30/03/2022 21:46
L'Allemagne a activé mercredi 30 mars le premier niveau de son plan d'urgence pour garantir l'approvisionnement en gaz naturel face à la menace d'un arrêt des livraisons russes, a annoncé le ministre de l'Économie.
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Un brûleur au gaz, le 27 janvier 2021 à Quimper.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Une cellule de crise est maintenant mise en place au sein du ministère", alors que les pays du G7 ont officiellement rejeté la demande russe d'un paiement en roubles des contrats gaziers, a expliqué Robert Habeck lors d'une conférence de presse.

Ce plan d'urgence comprend trois niveaux d'alerte et à ce stade, "la sécurité de l'approvisionnement" en gaz est garantie en Allemagne et les réserves remplies à 25%, a-t-il précisé.

"Le gaz et le pétrole arrivent actuellement conformément aux commandes" et "la mesure prise aujourd'hui relève de la prévention", a détaillé M. Habeck, observant que l'Allemagne "pourra faire face" aux "graves conséquences" d'un arrêt des livraisons.

Au premier niveau dit "d'alerte précoce", les fournisseurs de gaz et les exploitants des gazoducs sont "tenus d'évaluer régulièrement la situation" et d'en informer le gouvernement, a précisé le ministère. Mais l'État n'intervient pas encore.

Ce n'est qu'au troisième niveau que l'État prendrait des mesures pour "réguler" la distribution et définir les volumes affectés en priorité à chaque secteur.

En cas de pénurie, un statut d'exception est prévu pour les ménages et certains acteurs essentiels (services publics, hôpitaux, etc.) et leur approvisionnement, notamment pour le chauffage, est sanctuarisé. Les entreprises en revanche peuvent subir un rationnement.

Le Kremlin a insisté mardi 29 mars sur le paiement en roubles du gaz russe livré à l'Europe, rejetant les critiques du G7 qui avait qualifié d'inacceptable la demande.

Jeudi 31 mars, le gouvernement russe, la Banque centrale et le géant gazier russe Gazprom doivent présenter à Vladimir Poutine un rapport sur la mise en place du système de paiement en rouble.

"Nous n'allons pas accepter de violation des contrats de livraison", a réitéré mercredi 30 mars Robert Habeck.

Dépendance allemande

Berlin, qui se fournissait avant la crise à plus de 55% auprès de la Russie, a déjà réduit cette part à 40% et multiplie les démarches pour trouver d'autres fournisseurs. L'Allemagne n'envisage pas pouvoir se passer de gaz russe avant mi-2024.

Le ministre de l'Économie allemand, Robert Habeck lors d'une conférence de presse le 28 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le gouvernement allemand va notamment accélérer la construction de terminaux GNL en vue d'importer du gaz liquéfié.

Mais renoncer aux livraisons de gaz ou de pétrole en provenance de la Russie "du jour au lendemain" reviendrait à "plonger notre pays et toute l'Europe dans la récession", avait averti le chancelier allemand Olaf Scholz la semaine dernière.

"Des centaines de milliers d'emplois seraient menacés. Des secteurs industriels entiers seraient en difficulté", avait-il mis en garde face aux appels à un embargo sur les importations énergétiques russes.

La fédération du commerce extérieur BGA craint également de "graves perturbations" en cas d'arrêt immédiat des livraisons, a indiqué son président Dirk Jandura mercredi 30 mars au journal Rheinische Post.

"Un arrêt des livraisons ne peut pas être compensé à court terme", a-t-il mis en garde.

En vue de l'hiver prochain, une loi votée vendredi 25 mars oblige désormais les fournisseur de gaz à remplir leurs réservoirs progressivement jusqu'à 90% d'ici décembre pour assurer l'approvisionnement.
 
AFP/VNA/CVN

 
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