des autorités françaises était palpable face à la perspective d'une nouvelle journée de violences au coeur de la capitale, encore sous le choc des scènes d'émeute vécues samedi dernier 1er décembre.

Quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées en marge des manifestations contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, déclenchées le 17 novembre. Et la colère s'étend désormais aux lycéens, aux agriculteurs et aux étudiants.

"Le président de la République a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, rapportant les propos du président français pendant le Conseil des ministres.

Pour le porte-parole, cet appel s'adresse à "ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme (...) inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront".

"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité", a pour sa part dit le Premier ministre Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale.

Il a aussi affirmé que le gouvernement serait "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs".

Pour tenter d'apaiser la "colère jaune", l'exécutif a tenté un geste fort mercredi soir 5 décembre, en renonçant pour l'an prochain aux augmentations de taxes sur les carburants.

Ces hausses à l'origine prévues pour le 1er janvier sont "annulées pour l'année 2019", a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Le gouvernement avait auparavant annoncé une simple suspension des hausses de taxes, un premier recul pour Emmanuel Macron qui, depuis le début de son mandat en mai 2017, s'était fait fort de ne pas céder à la rue. Mais cette première concession n'avait pas convaincu la majorité des manifestants qui multiplient blocages et rassemblements parfois violents depuis trois semaines dans tout le pays.

La contestation a gagné les lycéens, qui protestent notamment contre la réforme du baccalauréat. Au lendemain de heurts parfois violents, le fonctionnement de plusieurs dizaines de lycées restait perturbé mercredi et des syndicats lycéens appelaient à une mobilisation générale à partir de jeudi 6 décembre. Certains étudiants commençaient à rejoindre le mouvement.

"Les circonstances actuelles dans notre pays font que la violence est en train d'envahir les débats et de faire en sorte que nos lycéens soient mêlés à des contextes dangereux", a averti mercredi soir 5 décembre le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer.

Les agriculteurs ont quant à eux annoncé qu'ils manifesteraient la semaine prochaine.

AFP/VNA/CVN

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