23/07/2018 20:59
La crevetticulture bio dans le delta du Mékong a connu récemment une forte croissance, d’une part, pour la demande grandissante des entreprises exportatrices, la prédilection des marchés exigeants et d’autre part, pour ses coûts d’investissement réduits et ses rentabilités garanties.
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Les crevettes géantes tigrées et les crevettes à pattes blanches font partie des crustacés de valeur du Vietnam sur le marché. Photo: Truong Giang/CVN

Aux dires d’experts, le développement de la crevetticulture bio dans le delta du Mékong bénéficie aux éleveurs et également aux entreprises, contribuant à la protection de l’environnement en dépit de sa productivité inférieure à celle de la méthode d’élevage extensif dans les bassins ou les étangs fermés. Néanmoins, les crevettes bios subissent moins d’épidémies et sont toujours achetées à prix plus élevés.

Selon Dinh Xuân Lâp, directeur adjoint du Centre de coopération internationale pour l’élevage et l’exploitation aquatique durable (ICAFIS), la crevetticulture bio a créé plus de 700.000 emplois aux habitants des provinces du delta du Mékong, représentant 45% du volume des exportations totales du pays en 2017.

À ce jour, nombre d’éleveurs ont tendance à élever des crevettes bio en profitant des surfaces d’eau dans les forêts de mangroves, ou sur les rizières. Avec ce modèle d’élevage, on ne paie pas beaucoup pour l’alimentation, moins pour les médicaments prévenant d’épidémies et moins pour les procédés de traitement des eaux usées d’après-récolte par rapport à l’élevage industriel et concentré.

Selon cet expert, les éleveurs des provinces de Cà Mau et de Bac Liêu ont amélioré leur niveau de vie grâce à ce modèle d’élevage, en particulier, à la réduction de 50% des coûts d’investissement et à des prix de vente plus rentables. De plus, lesdits éleveurs ne perdent pas non plus de temps en matière de soins en raison du nombre éventuel d’épidémies, inférieur, comparé à celles en élevage extensif fermé. 

C’est le cas de Vo Hông Ngoan, domicilié dans la commune de Vinh Trach Dông, ville de Bac Liêu, de la province éponyme. Cet éleveur a abandonné le modèle d’élevage intensif et a commencé il y a cinq ans à se consacrer à ses 10 ha de surfaces d’élevage éco. Selon lui, au début, le rendement n’était pas aussi élevé mais la crevetticulture bio a permis de réduire la prise en charge des soins dits hygiéniques. De plus, les acheteurs acceptent volontiers de payer plus.

L'élevage respectueux de l’environnement

Selon les experts, l’élevage industriel et intensif dans les étangs fermés laisse souvent des résidus dans l’eau du au nombre d’éleveurs utilisant de grande quantité d’aliments pour booster la croissance des crevettes. Cette pratique entraîne un volume d’aliment exessif non consommable pour les crevettes, et ces restes contaminent facilement l’écosystème des régions d’élevage, contrairement à la crevetticulture bio n’utilisant que les ressources alimentaires disponibles dans la nature.

Par ailleurs, face aux exigences requises par les marchés importateurs, et celles de nombreuses institutions internationales en matière de produits sûrs et propices à l’environnement, les entreprises domestiques constatent que ce modèle d’élevage bio favorise leurs exportations vers les pays étrangers.

Dans le delta du Mékong, l'élevage des crevettes est l'un des secteurs clés de l'économie régionale. Photo: Huynh Su/VNA/CVN

Selon Lê Van Quang, le Pdg du groupe Minh Phu (province de Cà Mau), à l’heure actuelle, les matières premières de crevettes bios du Vietnam seront concurrentielles et compétitives sur les marchés exportateurs au niveau de la sécurité alimentaire et du rendement tout en restreignant la pollution de l’environnement des alentours. D’ajouter que son groupe est prêt à acheter des crevettes bios certifiées à un prix supérieur de 10% pour combler ses commandes d’exportation.

Au niveau provincial, Duong Thành Trung, président du Comité populaire de la province de Bac Liêu, a fait savoir que le modèle de crevetticulture bio de sa province a observé de nombreux aspects positifs liés à la réduction de la pollution et à la résilience aux changements climatiques ainsi qu’à la stabilisation du volume.

Selon le dernier rapport de ladite province, jusqu’en mai 2018, la province compte plus de 120.000 ha de surfaces de crevetticulture bio et celles de modèle de crevetticulture alternative. Dans les temps à venir, cette province prévoit de renforcer l’application de technologies dernier cri dans la crevetticulture bio tout en s’orientant vers une croissance durable et sûre de cette filière, améliorant ainsi les prix de vente des crevettes destinées aux exportations.

En 2017, le Vietnam a enregistré une valeur totale de 3,85 milliards de dollars à l’exportation de crevettes, soit une hausse de 22,3% en variation annuelle. Cette filière ambitionne de remporter un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards de dollars en 2018, selon les estimations de l’Association des producteurs et des exportateurs de produits aquatiques.

Truong Giang/CVN

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