13/09/2019 07:07
Têtes de licorne aux yeux clignotants, lanternes magiques en papier cellophane transparent... Les jouets traditionnels ont toujours leur place à la Fête de la mi-automne, malgré la concurrence féroce de leurs homologues modernes.

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Lâm Van Ky, un des plus âgés à exercer le métier de fabrication de têtes de licorne.
Photo: CTV/CVN

Dans son établis-sement de fabrication de tambours de licorne, dans le 5e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, Lâm Van Ky, 70 ans, est en train de donner les dernières touches aux yeux globuleux d’une petite licorne, avant sa mise en vente. "À chaque Fête de la mi-automne, nous fabriquons des têtes de licorne de petite taille pour les enfants. Des jeux traditionnels qui ont marqué la jeunesse de bien des Vietnamiens", explique l’artisan chevronné.

M. Ky, un des plus âgés à exercer ce métier, rue Luong Nhu Hoc, raconte : "Auparavant, toutes les familles de cette rue fabriquaient  des têtes de licorne. Des clients de tous les coins du pays venaient en acheter. Mais de nos jours, les têtes de licorne ne sont plus guère présentes que lors des cérémonies d’ouverture d’événements ou de banquets. Peu de personnes les choisissent comme cadeaux. Ce métier est instable. Pas mal d’artisans l’ont abandonné"
  
À  Phu Binh et Phu Trung, rues spécialisées dans la fabrication de lanternes dans, respectivement, le 11e arrondissement et l’arrondissement de Tân Phu, l’atmosphère animée d’autrefois n’est plus qu’un lointain souvenir. Il n’y a plus qu’une poignée de familles à exercer ce métier.

Les vicissitudes d’un métier traditionnel

Nguyên Thi Dào, domiciliée rue Lac Long Quân,  dans le 11e arrondissement, est en train de fabriquer une lanterne en forme de carpe. "Ma famille fabrique des lanternes en cellophane transparent depuis trois générations. Il y a une dizaine d’années, pour chaque Fête de la mi-automne, la rue débordait de lanternes de toutes sortes, aux couleurs vives. On travaillait toute la nuit pour satisfaire les commandes. Tout a bien changé depuis…", soupire-t-elle.

Nguyên Van Si, mari de Mme Dào, ne cache pas sa tristesse : "À cette époque-là, chaque famille fabriquait des dizaines de milliers de lanternes. Ce métier a contribué à améliorer nos conditions de vie". Les lanternes traditionnelles doivent céder leur place aux lanternes modernes importées de Chine. Et les artisans doivent chercher un autre métier pour gagner leur vie.

Se réinventer pour survivre

Âgé de 15 ans, Lê Van Thành, de la paroisse de Phu Binh, fabrique des lanternes traditionnelles depuis cinq ans. "Au début, mes produits étaient mauvais. Maintenant, je peux en créer selon la forme de n’importe quel personnage de BD comme Doraemon, Pikachu ou alors de facture plus traditionnelle comme bateau, papillon… partage Thành. Sur ma page Facebook, j’explique aussi comment fabriquer des lanternes".    

Lors de la Fête de la mi-automne, les lanternes sont vendues partout.
Photo : Truong Giang/CVN   

"Ce métier me plaît vraiment, partage quant à lui Nguyên Van Si. Il m’est difficile de l’abandonner. Cette année, j’ai réussi à persuader ma famille de revenir à cette profession. En dehors de la vente, nos lanternes sont aussi réservées  aux activités humanitaires. En outre, lors de la Fête de la mi-automne, nous enseignons leur fabrication aux enfants de centres de protection sociale ou de centres d’orphelins. Bien que vivre de ce métier est difficile, on doit le préserver".  

Malgré les difficultés, Lâm Van Ky a aussi décidé de poursuivre cet artisanat. Selon lui, ce métier devra se réinventer pour survivre : Pour le relancer, il faudra être capable de se renouveler, de faire preuve de créativité. C’est à cette condition que nos produits pourront être vendus non seulement dans le pays mais aussi à l’étranger".   

Afin de maintenir le métier, il faut conquérir de nouveaux marchés. Lê Thi Tham, domiciliée dans le 11e arrondissement, a créé des plis aux cadres des lanternes pour faciliter le transport.

"Ce métier disparaîtra si l’on ne fait pas preuve de créativité", considère Dang Uyên, de l’arrondissement de Tân Phu. Ainsi, au lieu de petites lanternes, il en a produit de belles tailles pour des magasins ou hôtels. Chaque lanterne étoilée ou en forme d’éléphant ou de carpe est vendu un million de dôngs. "Je ne fabrique plus  de petites lanternes comme les autres familles. C’est en cherchant de nouvelles orientations que l’on s’en sortira", assure M. Uyên. 

Pour sa part, Mme Ngoc Anh, domiciliée rue Lo Gôm, dans le 6e arrondissement, a créé une page web et vend ses produits sur les réseaux sociaux, où elle présente chaque étape de production des lanternes traditionnelles. "Il faut utiliser les outils technologiques pour se faire connaître. J’envisage de présenter mes produits dans des foires ou expositions, dans ou hors du pays", informe-t-elle.

S’il respire l’héritage des anciens, ce métier doit aussi s’adapter au monde moderne, aux nouveaux acheteurs, qui sont bien différents de ceux d’il y a quelques décennies. Allier savoir-faire traditionnel et capacité de se réinventer, telle devra être la stratégie des artisans dans les années à venir.
 
Huong Linh/CVN


 
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