04/04/2020 11:25
En voyage au Vietnam, l’auteur-compositeur, interprète polyglotte et artiste polyvalent Gérard Addat a donné une série d’interviews à des chaînes de télévision et de radio. L’occasion de revenir sur le parcours de cet eurasien au grand cœur.
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Gérard Addat lors d’une interview accordée à la radio de Hô Chi Minh-Ville, VOH.

Né à Saïgon (ancien nom de Hô Chi Minh-Ville) d’un père français et d’une mère vietnamienne, Gérard Addat a toujours eu une grande passion pour la chanson. Il émerveillait ses copains d’écoles et les membres de sa famille dans les spectacles de fin d’année.

Son enfance et le début de son adolescence n’ont été que douceur et tendre insouciance. Il n’oubliera jamais ses souvenirs dans le quartier de Da Kao et encore moins ceux de Cho Lon, deux quartiers toujours dynamiques de la mégapole du Sud.

Une séparation douloureuse

Il se souvient des séances de cinéma, de ses promenades autour de la cathédrale Notre-Dame et de son école, l’Institut Taberd, un établissement doté d’une solide réputation. Tous ces endroits, il les a tellement dans la peau qu’il les a retranscrits dans ses chansons qui font son succès aujourd’hui.

Pourtant, avant de pouvoir se faire connaître du grand public, sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. En effet, Gérard Addat fait partie de ceux qu’on appelle "les déracinés", tous ces jeunes qui ont été rapatriés en France lors de l’indépendance du Vietnam.

À son arrivée en France, l’artiste perdit la trace de son père et fut séparé de son frère. Il comprit aussi très vite les différences entre le Vietnam et la France, en termes de températures dans un premier temps. Même si à cette époque, tout le monde arrivait à Marseille, le choc thermique fut douloureux.

Gérard Addat interprète sa chanson "Vietnam".

Passant de foyer en foyer, découvrant concrètement la France entre Marseille, Vouvray ou Tours, Gérard eut vraiment beaucoup de peine à s’habituer à sa nouvelle vie loin de l’Asie.

Ce furent les langues étrangères et la chanson qui le sauvèrent. Dès son plus jeune âge au Vietnam, il avait l’habitude de jongler avec les langues. Un avantage bénéfique pour lui puisqu’il s’installa en Angleterre pendant 13 ans.

C’est à Londres qu’il entama sa carrière de chanteur et qu’il put croiser de grandes personnalités du milieu artistique et culturel. Il se perfectionna également en espagnol et en portugais, comprenant vite qu’il pourrait toucher un plus large public.

De retour en France et au Vietnam 

À son retour en France, Gérard tissa des liens très étroits avec les nombreuses associations d’amitié franco-vietnamienne et les membres de la diaspora. Aussi, il retrouva son père à l’issue d’années de recherche. C’est ainsi qu’il décida d’aider les rapatriés du Vietnam à renouer avec leurs proches en lançant, dans les médias du monde entier, des avis de recherche. C’est ce qu’il fit notamment au Vietnam lors de l’une de ses premières émissions sur la chaîne de télévision VTV4.

Désormais, c’est devenu un rituel puisque chaque année, Gérard, aujourd’hui établi dans l’Allier, à Montluçon (Centre de la France), s’envole pour le Vietnam. Il vient y promouvoir ses nouvelles chansons telles que Mes souvenirs de Saïgon, Une ville lointaine (Da Kao Saïgon) ou encore Hô Chi Minh-Ville.

Il y tourne aussi des vidéos où il a l’occasion d’inviter de nombreux jeunes qui adorent la danse et les nouvelles mélodies. Ses chansons font d’ailleurs de jolis résultats en termes de vues sur YouTube comme celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=MFnrQAKP73U

Il adore également reprendre les plus belles chansons du répertoire vietnamien. C’est le cas de Dèn khuya qu’il interprète en vietnamien, avec quelques paroles en français, grâce à l’autorisation du compositeur Lam Phuong.

Récemment, il l’a interprétée avec fierté au grand gala organisé en son honneur, à la Maison de la mutualité à Paris, en présence de grandes vedettes vietnamiennes venues spécialement du Vietnam et des États-Unis. 

Depuis quelques années, Gérard a en tête de monter une comédie musicale basée sur son histoire et celle de ses camarades.

Et puis, il y a ses deux enfants qui sont ses plus fidèles soutiens. Ce sont eux qui, à leur tour, reprendront le flambeau pour mieux faire connaître le Vietnam et les chansons pleines de poésie et d’insouciance de leur père.
 
Texte : Hervé Fayet/CVN
Photos : Gérard Addat /CVN
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