14/04/2018 23:48
Les partis d'opposition britanniques et plusieurs ONG ont condamné samedi 14 avril la décision de Theresa May de mener des frappes aériennes en Syrie sans consulter le Parlement, rompant ainsi avec un usage en vigueur depuis l'intervention en Irak en 2003, qui a laissé de profonds stigmates dans le pays.
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La Première ministre britannique Theresa May lors d'une conférence de presse à Londres, le 14 avril 2018.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Le Royaume-Uni devrait jouer un rôle de leader dans la recherche d'un cessez-le-feu dans ce conflit, et non recevoir des instructions de Washington pour mettre les soldats britanniques en danger", a réagi le leader de l'opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, après l'annonce des frappes menées par l'aviation britannique contre un complexe militaire près de Homs.

Le fondement de l'action de la Royal Air Force, qui a mobilisé quatre avions de combat pour tirer des missiles Storm Shadow, est selon M. Corbyn "légalement discutable", et la Première ministre conservatrice Theresa May aurait dû "chercher l'approbation du Parlement".

Formellement, Theresa May avait le pouvoir d'engager son pays dans une action militaire sans consulter le Parlement. Mais depuis l'engagement britannique en Irak, décidé en 2003, une pratique s'est établie, consistant à soumettre les opérations militaires à l'étranger à un débat et un vote des députés. Mme May a annoncé samedi 14 avril qu'elle s'exprimerait devant le Parlement lundi 16 avril.

Le pays reste hanté par le déploiement très controversé de troupes en Irak en 2003, aux côtés des Américains, au motif de la présence d'armes de destruction massive qui n'ont finalement jamais été trouvées. Cette opération, dans laquelle 179 soldats britanniques ont trouvé la mort, a instillé un profond sentiment de méfiance sur la pertinence des interventions militaires à l'étranger.

Refus d'intervention en 2013

"Les bombes ne sauveront pas de vie et n'apporteront pas la paix", a martelé M. Corbyn, un pacifiste convaincu. Et l'intervention militaire rend plus hypothétique la possibilité de déterminer les responsabilités des crimes de guerre en Syrie, a-t-il dit.

Les formations d'opposition partagent largement ces critiques, ainsi que des acteurs de la société civile. "Marcher dans le sillage d'un président américain imprévisible ne peut remplacer un mandat de la Chambre des Communes", a tancé le leader du Parti libéral-démocrate (centre), Vince Cable, rejoint sur ce point par Stewart McDonald, un porte-parole du Parti nationaliste écossais, troisième force politique au Parlement britannique.

"La Première ministre aurait pu et aurait dû rappeler le Parlement cette semaine", a jugé Vince Cable.

Au sein du Parti conservateur en revanche, les députés ont exprimé leur soutien au gouvernement, Tom Tugendhat saluant par exemple la décision "juste", bien que "triste", de la Première ministre.

Le journaliste de la chaîne ITV Robert Peston a jugé "grave et inquiétant" d'observer "un tel fossé" entre le gouvernement et l'opposition sur le bien-fondé de l'intervention militaire.

En 2014 puis en 2015, les députés avaient donné leur feu vert à la participation à des raids de la coalition internationale menée par les États-Unis contre le groupe jihadiste État islamique en Irak et en Syrie, et qui ont abouti à plus de 1.700 frappes aériennes. Le Parlement s'était cependant opposé en 2013 à une action militaire contre le régime de Bachar al-Assad.
 
AFP/VNA/CVN
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