17/09/2020 11:04
L'économie américaine devrait s'en sortir un peu mieux que prévu en 2020, mais le retour à la situation florissante du début de l'année est encore loin et la crise touche les Américains de manière très inégale, a averti mercredi 16 septembre la Banque centrale américaine.
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Le président de la Fed, Jérome Powell, le 3 mars à Washington.
Photo : AFP/VNA/CVN

La récession sera moins forte que prévu et l'emploi devrait se redresser plus vite. Pour autant, le rythme de la reprise aux États-Unis est "hautement incertain", a reconnu le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell.

De plus, l'activité économique demeure d'une manière générale bien en-deçà de ses niveaux d'avant la pandémie de COVID-19, a-t-il ajouté. "Je dirais qu'il faudra du temps pour (retrouver) l'expansion" économique, a-t-il commenté.

La chute du produit intérieur brut des États-Unis devrait être moins brutale que prévu en 2020, avec une baisse de 3,7%, au lieu des 6,5% prévus en juin, lors des dernières prévisions de la Fed.

En revanche, le rebond qui suivra sera lui aussi moins fort : 4% en 2021 et non 5%, et 3% en 2022 au lieu de 3,5%, puis 2,5% en 2023.

"La reprise de l'économie va dépendre étroitement de l'évolution du virus", a déclaré dans un communiqué la Fed, qui a conclu sa dernière réunion monétaire avant l'élection présidentielle du 3 novembre, théâtre d'un duel entre le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden.

"L'actuelle crise sanitaire continuera à peser sur l'activité économique, l'emploi et l'inflation à court terme, et pose des risques considérables sur les perspectives économiques à moyen terme", a ajouté la Banque centrale américaine.

Un "long chemin" vers le plein emploi

Le taux de chômage devrait aussi être moins élevé que prévu, à 7,6% en 2020, contre 9,3% estimés en juin. Les chiffres du mois d'août ont été meilleurs que prévu avec un taux de chômage à 8,4%, réduit depuis le pic historique de 14,7% en avril.

Mis il reste "un long chemin" avant de retrouver le plein emploi, a estimé Jerome Powell. Le mois de février semble loin, avec son taux de chômage au plus bas depuis 50 ans, à 3,5%, qui n'est toutefois "pas un chiffre magique", a-t-il encore dit. Car, "personne ne peut dire si ce chiffre est la référence" du plein emploi, a-t-il ajouté.

L'emploi maximum est l'objectif sur lequel la Réserve fédérale a décidé de concentrer ses forces. Permettre à tous les Américains d'avoir un emploi est en effet la meilleure manière pour la Fed de relancer durablement la machine et de réduire les inégalités, très fortes dans le pays et exacerbées par la crise.

"Nous voyons l'emploi maximum comme un objectif large et inclusif", a explicité Jerome Powell.

Pour y aboutir, elle a récemment procédé à un changement majeur dans sa politique monétaire, autorisant temporairement une inflation supérieure à l'objectif de 2% annuel, sans augmenter les taux d'intérêts, comme elle l'aurait fait jusqu'à présent. Ainsi, la Fed a révisé à la hausse son objectif d'inflation, et table désormais sur 1,2% en 2020, contre 0,8% prévu, et pense atteindre l'objectif des 2% en 2023.

Côté taux d'intérêts, en revanche, pas de surprise : ils demeurent inchangés, restant au plus bas, dans la fourchette de 0 à 0,25% où elle les avait abaissés en urgence en mars, face à la propagation du COVID-19 aux États-Unis et à la mise en place des mesures de confinement. Et ils devraient le rester au moins jusqu'en 2023.

AFP/VNA/CVN
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