11/05/2020 08:56
Le bilan quotidien de l'épidémie de coronavirus est retombé dimanche 10 mai à son niveau du début du confinement en France, à la veille d'une levée progressive des restrictions qui fait craindre un possible rebond.
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Un quai de tramway avec des marques jaunes peintes sur le sol pour que les gens gardent les règles de distanciation sociale, le 8 mai à Nantes.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le confinement drastique et inédit d'une bonne partie de la population a porté ses fruits, avec un bilan quotidien des décès retombé dimanche soir 10 mai à 70 morts, son plus bas niveau depuis la mise sous cloche du pays le 17 mars. Le bilan total s'élève toutefois à au moins 26.380 décès, alors que la pression sur les services d'urgence hospitaliers se réduit toujours.

Mais les principaux responsables ont multiplié les appels à la prudence et au bon sens, alors que des millions de Français s'apprêtent à reprendre le travail afin de réamorcer l'économie nationale, quasiment à l'arrêt depuis deux mois.

À l'image du président Emmanuel Macron, qui a tweeté en début de soirée "Grâce à vous, le virus a reculé. Mais il est toujours là. SAUVEZ DES VIES RESTEZ PRUDENTS".

Ou du ministre de la Santé, Olivier Véran, avertissant sur TF1 : "Nous n'en avons pas terminé avec le virus. (...) Nous allégeons les conditions du confinement mais la vie ne peut pas reprendre comme elle était auparavant".

L'esplanade du Trocadéro et la Tour Eiffel, le 9 mai à Paris. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Car même avec des masques obligatoires dans les transports et un cadre sanitaire strict dans les écoles, qui vire au casse-tête pour les élus locaux et les enseignants, l'angoisse d'une nouvelle flambée de l'épidémie est palpable.

Pour autant, "on ne va pas envoyer un gendarme dans chaque appartement", a lancé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, alors qu'on va de nouveau pouvoir se réunir à dix personnes au plus. Sur France Inter, il a affirmé faire "le pari de l'intelligence et de la compréhension".

"Les Français ne sont pas des enfants", "nous pouvons leur faire confiance", a renchéri la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, assurant sur BFMTV que le gouvernement ne veut pas jouer que "les Pères Fouettard".

Pourtant, l'apparition de trois nouveaux foyers en Nouvelle-Aquitaine et en Vendée, zones classées en "vert", incite plus que jamais à la prudence. D'autant qu'un a été identifié dans un collège (où des personnels s'étaient réunis pour préparer la rentrée) et un dans une entreprise.

"Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a alerté dimanche le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris, insistant sur Franceinfo sur le respect des mesures barrière.

Et l'absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance : "Malheureusement, l'évolution de l'épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c'est l'avenir qui nous permettra de trancher", a-t-elle dit.

Plages fermées en Corse 

Pour marquer cette nouvelle étape à Lille - classée en zone "rouge" - la maire Martine Aubry (PS) a demandé et obtenu une dérogation pour la réouverture dès lundi du plus grand et principal parc de la ville, celui de la Citadelle.

À l'inverse, le maire d'Ajaccio, Laurent Marcangeli, a expliqué sur Twitter que les plages de sa ville resteraient fermées encore "au moins 15 jours", faisant valoir depuis le début de la crise sa "prévoyance".


Dès lundi 11 mai, le masque devient le sésame obligatoire dans les transports publics. L'État doit mettre à partir de lundi 11 mai "dix millions de masques à disposition des opérateurs de transport", destinés aux usagers, dont 4,4 millions pour la région Île-de-France, selon Christophe Castaner.

En région parisienne, l'afflux de passagers dans le métro et réseau ferré emprunté par des millions de personnes sera régulé avec une attestation obligatoire de l'employeur pour circuler aux heures de pointe.

"J'en appelle à la fois à chaque entreprise et à chaque citoyen pour qu'il prenne aussi sa part dans la réussite de ce déconfinement", a lancé la ministre de la Transition écologique et des Transports, Elisabeth Borne, en visite d'inspection à la gare de l'Est à Paris.

"On n'est pas à l'abri d'un reconfinement si les règles ne sont pas respectées", a averti sur Europe 1 la présidente de la région, Valérie Pécresse, alors que la maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage dans le Journal du Dimanche de recourir à la "circulation alternée" si le trafic automobile est "trop intense". Et sur deux autoroutes franciliennes des voies seront réservées au covoiturage.

Inquiétudes

Les craintes semblent largement partagées par ceux qui s'apprêtent à reprendre le travail lundi 11 mai : 53% disent avoir personnellement plus peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop pour le cabinet de conseil No Com dans Le Parisien.


Quatre régions (Île-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements au total, dont Mayotte, restent classées "rouge" en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux qu'elle entraîne.

Les déplacements au-delà de 100 km du domicile restent prohibés sauf motif impérieux et justifiable. L'accès à certaines gares comme à Paris pourra être filtré par les forces de l'ordre.

Sur l'autre dossier explosif, les écoles, la journée de lundi 11 mai doit permettre une pré-rentrée des professeurs pour organiser la reprise, les élèves n'étant attendus qu'à partir de mardi 12 mai voire plus tard selon les communes.

"85% des écoles sont prévues pour rouvrir lundi 11 mai (...) Un million d'enfants vont retrouver le chemin de l'école, les conditions sanitaires sont réunies", a assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer souhaite que tous les enfants aient pu retrouver "au moins une fois" leur école d'ici à fin mai, déclare-t-il dans une interview au Journal du dimanche.

AFP/VNA/CVN

 
 
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