12/10/2018 22:32
L'élection de Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie, vendredi 12 octobre à Erevan, offre un succès diplomatique éclatant au Rwanda, qui concrétise ainsi ses efforts, constants ces dernières années, en vue d'accroître son influence en Afrique et dans le monde.
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La ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, le 1er juillet à Nouakchott. Photo: AFP/VNA/CVN

La ministre des Affaires étrangères du Rwanda, 57 ans, a été préférée à la sortante, la Canadienne Michaëlle Jean, pour diriger l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), malgré l'image controversée de son pays en termes de défense des droits de l'Homme.

Mme Mushikiwabo, qui a visité de nombreux pays pour défendre son bilan personnel et l'image de son pays, a bénéficié du soutien des pays africains mais aussi de celui de la France.

Son élection est une victoire personnelle pour le chef de l'État rwandais Paul Kagame, qui a imposé son choix à ses pairs africains, et pour le président français Emmanuel Macron, qui espère favoriser un rapprochement avec ce petit pays d'Afrique des Grands lacs.

La candidature de Mme Mushikiwabo a pris par surprise la Francophonie. Le Rwanda avait donné l'impression de s'éloigner de la France en remplaçant en 2008 le français par l'anglais comme langue d'enseignement obligatoire à l'école, puis en rejoignant le Commonwealth en 2009.

''Nouveau chapitre''

Le Rwanda voit un avantage évident à appartenir aux espaces francophones et anglophones. "Cela représente un nouveau chapitre pour les relations entre le Rwanda et la France", estime Buchanan Ismael, un professeur en Sciences politiques à l'Université du Rwanda.

Pour Elissa Jobson, de l'International Crisis Group (ICG), "chercher le leadership de la Francophonie s'inscrit clairement dans le cadre de l'objectif rwandais de jouer un rôle continental et mondial plus important".

M. Kagame est depuis longtemps une voix qui porte en Afrique. Crédité du spectaculaire développement économique du Rwanda.

L'Union africaine (UA) lui a confié le projet de réforme institutionnelle de l'organisation censé lui permettre de devenir financièrement autonome. Mais la présence internationale du Rwanda ne se limite pas à son chef d'État et à Mme Mushikiwabo.

L'ancien ministre rwandais des Finances, Donald Kaberuka, a dirigé entre 2005 et 2015 la Banque africaine de développement (BAD). L'ancienne ministre de l'Agriculture, Agnes Kalibata, préside l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA).

Le Rwanda fait également campagne pour devenir le premier pays africain à intégrer l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un très select club des économies les plus riches de la planète.

En complément, il cherche à devenir un centre régional de conférences internationales. Pour cela, il a investi dans des hôtels haut de gamme, ce qui lui a notamment permis d'accueillir en mars l'Assemblée générale de l'UA rassemblant 50 chefs d'État africains.

"Je suis très fière que mon pays soit très présent à travers le monde et pas seulement sur le continent (africain)", avait confié Mme Mushikiwabo à l'AFP, ajoutant: "On était déjà là mais on est passé à un niveau, à une vitesse supérieurs" ces dernières années.

AFP/VNA/CVN

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