18/08/2018 08:12
Pour un étranger, voyager au Vietnam, c’est une belle aventure de découvertes et de rencontres d’une culture aux mille facettes, mais qui nécessite de prendre quelques précautions pour éviter les déconvenues.
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En été, des vêtements de protection solaire sont indispensables pour sortir de la maison.             
Photo: Quang Quyêt/VNA/CVN

L’été au Vietnam, les plages et la grande bleue, les ballades sur les sentiers bordées de hautes haies de bambous, les terrasses de café où il fait bon déguster des boissons fraîches à l’ombre des frondaisons, les randonnées en montagne au milieu des rizières à la robe verte… Oui, sauf que parfois ces images prennent la couleur de celles d’Epinal et ne traduisent pas la réalité. Ou pour le dire autrement, sous le sable, les pavés…

Le meilleur ami de l’homme est aussi son pire ennemi. Sans le soleil, il n’y aurait aucune vie sur terre. Bon d’accord, il n’y a pas que lui qui nous permet de nous agiter sur cette petite boule perdue dans l’immensité de l’univers, mais enfin, si demain il décide de prendre des congés sans solde pour une durée indéterminée ou d’aller se faire bronzer ailleurs, il n’est pas sûr que nous puissions nous agiter encore longtemps. Donc, merci le soleil!

Mais c’est aussi lui qui se permet de pomper notre eau, intérieure comme extérieure, jusqu’à plus soif; c’est lui aussi qui n’hésite pas à nous griller, au sens propre, l’épiderme et même le derme. Et, il faut bien avouer que cuit et déshydraté, on a moins de facilité à s’agiter sur notre petite boule perdue, au risque même de perdre la notre!

Alors, pour profiter de la générosité du soleil, sans en subir ses caprices, il y a quelques règles de survie à adopter, bien comprises par les Vietnamiens, habitués qu’ils sont à vivre avec le soleil.

Manque de peau

Sortir couvert. Oui, je sais que cela peut paraître antinomique avec la notion d’été, saison où habituellement on envoie ses vêtements à tous les vents, dans la ferme intention de posséder une peau ambrée à faire rougir de honte celle de nos concitoyens restés à l’ombre. Intention louable si l’on considère que le soleil est en grande partie responsable de la synthèse de la vitamine D.

La vitamine en question, ce n’est pas n’importe quoi! Elle est quand même indispensable pour la construction osseuse, possède des propriétés anticancéreuses et régule les réactions du système immunitaire, le système de défense de l’organisme. Ce n’est pas rien. Sauf que le soleil n’est pas un fainéant et fait son boulot rapidement. Inutile d’y être exposé des heures pour en avoir son quota journalier.

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Encapuchonnées de la tête au pied,
les Vietnamiennes peuvent se déplacer
en motocyclette, même sous un soleil de plomb.

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Ensuite, le trop devient l’ennemi du bien, c’est-à-dire que lorsque la peau commence à devenir d’une belle couleur ambrée, c’est que le soleil s’amuse à faire ce qu’il sait aussi bien faire nous brûler à coup d’ultraviolets, donc vieillissement accéléré de la peau, lésions cutanées, voire brûlures et, à terme, des dommages irrémédiables sur notre santé.

Finalement, la formule "sortir couvert" vaut tout autant avec le soleil que pour l’autre situation dans laquelle elle est utilisée: éviter les grands dommages consécutifs à un grand plaisir (qui parfois est bien petit).

C’est pour cela que les Vietnamiennes, notamment, se protègent en revêtant une ample chemise à capuche, dont les manches se terminent par une couvre-main. Ces dernières années, avec le développement du port de la robe ou de la jupe courte, voire du minishort, elles se sont dotées d’une sorte de long tablier qui se fixe à la taille et couvre les jambes jusqu’aux chevilles. Ainsi, encapuchonnées de la tête aux pieds, elles peuvent se déplacer en motocyclette, même sous un soleil de plomb.

Et les hommes, me direz-vous? Certes, ils sont moins précautionneux que leurs compagnes. Cependant, en dehors de quelques narcissiques désireux de faire admirer un torse ruisselant de sueur, ils sont tous habillés parfois même de chemises à manches longues quand ils font de longs trajets en motos.

Le “trà đá”, une sorte de boisson populaire des Vietnamiens.
Photo: ST/CVN

Histoire d’eau

Se remplir sans modération. L’eau est bien la seule boisson au monde nécessaire à la vie! Et ce n’est pas pour rien: notre organisme est constitué de 55% à 60% d’eau. Soit une quarantaine de litres pour un corps de 70 kg. On en perd 10%, c’est-à-dire quatre litres à peu près, et on est en danger de mort.

Et j’aime autant vous dire que quand le soleil des tropiques pompe, il pompe! J’en veux pour preuve la quantité d’eau qui nous dégringole dessus après quelques journées de canicule… Donc, perdre de deux à trois litres en une journée, c’est vite fait, et déjà, à ce stade, on se trouve dans la zone rouge: vertiges, confusions mentales, crampes, et autres joyeusetés qui vous transforment votre voyage en émission de télévision pour amateurs d’émotions fortes (sauf que vous avez payé votre voyage et que vous n’êtes pas payé pour ça).

Pour éviter une telle issue fâcheuse, il faut boire, boire et boire encore. Formidable cette injonction, quand sur beaucoup de publicités pour breuvages les plus divers, on peut lire: "À boire avec modération". Car c’est bien d’eau dont nous parlons, ce liquide dont la formule chimique est H2O. Pas de boissons sucrées ou alcoolisées, qui sont comme les séductrices d’un soir: elles vous attirent, vous donnent un plaisir que vous croyez partager, en vous faisant croire que c’est pour la vie, et vous quittent au petit matin pour trouver une nouvelle proie. Cette phrase peut aussi se décliner au masculin.

Oui, mais boire de trois à quatre litres d’eau par jour, ça finit par devenir monotone! C’est vrai, et quand quelque chose devient monotone, ça n’incite pas à persister dans l’effort.

Dans leur immense sagesse, les Vietnamiens ont inventé le trà đá, cette boisson constituée d’une eau infusée d’un thé vert, servie froide sur des glaçons. C’est désaltérant, ça a un petit goût entre amertume et douceur qui titille les papilles, et ça se boit en prenant le temps!

Pour ceux qui cherchent à explorer de nouvelles voies, il y aussi toutes ces boissons à base de fruits frais pressés que vous pourrez trouver partout ici: pastèque, papaye, mangue, citron… pour les moins sucrés. Toute une palette qui permet de renouveler son stock aqueux avec… plaisir!

Je vous laisse, ma fille a envie d’un jus de fruit, au bord du lac Hoàn Kiêm (Épée restituée). Elle m’attend déjà sur la moto, couverte de la tête au pied.

Gérard BONNAFONT/CVN


 
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