23/01/2017 16:10
Le nouveau président gambien Adama Barrow, réfugié à Dakar, rentrera "dès que possible dans son pays" où s'est déployée dimanche 22 janvier une mission militaire ouest-africaine pour "sécuriser" le territoire, au lendemain de l'exil de son prédécesseur Yahya Jammeh, accusé d'avoir vidé les caisses.
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Adama Barrow (au mirco) lors de son investiture comme président de Gambie, le 19 janvier à l'ambassade de Gambie à Dakar, au Sénégal.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les développements interviennent après six semaines de crise politique grave née du refus de M. Jammeh, battu à l'élection présidentielle de décembre, de céder la place à M. Barrow, contraint de prêter serment jeudi 19 janvier à l'ambassade gambienne à Dakar.

Sous d'intenses pressions diplomatiques, notamment de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays), l'ex-président gambien a finalement accepté de se retirer, après 22 ans de pouvoir, et s'est envolé de Banjul pour Conakry samedi soir 21 janvier.

Selon des sources officielles guinéennes et la Cédéao, il a ensuite pris un autre avion pour la Guinée équatoriale, pays dont les autorités étaient cependant encore silencieuses dimanche soir sur sa présence sur leur sol, alors que le principal parti de l'opposition, la CPDS, a dénoncé la décision d'accueillir "l'ex-dictateur de Gambie".

Adama Barrow, à Dakar depuis la mi-janvier, souhaite rentrer "dès que possible", mais "la sécurité en Gambie est encore fragile", a déclaré dimanche 22 janvier son conseiller Mai Fatty lors d'une conférence de presse à Dakar.

"Les caisses sont vides"

Dans une déclaration lue en son nom par M. Fatty, Adama Barrow a souhaité "que les forces de la Micega (la Mission de la Cedeao en Gambie) restent en Gambie jusqu'à ce que la situation générale sur le plan de la sécurité y ait été globalement rétablie".

La foule en Gambie acceuille les troupes de la force Misega, le 22 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN 

L'opération durera jusqu'à ce "que les conditions de l'exercice effectif" du pouvoir de M. Barrow "soient réunies", avait déjà assuré le général François Ndiaye, commandant de la Micega.

M. Fatty a par ailleurs accusé l'ex-président Jammeh d'avoir vidé les caisses de l'État avant son départ. "Au moment où nous prenons en main le gouvernement, la Gambie est en détresse financière", a-t-il affirmé. "Les caisses sont pratiquement vides", a-t-il dit.

Selon lui, "en l'espace de deux semaines 500 millions de dalasi (environ 10,7 millions d'euros) ont été retirés" par Yahya Jammeh.

Depuis l'éclatement, le 9 décembre, de la crise politique gambienne, de multiples initiatives avaient été prises pour que Jammeh cède la place.

Des troupes de la Micega avaient ainsi pénétré en territoire gambien dès jeudi après-midi 19 janvier, après la prestation de serment de M. Barrow à Dakar, mais elles avaient rapidement suspendu leur progression pour laisser agir la diplomatie, selon la Cédéao, qui comptait alors mobiliser jusqu'à 7.000 hommes de cinq pays.

Les derniers efforts menés vendredi 20 janvier par la Guinée (membre de la Cédéao) et la Mauritanie (non membre de la Cédéao), ont donc finalement abouti.

Dans une déclaration commune, la Cédéao, l'Union africaine (UA) et l'ONU ont annoncé garantir les droits de M. Jammeh, y compris à revenir dans son pays, saluant sa "bonne volonté" pour parvenir à un dénouement pacifique de la crise.

Dimanche 22 janvier, un haut responsable mauritanien a cependant indiqué que Nouakchott avait, en qualité de médiateur, dénoncé auprès de la Cédéao, de l'UA et de l'ONU l'entrée de "forces étrangères" en territoire gambien. De même source, il s'agirait d'une "violation des termes de l'accord" ayant permis le départ en exil de M. Jammeh.

Selon ce responsable mauritanien, la Mauritanie "a été saisie" par des autorités gambiennes, notamment le président du Parlement et le secrétaire général de la présidence.
 
AFP/VNA/CVN
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