06/05/2018 18:56
Dans le cadre décalé d'une ancienne usine de munitions, au milieu des tags et des graffitis aux couleurs explosives, le festival engagé MAP fête ses 10 ans à Toulouse, en combinant pour la première fois la photographie à d'autres arts.
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Une exposition de photos aux Halles de la Cartoucherie de Toulouse, le 4 mai.
Photo: AFP/VNA/CVN

Pour son 10e anniversaire, le festival MAP (Mise au point) s'éveille "à d'autres mondes et prend le virage de la pluridisciplinarité", explique son fondateur Pierre Garrigues, "on s'ouvre à d'autres arts comme le graphe, la peinture, la musique, l'illustration, le théâtre". Ce grand rendez-vous de la photo amateure réunit des grands noms, comme cette année Antoine D'Agata de l'agence Magnum ou Marie Dorigny de l'agence Myop, qui côtoient comme d'habitude des étudiants en photographie et des jeunes talents débusqués au gré des expositions.

Mais, nouveauté de cette édition, qui se tient pour la première fois sous les immenses halles de la Cartoucherie: le mélange des genres.  Ainsi les œuvres brutales du Marseillais Antoine D'Agata se déclinent en autant de sérigraphies de l'artiste coloriste Pakito Bolino, dans une installation exclusive d'images souvent déstabilisantes, crues, et virulentes.

Sur les murs bruts du bâtiment industriel reconverti s'expose aussi la rencontre entre le photographe toulousain Gaël Bonnefon et le grapheur Tilt, autre mélange inédit de talents sur le principe des artistes en résidence.

Dans cette usine du pays de Jaurès, sur fond de street art, Joey Starr récitera également les grands discours de l'Assemblée nationale, de Robespierre à Simone Veil, de Victor Hugo à Aimé Césaire, marquant les "valeurs militantes" du festival. "On n'est pas Arles ni Perpignan, on est un petit festival qui avance avec des convictions et s'efforce d'aider la jeune photographie en essayant de lui donner un maximum de visibilité", insiste le directeur Pierre Garrigues.

"Travail d'éducation"

Du reportage pur sur les "déplacés" de Marie Dorigny ou sur les banlieues américaines de Beth Yarnelle Edwards, aux expositions plus conceptuelles de Guillaume Chiron et Fred Kihn: "on présente au public différents champs d'écriture photographique. Le festival se veut tourné vers le plus grand public possible", milite aussi Ulrich Lebeuf, directeur artistique du festival et photographe lui-même.

Un homme visite l'exposition aux Halles de la Cartoucherie à Toulouse, le 4 mai.
Photo: AFP/VNA/CVN

"Tout le monde photographie ses pieds en vacances sur son smartphone mais la photo n'est pas uniquement la photo jetable, il y a un gros travail d'éducation pour faire découvrir la photographie au plus grand nombre", ajoute-t-il. D'un petit budget de 100.000 euros, le festival nomade, entièrement gratuit, est l'un des rares à verser des droits d'auteurs aux photographes exposants, un autre "combat" de MAP.

"Tous les artistes sont extrêmement engagés", renchérit Ulrich Lebeuf, "ils accrochent eux-mêmes leurs œuvres et expliquent leurs démarches" aux visiteurs, une figure que le directeur artistique "impose aux artistes" pour plus de lisibilité. Ainsi, dans un coin de la Cartoucherie, le photographe Bertrand Desprès a reconstitué son atelier dans une fidèle juxtaposition de ses images sur la lutte, son travail sur l'adolescence et ses années d'abstraction.

"L'idée est de reproduire dans cet espace tout mon parcours photographique et toute mon âme, c'est un choc émotionnel", explique le photographe de l'Agence Vu. Jusqu'au 20 mai à la Cartoucherie, à Toulouse.

AFP/VNA/CVN



 

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