14/01/2019 00:29
Au lendemain d'un neuvième samedi 12 janvier de manifestations des "gilets jaunes" marqué par un regain de mobilisation, l'exécutif va avancer ses pions avec la publication lundi 14 janvier d'une lettre d'Emmanuel Macron pour inciter les Français à participer au grand débat lancé mardi et en fixer les enjeux.

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Des "gilets jaunes" manifestent à La Rochelle, le 12 janvier.
Photo: AFP/VNA/CVN


Après deux mois de crise, "le président de la République va trouver les mots, j'en suis certain, pour faire en sorte que le dialogue puisse se renouer" lors de ce débat, "inédit dans l'histoire française", a affirmé dimanche 13 janvier le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau.

Les "gilets jaunes" ont montré leur détermination samedi en défilant plus nombreux - 84.000 dans toute la France contre 50.000 la semaine précédente, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur. Dimanche 13 janvier encore, quelque 200 femmes "gilets jaunes" ont défilé à Toulouse, 300 au Mans, pour dénoncer les violences ou appeler à la "démission de Macron".

Ce neuvième acte a été marqué par 167 interpellations rien qu'à Paris - 111 encore en garde à vue dimanche 13 janvier - mais au final moins de violences que redouté par les autorités. "La responsabilité l'a emporté sur la tentation de l'affrontement", a salué le ministre Christophe Castaner.

Le grand débat national de deux mois promis par Emmanuel Macron en décembre, vient en complément de mesures sur le pouvoir d'achat (augmentation de 100 euros net pour les salariés autour du Smic, CSG des retraités...).

Le chef de l'
État va inviter, dans une lettre, les Français à saisir l'opportunité de dialoguer, avant de se rendre mardi dans une petite commune de l'Eure, Grand Bourgtheroulde, aux côtés de 600 maires et élus de Normandie.

Quatre thèmes sont sur la table : pouvoir d'achat, fiscalité, démocratie et environnement. Est exclue toute remise en cause de l'IVG, la peine de mort et le mariage pour tous.

Mais le débat est déjà contesté. Samedi dans le cortège strasbourgeois des "gilets jaunes", Jean-Jacques, 59 ans, jugeait ainsi que "le débat, c'est dans la rue, pas dans une salle ou sur internet".

"Enfumage" 

Tous les partis ne sont pas prêts à y contribuer non plus. "C'est un enfumage pour un enterrement" de la contestation, selon Danielle Simonnet, oratrice nationale LFI. "Ce n'est pas à la hauteur des enjeux" et l'exécutif cherche à "gagner du temps", critique aussi sur Cnews Wallerand de Saint Just (RN). Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, rejette également ce débat, "foutaise intégrale".

 

Des "gilets jaunes" rassemblés au pied de l'Arc de Triomphe, le 12 janvier à Paris. Photo: AFP/VNA/CVN


À l'inverse, Les Républicains vont "essayer d'apporter (leur) soutien à cette consultation" car "nous voulons sortir du chaos", a déclaré le porte-parole Laurence Saillet, tout en émettant "des doutes quant à la méthode".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, l'assure: "L'idée c'est d'aller partout, dans tous les interstices des territoires et de la République et de n'oublier personne".

"Pour que les gens viennent, il faut qu'il y ait de l'ordre. Et moins de haine", prévient un ministre, selon qui la missive du chef de l'
État devra donner "un cadre sans donner l'impression d'enfermer".

"Il y a une vraie prise de conscience, rien ne sera pareil après ce grand débat, il doit nous obliger", dit le secrétaire d'
État Mounir Mahjoubi.

"L'enjeu est que la lettre montre que le débat peut être utile, peut servir à quelque chose", ajoute un proche du chef de l'
État.

"Pour la société française", le débat "peut être très important, et bénéfique, même si beaucoup vont essayer de l'entraver", a considéré le patron du MoDem François Bayrou, samedi dans La République des Pyrénées.

Les modalités de cette consultation doivent être précisées lundi 14 janvier par le Premier ministre Édouard Philippe. Le pilotage reste encore à définir, après la défection cette semaine de la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, à la suite d'une polémique sur sa rémunération.

Un "comité de garants" pourrait être installé, possiblement chapeauté par une personnalité comme le Défenseur des droits et ancien ministre Jacques Toubon ou le Haut Commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye.


AFP/VNA/CVN

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