18/06/2018 23:47
Tô Nhu Luong, pianiste française d’origine vietnamienne, est allée en France pour y poursuivre de brillantes études musicales, couronnées par un prix au Conservatoire national de Région de Boulogne-Billancourt 2008, et par plusieurs Premier prix glanés dans des différents concours. Elle accorde un entretien à la Radio du Vietnam (VOV).
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Tô Nhu Luong, pianiste française d’origine vietnamienne.
Photo: Duc Quy/VOV/CVN

Moi, j’ai commencé à jouer de la musique assez tard, à 8 ans seulement. En fait, c’était assez laborieux quand j’ai commencé. Mes débuts n’étaient pas complètement roses. C’est à partir de 14 ans que j’ai eu vraiment envie d’aller plus loin, que j’ai commencé à vouloir partir à l’étranger pour apprendre la musique. C’est vraiment quand je suis allée en France que j’ai rencontré des musiciens, que j’ai été mise dans un environnement musical et une culture musicale vraiment extraordinaires.

À partir de là, je n’ai jamais cessé de vivre ma passion: la musique.  C’est là où je n’ai jamais arrêté tous mes liens avec ma passion: la musique. En fait, tous mes sens musicaux ont été éveillés en France.

Comme vous l’avez dit, vous avez commencé la musique assez tard par rapport à la plupart des autres musiciens. Qu’est-ce que vous avez fait pour surmonter les difficultés?

Oui, normalement, on commence à 4-5 ans, au plus tard 6 ans. Moi, c’est vraiment à partir de 8 ans que j’ai vraiment commencé à jouer du piano. En fait, la question de commencer tôt ou tard n’a pas été pour moi fatale. Ça n’a jamais été un obstacle. Je pense que l’apprentissage de n’importe quel instrument ou de n’importe quelle discipline demande juste de la discipline, de la rigueur, de la persévérance, un travail constant et une envie d’aller au-delà de ses capacités. J’ai toujours cette envie en moi et pour moi, tous les obstacles sont surmontables.

Vous avez connu le succès avec plusieurs prix internationaux au cours de votre formation en France et maintenant vous retournez au Vietnam…

Ça ne fait qu’un an que je suis revenue au Vietnam. Je me suis rendue compte qu’il y a vraiment un besoin de faire connaître la musique française parce qu’elle n’est pas très populaire au Vietnam et qu’elle n’est pas beaucoup jouée. J’ai aussi une envie de partager la culture musicale française et faire venir mes amis musiciens de l’étranger pour faire connaître la musique française.

L'artiste se produit sur scène. Photo: Duc Quy/VOV/CVN

Pourriez-vous donner quelques conseils à ceux qui ont envie d’aller à l’étranger, notamment dans l’Hexagone pour y suivre une formation musicale?

Pour ce qui est des musiciens d’ici, je les trouve vraiment très intéressants. S’agissant des conseils que je pourrais donner, en général, je pense que les élèves, ici, sont un peu terrifiés par la technique. Oui, c’est très dur mais ce n’est pas quelque chose d’insurmontable. La musique a été écrite pour être jouée par des êtres humains, après tout, alors il n’y a aucune raison… Sinon, je ne peux que leur conseilleur d’écouter plus de musique, de découvrir des cultures différentes…

Mais ça, au Vietnam, ce n’est pas vraiment dans les habitudes.  C’est vraiment dommage parce qu’on a de merveilleux musiciens et de très bons professeurs. En tout cas, ce n’est pas la technique qui va nous empêcher de ressentir la musique, de faire de la musique et d’avoir envie de faire de la belle musique...

Quels sont vos projets pour l’avenir?

Mon grand projet maintenant, c’est justement de marier la musique française et la musique vietnamienne, ainsi que l’éducation musicale française et vietnamienne. J’aimerai bien construire un environnement très sain et très riche pour les étudiants vietnamiens. J’aimerai aussi organiser un Festival de musique classique française et pouvoir le refaire pour que les étudiants vietnamiens puissent avoir des opportunités de s’ouvrir aux autres et d’apprendre.

VOV/VNA/CVN
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