11/11/2019 10:51
Le président Evo Morales a annoncé dimanche 10 novembre qu'il convoquerait de nouvelles élections en Bolivie, où la contestation du scrutin du 20 octobre n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis trois semaines.
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Photo de la présidence bolivienne représentant le président Evo Morales lors d'une conférrence de presse, le 9 novembre à El Alto. Photo : AFP/VNA/CVN

Face à la tension extrême que traverse désormais le pays, Evo Morales, 60 ans, a préféré accepter ce qu'il refusait d'envisager jusqu'ici.

"J'ai décidé de renouveler l'ensemble des membres du Tribunal électoral suprême (TSE)", a-t-il déclaré lors d'une intervention télévisée, en annonçant qu'il "convoquerait de nouvelles élections qui permettront, en votant, au peuple bolivien d'élire démocratiquement de nouvelles autorités".

"Cette décision prise, j'appelle à faire baisser la tension. Tous et toutes doivent pacifier la Bolivie", a-t-il lancé.

Evo Morales n'a pas spécifié s'il se représenterait à ces nouvelles élections et n'a pas plus indiqué les dates auxquelles elles auraient lieu.

Peu auparavant, l'Organisation des États américains (OEA) avait demandé l'annulation de la présidentielle du 20 octobre et demandé la convocation d'un nouveau scrutin, dès que les garanties seraient fournies pour son bon déroulement, "au premier rang desquelles la composition d'un nouvel organe électoral", par allusion au TSE.

Le scrutin du 20 octobre a abouti à la réélection à la présidence, pour un quatrième mandat jusqu'en 2025, d'Evo Morales, un leader indigène de gauche, au pouvoir depuis 2006. 

Son score annoncé par le TSE, dépassant de plus de dix points celui du centriste Carlos Mesa, avait aussitôt été qualifié de frauduleux par l'opposition.

Aggravation 

Evo Morales a annoncé dimanche 10 novembre que le Parlement, où il dispose de la majorité, se réunirait "dans les prochaines heures" pour que les partis boliviens puissent définir les moyens de renouveller le TSE et faire de lui une instance à l'abri des critiques, tant intérieures qu'extérieures.

Les signes d'aggravation de la situation se multipliaient ces dernières heures, avec des mutineries d'unités policières et l'occupation de médias d'État par des manifestants.

Evo Morales avait encore lancé samedi 9 novembre un appel au dialogue, rejeté aussitôt par l'opposition face à "l'aventure putschiste de l'impérialisme et de l'oligarchie".

Le pape François a appelé pour sa part les Boliviens à attendre "dans la paix et la sérénité" le processus de révision électoral "en cours".

La vague de contestation qui secoue le pays depuis trois semaines a fait trois morts et 200 blessés.

AFP/VNA/CVN

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