28/10/2020 12:09
Le village de Chuông, situé à plus de 30 km du centre-ville de Hanoï, est réputé depuis longtemps pour la fabrication de chapeaux coniques en feuilles de latanier.
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Un chapeau conique de Chuông nécessite environ cinq heures de travail, avec une concentration totale.
Photo : Quê Anh/CVN

Comme d’autres villages de métier traditionnel, celui de Chuông (commune de Phuong Trung, district suburbain de Thanh Oai, à Hanoï) a connu ces dernières années une passe difficile car la demande intérieure en nón lá (le fameux chapeau conique vietnamien) a fortement baissé. Les villageois cherchent donc à étoffer leur offre et misent particulièrement sur la vente aux touristes et à l’exportation.

Les nón lá actuels sont de formes et tailles très diverses. Outre les produits à usage quotidien, on y trouve aussi ceux à vocation purement décorative.  Quelle que soit sa forme, la confection de ce chapeau iconique nécessite des savoirs et des techniques artisanales précis que les femmes du village de Chuông maîtrisent parfaitement.

La fabrication d’un chapeau conique est entièrement réalisée à la main. Pour qu’il soit à la fois esthétique, léger et solide, la qualité des matières premières est primordiale. Ainsi, pour avoir un beau chapeau, les artisanes se fournissent en feuilles de latanier, un palmier que l’on trouve dans les provinces de Quang Binh, Hà Tinh et Nghê An (Centre).

Les feuilles doivent être assez jeunes et frottées dans le sable pour les ramollir et les sécher au soleil. On utilise aussi du bambou pour réaliser l’ossature du chapeau : seize sont nécessaires. Cette matière première vient quant à elle des provinces de Hoà Binh (Nord) et de Thanh Hoa (Centre).

Du fil, qui vient du Sud et plus précisément de Hô Chi Minh-Ville, permet de coudre les feuilles de latanier sur les cerceaux. Il s’agit là de l'étape la plus difficile dans la confection du chapeau conique. Un ouvrier qualifié en couture doit en outre s'assurer que les feuilles ne sont pas cassées et doit à la fin contrôler son œuvre pour s’assurer de son imperméabilité. Il étale alors sur la surface extérieure du chapeau une fine couche d'huile de pin pour éviter à son futur porteur d’avoir la tête trempée.

Les  villageois de Chuông ouvrent leur marché spécialisé dans le nón les 4e, 10e, 14e, 20e, 24e et 30e jours de chaque mois lunaire. Se déroulant dans un espace historique, celui de la cour de la pagode Chuông, un grand nombre de personnes - des artisans aux commerçants en passant par les simples curieux - y affluent les jours d’ouverture, entre 05h00 et 08h00 du matin. Les vendeuses y proposent des chapeaux coniques de toutes sortes, en gros ou au détail, mais également les matières premières permettant de les réaliser.

Les "nón" actuels, de diverses formes et tailles, servent non seulement aux usages quotidiens mais aussi d’objets décoratifs et de souvenirs pour les touristes.
Photo : Quê Anh/CVN

Le marché de Chuông est l'un des rares marchés qui conserve encore l'atmosphère de la campagne, animée mais pas agitée. Les visiteurs apportent souvent des lampes de poche pour vérifier et choisir les meilleurs matériaux pour la confection du chapeau. Les commerçants sont assis derrière de haute pile de chapeaux, à tel point que l'acheteur ne peut pas toujours voir le visage du vendeur.

Ainsi, le marché de Chuông avec six jours d’ouverture par mois est devenu une routine familière et indispensable pour les habitants du village de Chuông depuis des générations.

Dan Thanh/CVN

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