24/10/2018 08:53
Les forces de l'ordre évacuaient mardi 23 octobre le campement de Grande-Synthe (Nord), près de Dunkerque, où vivent quelque 1.800 personnes, la 6e opération de ce type en cinq mois.
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Des migrants emportent leurs affaires lors d'une opération d'évacuation du camp de Grande-Synthe par des policiers, le 23 octobre. Photo: AFP/VNA/CVN

Des centaines de policiers et gendarmes se sont déployés sur le campement du Puythouck, un ensemble de lacs et de petits bois régulièrement occupé par les migrants, en grande majorité des Kurdes irakiens.

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui a assuré dimanche 21 octobre vouloir "mettre fin" à la situation, est attendu sur place en fin d'après-midi. "Plus de 1.800 personnes seront prises en charge et mises à l'abri dans des structures d'hébergement réparties dans l'ensemble de la région des Hauts-de-France et des régions périphériques", a annoncé la préfecture du Nord dans un communiqué.

L'opération vise notamment à "enrayer les trafics d'êtres humains dans ces campements où les filières de passeurs sont actives", ajoute-t-elle.

Des migrants, parmi lesquels de nombreuses familles, ont rassemblé leurs affaires dans le calme, sac sur le dos, tandis que des policiers et des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) leur expliquaient la marche à suivre, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des tentes vides et des vêtements jonchent le sol de la zone.

Une quarantaine de bus ont été mobilisés et plus de 600 personnes avaient été évacuées à la mi-journée, a indiqué la préfecture. Une évacuation du même type avait déjà eu lieu le 28 septembre. Environ 400 à 500 personnes étaient alors montées dans des bus à destination de plusieurs centres d'accueil des Hauts-de-France. Le 6 septembre, les autorités avaient également procédé à une "mise à l'abri" de 539 personnes se trouvant dans un campement insalubre à proximité de la gare de triage.

"Nécessaire"

"On ne pouvait plus continuer comme ça. Tout le monde demandait cette évacuation depuis des semaines", a déclaré à l'AFP le maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême.

"La mise à l'abri est nécessaire mais on sait très bien que certains exilés vont revenir, comme à chaque fois dans ce genre de cas", a tempéré Akim Toualbia, vice-président de l'association Drop, qui faisait encore état lundi d'une "situation très tendue", avec des conditions d'hygiènes précaires.


"Les familles sont contentes de partir, certaines sont venues exprès pour être évacuées et être mises au chaud et au sec", a renchéri Claire Millot, de l'association Salam. "Si elles sont là c'est parce qu'elles veulent passer en Angleterre, mais elles veulent du répit".

Les associations, qui partagent le constat d'une constante augmentation depuis le 6 septembre, font état de "retours" de migrants depuis les centres d'accueil. "Seules 10 à 20% des personnes placées en centre d'accueil reviennent", soutient toutefois M. Carême, mais "c'est à l'État" de gérer le flux des nouvelles arrivées.

Christophe Castaner a pour sa part assuré au Journal du dimanche qu'il "mettrait fin à cette situation, quitte à ordonner des évacuations, en lien avec les collectivités locales", reconnaissant que "des passeurs tiennent 1.500 personnes dans des conditions de vie scandaleuses" à Grande-Synthe.

Par ailleurs, à une quarantaine de kilomètres de là, deux barrages formés par des migrants sur la rocade portuaire de Calais vers 03h00 du matin ont nécessité l'intervention des forces de l'ordre, selon des sources policières. Des heurts ont éclaté sans faire de blessés.

AFP/VNA/CVN

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