23/03/2020 18:14
Habitués aux grands stades et aux vastes installations ultramodernes, les footballeurs à travers l'Europe ont dû adapter leur entraînement pour tenter de se maintenir en forme, confinés à la maison en raison la pandémie de coronavirus... un bouleversement physique et mental radical.
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L'attaquant belge de l'Inter Milan, Romelu Lukaku, lors d'une rencontre de Coupe d'Italie de football contre la Fiorentina le 29 janvier au stade San Siro.
Photo : AFP/VNA/CVN
Des "cyber-entraînements" au Bayern, des élastiques et des haltères à la Roma, de la course à pied à Lyon... Comment font les footballeurs pour garder leur corps, leur outil de travail, en parfait état de marche pendant la quarantaine ?

"Le jour où on dit qu'on reprend, il sera préférable que tout le monde se soit préparé en amont pour que l'on puisse véritablement reprendre. Parce qu'on pourra difficilement octroyer trois semaines de préparation", a déclaré Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football (FFF). Pour les joueurs, comme tout le monde, cette quarantaine est du jamais vu. Le défenseur de l'OGC Nice Malang Sarr l'a résumé ainsi sur le site du club : "C'est une situation d'intersaison, sauf que ce n'est pas fini".

"Il faut être inventif" 

Tous les clubs à travers l'Europe ont donc pris des mesures pour tenter de maintenir leurs joueurs à leur meilleur niveau, avec des programmes spécifiques individualisés... et créatifs. "Le confinement réduit les possibilités d'entraînement, il faut donc être inventif pour leur proposer des activités intéressantes et ludiques", a confié le docteur Jean-Philippe Gilardi, médecin de l'OGC Nice.

Sur les réseaux sociaux, on a vu fleurir différentes méthodes d'entraînement pour le moins saugrenues : exercices en couple ou avec son animal de compagnie, challenge de dribbles avec du papier toilette, et même l'international brésilien Dani Alves imitant la course des animaux.

L'AS Roma a ordonné un travail avec des poids, des élastiques et des courses explosives, pour maintenir le tonus musculaire. Après une période de repos, les joueurs de l'Olympique lyonnais devront se plier à un programme de reprise à partir de mardi 24 mars, d'après les confidences du préparateur physique Paolo Rongoni, adjoint de Rudi Garcia.

"Il a fallu adapter (les exercices) aux espaces qu'ils ont à la maison. Un peu de course à basse intensité (12 km/h, pas plus), des abdos, du gainage, du travail sur le haut du corps, un peu de stabilisation... Juste une reprise comme après la trêve d'été. Malheureusement ils ne sont pas en vacances", a indiqué Rongoni.

Des efforts suivis de près par les staffs et médecins des clubs : "Nous avons doté tous les joueurs de l'application de santé que nous utilisons au centre d'entraînement", a déclaré le médecin du Betis Séville, José Manuel Alvarez. "Cela nous donne des rapports quotidiens sur les performances, l'état de fatigue, la qualité du sommeil, les éventuelles douleurs et leur intensité, l'état mental, le poids et la température des joueurs", ajoute-t-il.

Le Betis, comme la Roma ou l'Inter, dans les pays (Espagne et Italie) les plus touchés par la pandémie, ont même organisé des services de livraison de repas aux domiciles des joueurs. Le but : garder un œil sur leur diète, et éviter au maximum qu'ils sortent de chez eux.

"J'ai failli devenir fou !" 

Malang Sarr (ballon au pied) avec Nice contre Toulouse en Ligue 1 le 15 février à Toulouse. Photo : AFP/VNA/CVN

Mais ce confinement a de fortes répercussions sur ces athlètes habitués à la routine de l'entraînement et au sport au grand air. "J'ai failli devenir fou hier (mercredi 18 mars) ! Je ne peux pas sortir, je ne peux pas m'entraîner... Cela fait neuf jours. L'entraînement me manque, ça me manque de jouer devant des fans. On commence à apprécier tout ce que l'on a", a confié jeudi 19 mars l'attaquant international belge de l'Inter Milan, Romelu Lukaku.

En confinement, le niveau de stress et d'inquiétude est similaire au reste de la population, même s'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de ces effets chez les joueurs.

"Les médecins disent que s'il y a quinze jours d'arrêt, il faut quinze jours de préparation. Que faudra-t-il s'il y a trois semaines d'arrêt ? C'est inquiétant. Ils ont été formels, en disant : +s'il y a des blessures, il ne faudra pas vous étonner+", a confié Philippe Piat, le président du syndicat des joueurs FIFPro.

"Le +désentraînement+ entraîne une perte de la masse musculaire, une augmentation de la masse grasse et une diminution des capacités sportives", confirme le docteur Jean-Philippe Gilardi, médecin de l'OGC Nice. La quarantaine a-t-elle déjà mis les footballeurs hors de forme ? "Probablement. Le délai est court mais les répercussions sont déjà possibles", s'alarme le docteur Gilardi.

AFP/VNA/CVN
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